Mettre et utiliser les éperons

A partir d'un certain niveau, le cavalier doit être capable d'utiliser des éperons. Apprendre à les mettre correctement, puis savoir s'en servir à bon escient est à la fois facile et délicat.

Comment mettre ses éperons ?

Pour commencer, il vaut mieux choisir des éperons courts et bien arrondis qui éviteront les contacts involontaires avec les flancs du cheval. N'oubliez pas aussi d'essayer les éperons sur vos bottes : la longueur des branches et leur écartement ne sont pas les mêmes selon que l'on chausse du 36 ou du 43 ?
Au travail
  1. Posez les deux éperons côte à côte : la branche intérieure est légèrement plus longue que la branche extérieure (dans la plupart des modèles). La pointe de l'éperon n'est pas droite mais légèrement inclinée vers le bas.
  2. Glissez la courroie dans l'éperon par l'intérieur en commençant par le passant supérieur de la branche extérieure. Amenez la boucle à 3 cm environ de la branche.
  3. Passez ensuite la courroie dans le passant inférieur, puis dans le passant inférieur de la branche intérieure. Terminez par le passant supérieur. La boucle de la courroie se trouve sur le dessus et du côté extérieur.
  4. Glissez l'éperon sur le talon de la botte, un peu en dessous de sa place afin que la courroie passe facilement sous la semelle. La lanière se place juste devant le talon.
  5. Remontez l'éperon à sa place et faites glisser si nécessaire la courroie dans les branches afin que l'éperon repose sur le taquet et soit horizontal. Bouclez la courroie.
Bon à savoir
L'éperon se règle en fonction de la position de la jambe. Il ne doit venir au contact du flanc du cheval que sur une action volontaire du cavalier. Plus le talon du cavalier descend bas(parfais bien en dessous des flancs du cheval), plus les éperons doivent être long, afin de ne pas obliger le cavalier à remonter le talon quand il veut s'en servir. Cela dépend à la fois de la longueur des jambes du cavalier et de la longueur de ses étriers. En dressage, où la jambe est très descendue, il faut des éperons plus longs qu'en concours hippique ou en complet, où l'on chausse court.
Gros plan
Selon la longueur de ses jambes,ou de ses étriers, le cavalier peut choisir de placer ses éperons plus ou moins haut Dans la position classique, les branches sont horizontales et l'éperon repose sur le taquet. On peut aussi le placer en position moyenne ,légèrement en dessous du taquet, ou en position basse , entre le taquet et le talon de la botte. Il suffit de faire glisser un peu les branches le long des courroies et d'incliner légèrement l'éperon.
Attention, danger
Les éperons, utilisés avec brutalité peuvent blesser le cheval. Ils ne devraient pas comporter de pointes ni d'arêtes tranchantes. Un cavalier qui utilise brutalement les éperons mérite qu'on lui retire sa licence. Il existe un règlement sur le mauvais traitement aux chevaux,en vigueur sur les terrains de compétition. Il ne semble, hélas,guère appliqué !

Une aide précieuse et délicate

Beaucoup de jeunes cavaliers s'interrogent sur l'utilité des éperons, qui leur semblent parfois sévères. Bien employés, les éperons permettent au cavalier averti d'agir avec précision et sans aucune brutalité.
Comment agissent les éperons ?
Les éperons ne sont pas destinés à faire mal au cheval. S'ils sont correctement réglés, et si leur longueur est adaptée à la position des jambes du cavalier, ils agissent par simple pression sur la peau et la couche de chair située immédiatement en dessous. Si vous voulez vous faire une idée de ce que ressent le cheval, appuyez la pointe de l'éperon sur votre cuisse selon différents angles, avec plus ou moins de force.
Renforcer et préciser
L'éperon renforce l'action de la jambe quand cela est nécessaire. Mais il permet surtout une action plus précise que celle du mollet ou du talon car il agit en un seul point et non sur toute une zone. Il est particulièrement utile dans le travail de cession à la jambe, où sa précision permet de doser l'action (donc le déplacement latéral du cheval) avec beaucoup de finesse.
Rasoir entre les mains d'un singe
Bien entendu, mal employés, les éperons sont des armes dangereuses. Il ne faut pas chausser d'éperons avant d'être capable de contrôler la fixité de ses jambes et de doser leur action. Les éperons ne doivent jamais servir à la punition. Les actions brutales ne font qu'inciter le cheval à entrer en défense et, peu à peu, l'endurcissent.
Les différents gestes de l'éperon :
  • Toucher : contact bref et léger avec le flanc du cheval ;
  • Pincer : appui plus marqué et plus insistant, qui s'exerce de l'arrière vers l'avant, avec léger pincement de la peau. Le pincer est un rappel à l'ordre qui intervient lorsque le cheval oublie de répondre à l'action des jambes ou au toucher ;
  • Piquer : le pointe du pied du cavalier se tournant vers l'extérieur, l'éperon se place perpendiculairement au flanc du cheval et vient le piquer. Cette action, bien que répertoriée dans les manuels, ne devrait pratiquement jamais être utilisée.

Départ au galop : avant de commencer

Quand on débute à cheval, des connaissances théoriques complexes n'aident pas forcément. Cependant, pour maîtriser le galop, il faut avoir compris d'où viennent les difficultés de cette allure.

Problème d’équilibre

Le galop est une allure complètement différente du trot : c'est pourquoi il n'est pas toujours facile de demander au cheval de passer de l'une à l'autre.
Le trot : Une allure stable
Le trot est une allure à deux temps : le cheval passe d'un diagonal (l'antérieur se déplace en même temps que le postérieur opposé) à l'autre. L'encolure reste immobile, le jeu de balancier étant inutile. Il s'agit donc d'un mode de déplacement peu compliqué et assez stable. Aucune modification notoire n’est nécessaire pour tourner au trot, qu'il s'agisse d'aller à droite ou à gauche. En ligne droite, le cheval n'a aucun effort important à fournir pour rester en équilibre. Le galop étant beaucoup moins facile, on comprend pourquoi un cheval d'instruction, qui cherche généralement à s'économiser, rechigne à quitter le confort du trot pour le relatif déséquilibre du galop.
Le galop : un déséquilibre permanent
Le galop est une allure sautée à quatre temps, dont un temps de suspension : cela veut dire qu'il y a quatre positions différentes des membres pendant le galop et que, lors de l'un des temps, aucun des membres ne touche le sol. Chaque temps du galop appelle le suivant, dans une succession délicate de déséquilibres qui forment, ensemble, un équilibre. Le mouvement de balancier de l'encolure, très marqué, exprime bien cette recherche d'équilibre. Pour maintenir le galop, le cheval doit fournir un effort permanent. Cela explique pourquoi il rechigne parfois et qu'il ait, dans cette allure, tendance à accélérer comme s'il courait, littéralement, après son équilibre.
Deux galop : à droite ou à gauche
De surcroît, le cheval ne pose pas ses membres de la même façon quand il galope sur le pied droit (pour aller vers la droite) ou quand il galope sur le pied gauche (pour aller vers la gauche). Il arrive d'ailleurs qu'il se perde un peu dans ses posers : on dit alors qu'il se désunit. Dans ce cas, son équilibre est délicat et il repasse, en général, au trot.
Tourner au galop : le bon côté
Bien sûr, l'existence d'un galop à droite et d'un galop à gauche complique le problème de la direction. Il n'est pas facile de tourner à droite avec un cheval qui galope à gauche, et inversement. Par ailleurs, un cheval très raide à droite, par exemple, évite de prendre le galop sur ce pied, même s'il est sur la piste à main droite. En arrivant dans le coin, il se trouve déséquilibré. Comme un changement de pied demande un effort important et un bon équilibre, il préfère repasser au trot : le malheureux cavalier qui fait ses premières armes au galop ne comprend pas, alors, pourquoi il est si difficile de maintenir cette allure.

Deux façons de partir au galop

Deux méthodes pour deux niveaux, mais seule la seconde permet d'obtenir un galop calme et régulier.
Tomber dans le galop
Lorsqu'un cavalier demande pour la première fois à son cheval de prendre le galop, on lui conseille en général de pousser sa monture au trot jusqu'à ce qu'elle parte au galop. Le plus souvent, on profite d'un tournant pour créer un déséquilibre : le cheval, en quelque sorte, «tombe» dans le galop. On parle de départ au galop par accélération d'allure. La méthode est simple pour le cavalier, qui n'a rien d'autre à faire que de donner des jambes. Mais, par ce moyen, le cheval prend le galop en perte d'équilibre. Il a donc tendance soit à accélérer, à «courir» après son équilibre, soit, au contraire, à repasser au trot. C'est pourquoi, dès que le cavalier a acquis une bonne maîtrise des aides, on lui enseigne comment «demander» au cheval de prendre le galop plutôt que de l'y pousser.
Prendre le galop
Pour que le cheval se place dans une attitude favorable à un galop équilibré qu'il pourra maintenir sans accélérer, on utilise le départ au galop sur la jambe intérieure : le cavalier place sa jambe intérieure (droite si l'on est à main droite) à la sangle et amène le bout du nez du cheval vers l'intérieur, tout en maintenant les épaules sur la piste, grâce à une rêne contraire intérieure. La jambe extérieure recule légèrement. On le voit, cette méthode demande des connaissances un peu plus poussées. Mais elle oblige le cheval à prendre le galop dans un bon équilibre. Il lui est donc plus facile ensuite de conserver cette allure dans le calme.

Tondre : le b.a.-ba

La plupart des chevaux de sport et de loisir sont tondus en hiver : leur épaisse fourrure hivernale est bien adaptée à la vie au grand air, beaucoup moins au travail et aux soins quotidiens.

Une opération nécessaire

On tond un cheval l'hiver, quand il fait froid, et non l'été, quand il fait chaud. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, cette opération répond à une nécessité.
Le poil selon les saisons
L'été, le cheval a un poil fin et lisse, qui ne lui tient pas chaud. En revanche, dès les premiers jours de l'automne, son poil s'épaissit jusqu'à devenir, selon sa race, une fourrure plus ou moins dense . Dans le cas des races rustiques, comme le shetland, on a affaire à un véritable nounours.
Et, quand revient le printemps, le cheval « mue » : il perd son pelage hivernal, qui est remplacé par un soyeux manteau estival.
Chaud-froid
Dans la nature, la transformation saisonnière du pelage est une forme d'adaptation aux conditions extérieures. Mais, dans le cas du cheval au travail, le poil chaud de l'hiver présente de sérieux inconvénients. En effet dès que le cheval fournit un effort, il se met à transpirer abondamment. Une fois le travail terminé, le poil mouillé dans toute son épaisseur ne sèche pas et le cheval risque de prendre froid.
Pour éviter cela, on tond les chevaux qui travaillent dès que leur poil d'hiver a poussé. Naturellement, le cheval tondu est privé de ses moyens naturels de défense contre le froid et doit porter une couverture en permanence, sauf pendant le travail.
Le bon geste
On ne tond pas un cheval sale : la poussière enraierait aussitôt la tondeuse. Avant de tondre, procédez à un pansage soigneux.
Bon à savoir
Un cheval tondu ne doit pas rester au pré la nuit ni, s'il fait froid, dans la journée. S'il est mis au pré, il doit porter une couverture enveloppante, chaude et imperméable.
Le coin du pro
Un cheval ne devrait pas être attaché lors de la tonte. Effrayé par la tondeuse ou pincé lors d'un geste maladroit, il risque de tirer au renard et vous aurez du mal à réagir rapidement avec une tondeuse dans la main (et un fil électrique à terre).

Avant de commencer :

Pour votre première leçon de tonte, exercez-vous sur un cheval déjà rodé et ne tondez ni la tête ni les membres .
Il vous faut :
  • une tondeuse (avec une rallonge si elle est branchée sur le secteur) et deux jeux de peignes propres en bon état
  • un lubrifiant
  • un tournevis pour démonter et nettoyer les peignes
  • un pinceau dur pour le nettoyage
  • un peu de gas-oil dans un petit seau
  • un endroit abrité, bien éclairé et parfaitement rangé.
Une bonne préparation
Pour éviter tout stress inutile durant la tonte, préparez-vous correctement en aménageant un endroit propre et en rassemblant tout le matériel dont vous aurez besoin. Vous devez forcément trouver une personne pour vous assister.
Choisissez le type de tonte qui vous convient et tracez-en les limites à la craie sur le poil du cheval. En général, on suit les muscles des épaules au-dessus du coude, en biais, et les muscles des cuisses au niveau de la rotule. Dans le cas d’une tonte en sac, on trace en plus une ligne horizontale sur l'encolure et sur les flancs, jusqu'à la croupe, avec un léger décrochage au niveau de la hanche.
  1. Assurez-vous que la tondeuse est en bonne état de marche : propre, avec des peignes non usés et bien ajustés. Trop serrés, les peignes frottent et la tondeuse chauffe. Pas assez serrés, ils arrachent et déchiquettent le poil au lieu de le couper. Huilez la tondeuse, soit en versant une goutte de lubrifiant dans le petit orifice, soit en vaporisant ce lubrifiant sur les lames.
  2. En vous tenant à un mètre du cheval environ, mettez la tondeuse en marche. La personne qui vous assiste rassure le cheval. Une fois que celui -ci est calme, approchez la tondeuse de son épaule et posez-la sur son poil, bien à plat, sans tondre, simplement pour qu'il se familiarise avec la sensation. Dès qu'il ne réagit plus, vous pouvez commencer à tondre.
  3. Tenez la tondeuse parallèlement au corps du cheval, presque à plat, et tondez toujours à rebrousse-poil. Il faut donc bien examiner le sens de la pousse afin de toujours agir dans le sens contraire .Cela demande un peu d'habileté au niveau des épis de la hanche et du poitrail. N'appuyez pas trop, faites glisser simplement la tondeuse en la maintenant contre la racine des poils.
  4. Passez la tondeuse bande par bande, par petites portions. Chaque nouvelle bande doit recouvrir légèrement la bande précédente. Cela évite les irrégularités et les marques. Commencez par les épaules et les flancs puis, si le cheval se montre encore calme et patient, passez aux parties délicates (poitrail, coudes, ventre, dessous de la queue).
  5. Sur certaines parties du corps, la peau , assez lâche, a tendance à former des plis. Sur le poitrail et sous la gorge, contentez-vous de tendre la peau en l'étirant légèrement avec une main tandis que vous tondez de l'autre. Soyez toujours très attentif et procédez sans lenteur mais avec soin afin de ne pas risquer de pincer ou de couper le cheval. Pour tondre le coude, vous devez vous faire aider par quelqu'un qui étendra l'antérieur afin de déplier l'articulation. De même, demandez que cette personne soulève la queue du cheval lorsque vous tondez cette région.
Attention, danger !
Si la tondeuse est branchée sur le secteur, passez le fil de la tondeuse sur votre épaule. C’est un geste vital car, si le cheval fait un écart et marche dessus, il risque de le couper et de recevoir une décharge électrique qui l'effrayerai dangereusement.

L'esprit d'équipe

Avoir l'esprit d'équipe, c'est être capable de faire passer l'intérêt de l'équipe avant son propre intérêt. Voilà qui n'est pas facile quand on a le goût du jeu ou de la compétition ! Mais cette discipline vous donnera une trempe de champion et vous permettra de progresser rapidement.

Des règles à respecter

Avoir l'esprit d'équipe, c'est accepter de s'intégrer dans un groupe, si petit soit-il, et de se plier aux règles qu'il impose. Cela demande parfois de la vertu, mais les avantages ne sont pas minces.
La vie en société
Tout comme la harde des chevaux assure aux individus la sécurité, le groupe que constitue l'équipe vous offre une forme de protection. A l'intérieur de l'équipe, vos actions pèsent moins lourds que si vous deviez les assumer individuellement : vos faiblesses peuvent être compensées par les performances du reste du groupe. De plus, vous pouvez comparer vos impressions et les commenter. Enfin, vous bénéficiez de l'aide et de la solidarité de vos coéquipiers et de l'entraîneur.
L'équipe reproduit une micro-société, avec ses lois, ses avantages, ses dirigeants. L'individu qui s'y intègre doit jouer le jeu : contre-venir aux lois, c'est s'exposer à être mis au banc de la société.
Au jour le jour
Bien sûr, au quotidien, les choses ne sont pas si simples. Les membres d'une même équipe se sentent fréquemment freinés par l'enjeu collectif. Il n'est pas facile, par exemple, de soutenir un coéquipier en difficulté alors qu'on n'avait plus qu'à galoper jusqu'à la ligne d'arrivée pour accrocher la médaille à son cou !
Les individus d'une même équipe n'ont pas nécessairement été choisis pour leur bon caractère ou leurs affinités. Bref, l'entente cordiale n'est pas toujours au rendez-vous. Quant à l'entraîneur, comme toute personne investie d'un pouvoir, il paraît souvent autoritaire et ses décisions soulèvent des protestations dans les rangs.
Tirer son épingle du jeu
Pour vous intégrer dans une équipe, vous allez devoir faire preuve de deux qualités : la modestie et la patience. La modestie, parce que l'équipe vise un objectif collectif et remporte des médailles collectives. Vos performances, si remarquables soient-elles, sont noyées dans le résultat collectif. Le travail en équipe vous apprend à progresser pour progresser, et non à progresser pour la gloriole.
La seconde vertu requise, c'est la patience. Une équipe, plus encore qu'un individu, doit viser des résultats à long terme. Un entraîneur avisé s'efforce de constituer peu à peu un groupe cohérent et efficace, à l'intérieur duquel chacun peut donner le meilleur de lui-même. Cela prend du temps. Vous manquerez peut-être des victoires faciles aujourd'hui au profit d'objectifs plus importants demain.
L'important, c'est de participer !
Combien de fois avons-nous entendu cela, alors que, la rage au cœur nous venons d'essuyer un échec ? Pourtant, repensez-y : pour- quoi avez-vous commencé à jouer au horse bail, à vous inscrire à des concours hippiques ? Pour l'excitation du jeu et de la compétition, le plaisir que vous en retiriez, l'envie de progresser, de devenir bon. Pour jouer, pour sauter. Pour participer donc.
L'orgueil, une arme à double tranchant
L'orgueil, qui fait naître en chacun de nous l'envie d'être le meilleur, de montrer ce que l'on vaut, est un mal utile parce qu'il est stimulant, qu'il nous pousse à mieux faire. Mais il ne doit pas devenir un mauvais conseiller, qui nous emplit d'aigreur chaque fois que nous devons nous effacer au profit du groupe ou du bien de notre cheval. Observez les autres cavaliers, écoutez leurs remarques et leurs critiques, ne jugez pas de façon hâtive. Apprenez à contenir votre orgueil dans des limites acceptables : voilà un bon stimulant !

Vous et votre cheval : une équipe

L'équitation, si l'on y réfléchit un peu, repose sur l'esprit d'équipe : celle que vous formez avec votre cheval.
Faire équipe avec sa monture
Monter, c'est en effet savoir tenir compte des capacités, des limites et des intérêts de chacun : le cheval et le cavalier. C'est savoir faire preuve à chaque instant d'abnégation et de détermination en même temps, réfléchir aux objectifs lointains qu'on s'est fixés, ne pas faire passer la médaille d'un jour contre le dressage de toujours.
Pas de jeux sans équipe
Vous avez appris dès l'école primaire à passer un ballon à un coéquipier plutôt que de le garder pour vous en exposant l'équipe au risque de le perdre. L'équipe est là pour tempérer vos ambitions et les adapter à la réalité, aux règles du jeu et à l'intérêt de tous plutôt que d'un seul. A l'intérieur des équipes de jeu, il est essentiel que chacun trouve sa place en fonction de son tempérament et de ses capacités. Si vous devez vous battre pour quelque chose, faites-le pour cela !
Les pony-games
Les pony-games sont une excellente école pour comprendre l'esprit d'équipe. Avant tout, une étroite collaboration avec le poney est nécessaire. Il faut donc apprendre à le ménager, ne pas essayer d'obtenir des résultats sans tenir compte de ses besoins, de ses limites, de son désir. Et, bien sûr, de nombreuses épreuves se jouent en équipe.
Les équipes en compétition
En compétition, les équipes qui représentent un pays s'en remettent à un entraîneur, qui doit avoir la capacité de faire régner un bon esprit et de mettre en valeur les talents de chacun. En retour, les équipiers doivent accorder leur confiance à l'entraîneur et se serrer les coudes face à l'adversité.

La toilette naturelle

Le cheval ne nous a pas attendus pour apprendre à maintenir sa peau en bon état. A l'état sauvage, il connaît plusieurs techniques de «toilettage» qui lui permettent de se débarrasser des corps étrangers et des parasites, de soulager démangeaisons et irritations, d'entretenir poils et crins.

La peau, organe des sens

La peau est un organe des sens très important pour le cheval. Fortement innervée, elle lui fournit de nombreuses informations sur son environnement et le protège contre les variations de température et les intempéries. Son entretien est donc vital.
La toilette naturelle n'est pas un pansage
Dans notre esprit, une bonne toilette ou un pansage doivent débarrasser les poils et les crins de toute trace de boue, de poussière ou de graisse. Le cheval, lui, se fait une idée bien différente du nettoyage : rien de tel qu'un bon bain de sable ou de terre pour se gratter le dos et chasser peaux mortes, parasites et autres hôtes indésirables. Quant à la graisse, qu'elle reste où elle est ; ce suint protecteur imperméabilise le poil et protège le cheval des intempéries. Et un solide cataplasme de boue soulage efficacement démangeaisons et irritations.
Des outils efficaces
Pour se frotter, se gratter, retirer les corps étrangers et chasser les parasites, le cheval dispose de plusieurs outils très efficaces : ses lèvres préhensiles, qui attrapent, pincent et massent, sa langue rugueuse qui nettoie, ses incisives qui grattent et frottent peau et poils en profondeur. De plus, le large rayon d'action de son encolure flexible lui permet d'atteindre de nombreuses parties de son corps.
Aide-toi, la nature t'aidera
Il reste néanmoins de nombreuses zones inaccessibles : la base de la queue, le dos, le garrot, l'encolure, la nuque et la tête. Pour gratter, frotter et nettoyer ces parties de son corps, le cheval utilise des supports à la fois solides et rugueux permettant une friction efficace : tronc d'arbre, rocher, buisson épais. Les chevaux en captivité, eux, ont recours à un piquet de clôture, au montant du box et aux murs offrant des angles et des surfaces adaptées au toilettage.
Une bonne roulade
Enfin, pour se frotter efficacement le dos et la nuque et s'octroyer un agréable massage général, rien de tel qu'une bonne roulade. Les chevaux se roulent fréquemment, avec un plaisir évident. Ils choisissent en général un sol bien sablonneux ou poussiéreux. Les bains de boue sont également très pratiqués. Leurs vertus sur la peau ne sont plus à démontrer, et les chevaux n'ont pas besoin de lire les ouvrages de médecine naturelle : ils le savent d'instinct.
Si l'occasion se présente et que le temps n'est pas trop frais, la plupart des chevaux apprécient également l'eau : ils y trempent le nez, s'aspergent généreusement en agitant la tête ou les pieds et, parfois, s'y roulent complètement.

Le toilettage réciproque : une question de confiance

Pour procéder à une toilette agréable, satisfaisante et peu fatigante, les chevaux pratiquent volontiers des échanges.
Un «toiletteur» choisi
Le cheval s'approche d'un congénère avec lequel il a de bonnes relations et lui fait comprendre son intention en faisant mine de le frotter du nez ou des lèvres. Si l'animal sollicité accepte, les deux chevaux se placent de façon à pouvoir se gratter mutuellement. Laisser un congénère s'approcher ainsi est un signe de confiance. Chaque cheval n'a que quelques partenaires de toilettage. Deux chevaux se toilettant mutuellement sont assez proches. Les séances de nettoyage leur procurent des sensations agréables, renforçant leurs liens et leur confiance réciproque.
Une toilette éducative
L'un des premiers gestes de la jument après la mise bas consiste à nettoyer son poulain. Elle s'imprègne ainsi de son odeur, découvre et identifie son corps ; en même temps, elle sèche et nettoie le poil, active la circulation du sang et stimule les muscles en les massant. Par la suite, la mère continue à toiletter son petit. Et bien sûr, elle lui enseigne les gestes du toilettage réciproque. Ces séances stimulent les sens du poulain et lui apportent plaisir et bien-être, contribuant à son développement et à son épanouissement. Très vite, le poulain explore lui aussi le corps de sa mère. Par les réactions de cette dernière, il apprend à distinguer les bons gestes des mauvais : morsures, pincements, interventions sur des zones sensibles sont aussitôt sanctionnés.