Le ramener

Le ramener est une attitude naturelle que le cheval adopte quand il souhaite se donner de l'importance. Les cavaliers de dressage cherchent à retrouver cette posture qui permet au cheval d'exprimer sa puissance avec légèreté.

Une attitude globale

Comme l'indique son nom, le ramener est cette position particulière où le cheval, portant l'encolure haute, ramène la tête en abaissant le chanfrein jusqu'à la verticale. Mais elle implique une attitude globale du cheval.
Qu'est-ce que le ramener?
Le ramener désigne l'attitude d'un cheval, parvenu à un bon niveau de dressage, dans laquelle la base de l'encolure est relevée, la nuque fléchie et le chanfrein vertical. La nuque reste le point le plus haut. Un cheval au ramener est un cheval rassemblé ou qui commence à se rassembler.
Pour faciliter le travail
La posture du ramener est l'expression des différentes forces en présence lorsque le cheval tente de se rassembler. Pour pouvoir reporter le poids de son corps vers les hanches en engageant ses postérieurs tout en réduisant le déplacement vers l'avant, il doit arrondir le dos en relevant la base de l'encolure et en fléchissant la nuque. Il adopte donc naturellement cette attitude qui lui facilite le travail.
Sans contrainte
Trop de cavaliers oublient que le ramener doit être une attitude librement adoptée, car c'est celle qui convient le mieux au mouvement demandé, et non un placer imposé par la contrainte d'une embouchure plus ou moins sévère et d'une main plus ou moins coercitive.
Il est en effet possible de ramener le chanfrein à la verticale en obligeant le cheval à ployer son encolure. Mais si cette position est obtenue de façon artificielle, et non parce que l'ensemble du poids du corps se reporte vers l'arrière en permettant à l'avant-main de s'alléger et de remonter, il n'y a ni réel équilibre, ni légèreté, ni, à long terme, dressage de qualité.
Légèreté obligatoire
Ainsi, la notion de légèreté est le corollaire obligatoire du ramener. Plus le cheval se rapproche du ramener, plus le contact devient léger. Lorsque le cheval est au ramener, le cavalier ne doit plus rien «avoir» dans les mains. On devrait voir des rênes pratiquement molles.
Ne rien précipiter
Le ramener est le résultat d'un long travail qui permet au cheval d'acquérir la musculature et la souplesse requises ainsi que d'assimiler peu à peu les éléments du dressage. Un cheval peut accéder au ramener lorsqu'il est dans l'impulsion, en équilibre et droit, qu'il cède dans sa bouche et dans son corps latéralement et longitudinalement, et qu'il mobilise ses hanches à la demande.
Une confusion à éviter
Dans l'esprit de nombreux cavaliers, la distinction entre le placer et le ramener n'est pas toujours claire. Un cheval placé est sur la main. Il cède dans sa nuque et dans sa mâchoire, mais son chanfrein n'est pas vertical et son encolure peut être plus ou moins étendue. Plus le cheval abaisse ses hanches, plus la base de son encolure remonte et plus son chanfrein se rapproche de la verticale. Un cheval dont l'attitude générale est ouverte, et les allures étendues, ne doit pas avoir un chanfrein vertical.

Remonter dans la main

Le ramener n'est pas une attitude constante : il correspond aux mouvements rassemblés. On l'obtient d'abord de façon passagère dans des exercices qui obligent le cheval à reporter une partie du poids du corps sur ses hanches.
Avec légèreté
De tels exercices sont, par exemple, l'épaule en dedans, les transitions descendantes dans l'allure ou d'une allure à l'autre, les flexions latérales sur des cercles ou des serpentines.
Le cavalier résiste tout en maintenant une forte impulsion. Le cheval répond à la demande en cédant dans sa nuque et dans sa mâchoire et en s'arrondissant, fléchissant ses hanches et ses jarrets. Il se propulse de façon élastique vers le haut, avec légèreté, les rênes semblant se détendre : il « remonte dans la main ».
Fuir l'artifice
La tension est l'ennemi du ramener. Ni les mains du cavalier, ni la bride, ni les enrênements ne doivent obliger le cheval à ramener sa tête par la force. Les enrênements permettent d'inciter le cheval à adopter un meilleur équilibre en employant mieux sa force et sa souplesse. Ils ne doivent pas le contraindre à ramener son chanfrein, mais l'amener à céder dans toute son échine en se rééquilibrant pour trouver une attitude adaptée à l'effort demandé. Enrênements et bride doivent être employés avec beaucoup de savoir-faire.
Mal utilisés, ils ne font que placer artificiellement le cheval, le plus souvent en arrière de la main, compromettant la juste impulsion et, surtout, l'attitude mentale du cheval qui ne cherche plus qu'à échapper à la contrainte.

L'odorat et le goût

L’odorat et le goût font office de système d’identification. L’odorat permet au cheval de faire le tri entre le familier et l’inconnu. Goût et odorat l’aident à distinguer ce qui est comestible de ce qui ne l’est pas et à apprécier la qualité de l’eau.

L’odorat

En terrain inconnu
Un cheval se sert de son odorat très développé pour examiner les objets qui lui sont inconnus. Quand il entre dans une écurie ou un paddock nouveaux, il commence par en flairer tous les recoins et par s’ébrouer pour analyser ce nouvel environnement.
Pour reconnaître les amis et les ennemis
Chaque individu, animal ou humain, dégage une odeur corporelle particulière. Les chevaux distinguent chaque odeur et reconnaissent de loin amis et ennemis. Pour se saluer, ils se flairent le nez. C’est, en quelque sorte, l’équivalent équin de notre poignée de main.
L’odeur joue un rôle important dans l’établissement des liens entre la jument et son poulain. La jument identifie l’odeur de son poulain au premier contact et distingue ensuite sans peine celui-ci des autres poulains du troupeau.
L’odeur du cavalier : décisive
Bien sûr, les chevaux connaissent notre odeur. Elle leur est agréable ou désagréable. Le couple cheval-cavalier ne peut fonctionner si le cheval est dérangé par l’odeur de son cavalier. Mieux vaut éviter, quand on vient monter ou soigner un cheval, de se parfumer. Les molécules synthétiques des parfums sont très fortement perçues par les animaux qui, en général, ne les apprécient guère.
A l’état sauvage : hygiène et territoire
Les chevaux perçoivent les odeurs de très loin. Un étalon flaire une jument en chaleur à une distance de 600 à 800 mètres. Ils détectent aussi les points d’eau, même très éloignés.
Un cheval ne broute pas à proximité de crottins dont son odorat lui signale la présence. C’est important, car il évite ainsi d’attraper des parasites intestinaux.
D’une certaine façon, les odeurs participent également à la délimitation du territoire. Les chevaux déposent des crottins et de l’urine autour de leur territoire afin d’en marquer les limites pour les autres chevaux. Ces limites olfactives leur sont aussi présentes qu’une barrière peut l’être pour nous.
Bon à savoir
Contrairement au chien, au chat et à bien d’autres animaux, le cheval n’a pas de babines mais des lèvres capables d’attraper très habilement tel brin d’herbe et non tel autre. C’est pourquoi on parle de nez, ou de bout du nez, et non de museau.
Attention, danger !
100 g d’if suffisent pour tuer un cheval. Ce conifère se reconnaît aisément à ses baies rouge vif. Il est très commun car on l’utilise pour constituer les haies. Prenez soin de ne jamais attacher votre cheval à proximité d’un de ces arbres. D’une manière générale, méfiez-vous des conifères et des buissons à feuilles charnues et brillantes ou bicolores (vert et jaune).

Le goût

Les chevaux choisissent leur nourriture d’abord par l’odorat, puis par le goût. Le bout du nez et les lèvres, couverts de moustaches ultrasensibles, agissent comme des doigts et lui permettent de faire le tri entre ce qu’il veut manger et ce qu’il veut laisser de côté.
Gourmand
Une fois flairés et analysés, les aliments sont différenciés par le goût : sucré, amer, aigre ou salé. Les chevaux acceptent le goût amer mais l’apprécient peu. Ils ont un net penchant pour les sucreries. Il est préférable de ne pas leur donner de sucre en morceaux qui provoque comme chez nous des caries. En revanche, les carottes et les pommes sont les bienvenues. Certains chevaux apprécient également les goûts inhabituels et épicés tels que la menthe et le gingembre.L’avoine, très énergétique, a été pendant des siècles l’aliment du cheval, avec l’orge et le fourrage. On la remplace souvent aujourd’hui par des granulés d’aliments complets équilibrés, mais il est bien de donner un peu de céréales de bonne qualité au moins de temps en temps.
Plantes vénéneuses
Le goût est un mécanisme de sécurité vital pour le cheval : il apprend de bonne heure à reconnaître les plantes toxiques. Toutefois, il faut rester vigilant, car les chevaux n’étant plus élevés dans la nature, ils ne développent pas toujours cet instinct. Ne laissez pas votre cheval brouter n’importe quelle plante – attention en particulier aux conifères. Certains contiennent des poisons mortels. Les chevaux évitent de manger les boutons d’or (renoncules), mais ils en mâchent parfois avec une bouchée d’herbe, car ces fleurs n’ont pas le goût amer des autres plantes toxiques. Par chance, elles ne sont dangereuses qu’en grande quantité.

Bien manipuler son cheval au sol

Si vous ne contrôlez pas facilement votre cheval au sol, il est illusoire de penser que les choses seront plus faciles en selle. Voici quelques notions importantes pour réussir ce contrôle : songez que la sécurité et le bien-être de chacun en dépendent.

Rester vigilant

Toutes les manipulations au sol se répercutent sur le comportement du cheval. Chaque geste compte : vous devez donc toujours rester vigilant.
Entrer dans le box
Prévenez le cheval de la voix. Soyez concentré : pénétrer dans le box n'est pas une action anodine. S'il ne le fait pas de lui-même, poussez-le gentiment mais fermement dans le fond du box pour réquisitionner un peu d'espace : ce geste l'oblige à vous céder la place, à reconnaître votre dominance.
Mettre le licol
Préparez le licol en posant la longe sur votre avant-bras gauche. Tenez le licol dans la main gauche par la boucle. Passez la main droite par dessus l'encolure et allez attraper la têtière. Le cheval descend son nez dans le licol : bouclez la têtière.
Sortir du box
Tenez la longe dans la main droite, à environ 40 cm du mousqueton (jamais moins). Gardez dans la main gauche le restant de longe. Prévenez d'un claquement de langue et avancez sans tirer sur la longe.
S'arrêter
Prévenez le cheval en disant « Wôa », et arrêtez- vous aussitôt, sans exercer aucune traction sur la longe. Le cheval éduqué s'arrête la tête à hauteur de votre épaule.
Reculer
Le reculer est un geste de soumission. Placez-vous face au cheval, légèrement à gauche. De la main droite, exercez une légère traction sur la longe en direction du poitrail. Le cheval entame un reculer et doit le maintenir jusqu'au au moment ou votre action de main se relâche et où vous dites « Wôa » pour confirmer l'arrêt du reculer.

Tourner

Tournez toujours large, de préférence de la gauche vers la droite, en obligeant le cheval à s'écarter de vous. Pour tourner dans un espace réduit, ou pour aller de la droite vers la gauche, utilisez plutôt les déplacements latéraux, comme suit.
Le pivot sur antérieur
Facile à obtenir, ce pivot vous permet de déplacer les hanches lorsque le cheval est à l'attache, par exemple. En gardant la longe dans la main gauche, mais sans tirer dessus, posez votre doigt sur un flanc et encouragez le mouvement par un claquement de langue.
Pivot sur postérieur
Pour déplacer les épaules du cheval, exercez une pression sur la longe dans la direction qui vous intéresse ; si nécessaire, ajoutez une pression de la main sur l'épaule.
Pas de côté
Placez-vous face à l'épaule du cheval, au niveau du garrot. Déplacez alternativement hanches et épaules, un pas à la fois, par pressions alternées au niveau de l'épaule et du flanc. Une fois dressé, le cheval se déplace à la simple approche des mains.
Bon à savoir
Le cheval doit maîtriser tous les déplacements latéraux au sol. C'est une excellente préparation au travail monté et cela vous permet de la contrôler facilement en longe.

PTV : le reculer

Voilà une difficulté particulièrement délicate, qui pourrait mettre en échec même des spécialistes du dressage. Reculer droit, entre deux barres espacées seulement de 70 cm, pas si facile !

Un apprentissage à méditer

Le reculer n'est pas un mouvement difficile si on le demande avec douceur et si on fait preuve de psychologie. Sinon, cela donne lieu à une vilaine lutte d'où personne ne sort vainqueur.
Des aides logiques
Que son cheval y soit formé ou non, le cavalier, avant de tenter un premier reculer, doit réfléchir aux aides à employer. On ne « tire » pas sa monture en arrière, pas plus qu'on ne la pousse sur son mors pour qu'elle « rebondisse ». Les aides du reculer sont un simple code, une indication qu'il faut enseigner. Avec une monture d'extérieur, il n'est pas conseillé de mettre les jambes pour demander le reculer. Mieux vaut réserver celles-ci au mouvement avant, ce qui permet de parer à un éventuel acculement.
Les aides à employer sont donc d'abord la voix (par exemple, l'ordre :« recule »), puis une résistance sur les rênes, éventuellement accompagnée d'un dégagement d'assiette (pencher un peu les épaules en avant). Ce sera largement suffisant pour obtenir d'excellents reculers.
C'est le premier centimètre qui compte
Quel que soit le passé du cheval, et même si on vous a dit qu'il « savait » reculer, prenez le temps de lui expliquer ce que vous voulez. Il faut exercer une petite résistance sur les rênes et attendre. Gêné par cette sensation, votre élève va tenter différentes choses : tirer, avancer, lever le nez, arracher les rênes. Contentez-vous de résister passivement, le temps qu'il faut, jusqu'à ce qu'il esquisse un mouvement vers l'arrière. Un seul centimètre suffit ! Jetez vos rênes sur l'encolure, félicitez, faites une pause. Puis recommencez.
Au fil des répétitions, ce tout petit recul deviendra plus franc et plus facile. L'erreur serait de demander plusieurs pas alors que le cheval n'a pas encore compris qu'il a donné la bonne réponse : voyant que la résistance se poursuit, ou augmente, il se décourage et renonce à continuer.
Entre les barres
Ne mettez pas le cheval entre les barres tant qu'il ne donne pas aisément des reculers justes et droits. Lorsqu'il est prêt, formez un entonnoir avec deux barres de4 m : par exemple, entrée de 90 cm de large, sortie « réglementaire » de 70 cm. D'abord, pour éviter les confusions avec une bordure maraîchère, traversez calmement au pas cet entonnoir. Puis, cherchez à obtenir de bons arrêts droits au milieu de l'installation. De là, vous pourrez demander un pas de reculer avant de ressortir au pas.Augmentez ensuite tout doucement le nombre de pas. Pour finir, installez les barres parallèlement avec l'écartement réglementaire.
La notation
La note d'efficacité (sur 7) sera diminuée de 3 points chaque fois que le cheval touche les barres, sort un pied ou s'arrête en cours de reculer. Le style du mouvement entraîne un bonus/malus variant de +3 à -2. Le juge prête attention à la pertinence et à la douceur des aides ainsi qu'à l'attitude du cheval : une encolure « à l'envers » est évidemment pénalisée.

Reculer droit, un vrai défi

Elles paraissent bien proches, ces deux barres séparées de 70 cm ! Pour ne pas les toucher, une parfaite rectitude de mouvement s'impose.
Une inflexion naturelle
La plupart des chevaux ont malheureusement tendance à reculer en s'incurvant légèrement et toujours du même côté. C'est à cause de leur inflexion naturelle, qu'on peut déjà sentir lors des tournants : le cheval s'arrondit et reste en équilibre sur son « bon » côté, mais penche avec raideur, tombant sur son épaule intérieure, de l'autre côté. Un travail de dressage bien mené lui apprendra à s'incurver correctement sur une action de jambe intérieure à la sangle. L'épaule en dedans constitue l'un des mouvements clés de cette éducation. Il est d'ailleurs très bénéfique, pour rectifier l'équilibre du cheval, de demander quelques pas de reculer avant de s'engager entre les barres : épaule droite en dedans, par exemple, s'il a tendance à jeter sa croupe à gauche en reculant.
Quelles aides pour le redresser ?
Entre les barres, c'est au moment du pas et de l'arrêt qui précèdent le reculer que le cavalier peut agir avec le plus d'efficacité. Il s'efforcera de prolonger l'équilibre acquis dans l'amorce d'épaule en dedans en conservant un très léger pli d'encolure à droite. Le reculer sera alors demandé par une résistance sur l'autre rêne. Une fois le mouvement amorcé, on utilise généralement une jambe isolée pour rectifier une éventuelle déviation, mais c'est un moyen assez lent et imprécis. Il est souvent plus efficace d'agir sur l'ensemble du corps du cheval en déportant les deux mains du côté de la déviation, ce qui remet « les épaules devant les hanches ». C'est là un geste à pratiquer d'abord en dehors des barres, afin d'apprendre à doser ses aides.
Bon à savoir
Lors de la reconnaissance du parcours, soyez attentif à la position des lignes blanches qui traversent les barres du dispositif. En effet, le reculer ne peut commencer que lorsque les antérieurs du cheval sont posés au-delà de la première ligne blanche. Ensuite, il faut reculer jusqu'à ce que les antérieurs aient franchi la deuxième ligne blanche, qui est située 4 m plus loin. N'oubliez pas de ressortir au pas en repassant entre les barres.

Elastiques et rênes allemeandes

Les enrênements employés lors du travail à la longe ont pour but d'améliorer l'attitude du cheval et de développer sa musculature. Ils doivent être utilisés avec tact et réglés scientifiquement pour ne pas fausser son dressage. On ne doit jamais les considérer que comme une aide temporaire.

Un choix judicieux

Le choix des enrênements dépend de l'âge du cheval, de sa conformation, de son niveau de dressage et des problèmes particuliers qu'il peut poser sur les plans physique et mental. Mieux vaut se passer d'enrênement que d'en employer un à mauvais escient!
Les rênes allemandes
Les rênes allemandes sont des rênes très longues qui se fixent à la sangle ou au surfaix, passent dans l'anneau du filet et reviennent dans les mains du cavalier ou les anneaux du surfaix. Il s'agit donc d'un enrênement coulissant, qui, bien réglé, ne bloque pas complètement le cheval et lui laisse la possibilité de choisir une position plus ou moins haute et plus ou moins ouverte. C'est un instrument de soumission puissant, qu on utilise pour obliger le cheval à se placer correctement, qui nécessite beaucoup de tact.
Mise en place
Pour utiliser les rênes allemandes lors du travail en longe, il est préférable d'employer des rênes munies d'un mousqueton à une extrémité (ou aux deux).
Fixez les mousquetons à droite et à gauche, dans l'anneau latéral le plus haut du surfaix ou dans l'anneau de la selle. Glissez ensuite chaque rêne dans l'anneau du filet par l'intérieur. Vous pouvez choisir de fixer l'autre partie de deux façons :
  • soit en position basse, en passant les rênes entre les antérieurs et en glissant la boucle dans la sangle, que vous ajustez ensuite;
  • soit en position plus haute, en les fixant à mi-hauteur du surfaix (ou juste sous les quartiers de la selle), à droite et à gauche.
Dans tous les cas, en longe, les rênes allemandes ne doivent jamais bloquer le cheval. Elles l'incitent à se placer correctement mais ne le contraignent pas à un placer figé.
Le bon rythme
Commencez toujours le travail en longe sans enrênement. Laissez le cheval s'échauffer sans contrainte au pas et au trot, aux deux mains, pendant dix minutes. Vous pourrez en- suite mettre les rênes en place, de façon assez lâche, et le faire marcher aux deux mains pour tester ses réactions et jauger le réglage. Ensuite, ajustez les rênes avec plus de précision : attention, elles ne doivent pas être constamment tendues. Travaillez aux trois allures mais pas plus de quinze minutes, ou deux fois dix minutes.
Terminez toujours par cinq minutes sans enrênement ou, mieux, en liberté.

L’enrênements à élastique

L'enrênement à élastiques est employé pour obliger le cheval à conserver la tête en position basse. Très coercitif, il ne doit être employé qu'exceptionnellement.
Mise en place
Les élastiques se fixent d'un côté au surfaix, plus ou moins haut selon l'attitude souhaitée, de l'autre aux anneaux du filet ou du caveçon. On peut régler leur longueur pour laisser plus ou moins de liberté au cheval. En général, l'élastique extérieur est réglé un peu plus long que l'élastique intérieur afin de favoriser la bonne incurvation.
Le bon réglage
Comme avec n'importe quel enrênement, il est essentiel de commencer la séance de travail par un échauffement sans élastiques. Après dix minutes d'exercice, ajustez l'enrênement : les élastiques ne doivent pas être réglés trop courts afin que le cheval ne s'enferme pas. Lorsqu'il se place correctement, les élastiques sont «mous» et ne se tendent que s'il cherche à ouvrir l'angle tête-encolure ou à relever la tête au-delà de la limite que vous vous êtes fixée.
Le bon geste
Lorsque les rênes allemandes ou les élastiques sont en place, il est impossible de «rendre» si le cheval travaille correctement. Vous devez donc le félicitez de la voix et, si possible, le caresser. Ne prolongez pas une séance de travail avec un cheval enrêné au-delà de quinze minutes. Si possible, travaillez dix minutes, détachez l'enrênement pour que le cheval se détende quelques minutes, puis reprenez le travail enrêné encore dix minutes.
Attention, danger !
Le grand danger des rênes allemandes, c'est qu'elles incitent le cheval à échapper à leur contrainte par un abaissement excessif de la nuque et une flexion exagérée de l'encolure: on dit qu'il s'encapuchonne. Veillez toujours à ce que la nuque reste le point le plus haut. Le chanfrein du cheval doit être proche de la verticale ou se tenir au-delà,jamais en deçà. Un cheval «enfermé» perd son impulsion et travaille de façon fausse et déséquilibrée: il n'engage pas ses postérieurs et ne fait pas travailler sa ligne du dessus. Quand un cheval a pris l'habitude de s'encapuchonner, il devient très difficile d'obtenir qu'il se tende et se soutienne correctement.

L'Alter réal



Fleuron national

Créé pour fournir les écuries du roi, l'alter real appartient aujourd'hui au patrimoine culturel du Portugal.
Trois cents juments fondatrices
L'histoire de l'alter real commence en 1747, date à laquelle on importa d'Espagne - plus exactement de Jerez de la Frontera - 300 juments andalouses, que l'on installa au haras royal de Vila de Portal. Ces magnifiques poulinières permirent de fonder une nouvelle race, que l'on baptisa d'après le nom de la localité - Alter do Chao. Real, en portugais, signifie tout simplement "royal".
Haras royal
Cette région avait été choisie parce que son sol et sa végétation permettaient d'entreprendre un élevage de qualité. Le haras devait fournir aux écuries royales, selon la demande du roi José Ier, des chevaux d'élite capables d'évoluer avec aisance et d'acquérir facilement les bases de l'équitation classique telle qu'on l'entendait alors: il fallait donc des montures de belle prestance, assez fortes mais élégantes, douées pour le rassembler et les airs relevés.
La contribution d'un grand maître
Naturellement, la seule étiquette de fournisseur du roi aurait suffi a établir la renommée du haras et à asseoir la valeur de la race. Néanmoins, la célébrité des alter real, qui s'étendit à toute l'Europe au XVIIIe siècle, dut aussi beaucoup à un écuyer de talent, qui contribua grandement à démontrer les dons de la race pour le dressage. Il s'agit du marquis de Marialva, cavalier éclairé qui fit profondément évoluer l'équitation classique dans toute la péninsule Ibérique et qui régna en maître sur les écuries royales à partir de 1770.
Le déclin
Malheureusement, la royale carrière de l'alter real fut brisée par les guerres napoléoniennes. Au début du XIXe siècle, les troupes françaises dispersèrent les reproducteurs, et le haras royal fut fermé en 1834. On s'efforça par la suite de recréer de nouvelles lignées, selon la mode de l'époque, en procédant à des apports de sang divers: pur-sang bien sûr, hanovrien et, surtout, arabe. Aucun de ces croisements ne donna de bons résultats, le sang arabe, pour une fois, n'opérant aucune amélioration et contribuant même à une rapide dégradation des qualités de la race.
Gros plan
L'alter real possède une tête typiquement ibérique, avec un profil généralement busqué et, parfois, un peu long, des ganaches légères, une expression intelligente et douce, un nez rond.
Le coin du pro
Les allures de l'alter real sont très marquées, le genou et le jarret fléchissant et se levant de façon presque exagérée. Mais cela convient parfaitement à l'équitation de haute école classique, qui tire magnifiquement parti de l'aptitude de ce cheval à se rassembler et de son talent pour les airs relevés.
Le bon influx andalou
A la fin du XIXe siècle, les éleveurs s'efforcèrent de redonner naissance à la race par l'apport de sang andalou très pur. On employa pour ce faire des juments du haras de Zapata. L'amélioration fut sensible, mais la dissolution de la monarchie fit peser une nouvelle menace sur le haras royal. Fort heureusement, le docteur Ruy d'Andrade, une autorité dans le monde équestre portugais, sauva quelques souches. En 1932, le haras passa aux mains du ministère de l'Agriculture et, en quelques décennies, la race commença à renaître.
Origine
L'alter real a été créé au haras de Vila de Portal, près d'Alter do Chao, dans la province portugaise d'Alentejo. Aujourd'hui encore, c'est surtout dans cette région aux sols riches qu'on l'élève.

Type et tempérament

On dit que les alter real d'aujourd'hui ressemblent beaucoup à leurs ancêtres du XVIIIe siècle: ce sont des chevaux merveilleusement adaptés à la haute école de tradition portugaise.
Modèle
Avec son corps rond, puissant et équilibré, son encolure incurvée et portée haut qui favorise le ramener, l'alter real ressemble beaucoup aux autres chevaux ibériques. Mais il s'en distingue par son dos long et droit, sa croupe haute et, surtout, par la longueur de ses canons et de ses pâturons: le bras est parfois plus court que le canon! S'il est long-jointé, l'alter real possède des jarrets forts et bien placés. Cette morphologie favorise le report du poids sur l'arrière-main, donc le rassembler. Sa taille est comprise entre 1,50m et 1,60m.
Robe
Bai et bai-brun.
Tempérament
Après les croisements malheureux entrepris au XIXe siècle, l'alter real avait la réputation d'être un cheval capricieux, difficile à soumettre, parfois violent. Aujourd'hui, il ne reste rien de ce mauvais caractère. L'alter real est intelligent et volontaire. Brillant, impétueux mais restant aux ordres, il fait merveille dans tout le travail de haute école s'il est monté par un cavalier fin et juste.