Le Przewalski

Le cheval de Przewalski est pratiquement le dernier «vrai» cheval sauvage vivant de nos jours. Dans les années soixante-dix, on ne le trouvait plus guère que dans des zoos. Heureusement, un plan de sauvegarde a permis de lui rendre un peu de sa liberté.

Une longue chasse . . . vers la liberté

Au milieu du XIXe siècle, seuls les Mongols, nomadisant en bordure du désert de Gobi, connaissaient ce cheval sauvage. La découverte par le monde de cet animal allait tenir de l'aventure romanesque. Et faire friser l'extinction à la race.
Un explorateur face à des inconnus
1879. Nikolaï Przewalski (1839-1888), colonel cartographe de l'armée impériale russe, explore la région des monts Tachin Schak (les monts du Cheval Jaune). A plusieurs reprises, il aperçoit des hardes de chevaux sauvages, qui ne ressemblent à rien de ce qu'il connaît. Intrigué, il interroge les indigènes et parvient à obtenir qu'un chasseur lui donne la peau d'un ces animaux. Il la ramène à Moscou où un naturaliste, Poliakov, l'étudie et établit la première description de ce cheval primitif, auquel il donne le nom de son découvreur : cheval de Przewalski.
Traques et battues
1889. Des naturalistes russes obtiennent de chasseurs kirghizes qu'ils capturent pour eux quelques-uns de ces chevaux sauvages, toujours presque inconnus. La battue est fructueuse et quatre sujets sont ramenés en Russie. Un an plus tard, ce sont deux étalons et quatre juments qui sont transportés en Ukraine. Dans le même temps, un fournisseur de ménageries organise une expédition pour le comte de Bedford. Avec l'aide des chasseurs nomades, il parvient à capturer quinze juments et dix-sept poulains. Pourquoi cette chasse effrénée, destinée à capturer des chevaux que les nomades, pourtant connaisseurs, ne considèrent que comme du gibier? D'abord pour satisfaire la curiosité des naturalistes. Ensuite pour approvisionner les zoos européens et américains, toujours en quête d'animaux sortant de l'ordinaire.
Prisonniers mais indépendants
Depuis le début du XXe siècle, il semble bien qu’aucun cheval de Przewalski n'ait été aperçu en Mongolie. Sans les quelques animaux capturés et préservés, la race serait sans doute éteinte aujourd'hui. Dans les années 80, les descendants des sujets capturés près de cent ans plus tôt étaient répartis dans 120 parcs zoologiques de par le monde. Au total, ils étaient à peine plus d'un millier... Et ils ne sont guère plus nombreux aujourd'hui. On pourrait penser que, nés et élevés en captivité et au contact de l'homme, ils ont aujourd'hui perdu leur sauvagerie. Mais il n'en est rien. Leur agressivité naturelle est demeurée intacte.
Retour au berceau
Un peu avant 1990, le WWF (World Wildlife Fund, organisme mondial de protection des animaux) a songé à réintroduire ces chevaux dans leur pays d'origine, devenu parc national de Mongolie. Mais il semblait délicat de rendre brutalement des captifs, habitués aux facilités de la domestication, à la liberté totale. On a donc d'abord constitué de petits troupeaux, que l'on a placés en semi-liberté, en divers endroits, dans de très vastes enclos. De plus, on a informatisé le stud-book afin de procéder à la meilleure sélection possible des candidats à la liberté. Ensuite, quelques sujets triés sur le volet et constituant une harde viable ont été transportés et lâchés dans le berceau de la race. Et, en 1999, trente chevaux de Przewalski trottaient entre herbages et points d'eau du désert de Gobi. Des chevaux qui vont faire des poulains !
Ancêtre du cheval
Certains scientifiques pensent que le primitif cheval de Przewalski est l'ancêtre du cheval actuel et de l'âne, dont il possède quelques caractéristiques. D'autres, comme le professeur Bernischke, estiment qu'il n'a rien de commun avec eux puisqu'il possède 66 chromosomes au lieu de 64 (les chromosomes constituent la part des cellules qui contrôle la transmission des caractères héréditaires).
Un avenir riant
Dans son pays d'origine, où il a été récemment réintroduit, le cheval de Przewalski n'a guère pour prédateur que l'homme. Protégé par la loi autant que par son appartenance au patrimoine mongol, il va certainement y proliférer.
Origine
La race peuplait à l'origine les steppes de l'Europe et de l'Asie centrale. Son aire de répartition s'est réduite peu à peu à la seule Mongolie, où Przewalski la découvrit au XIXe siècle.

Type et tempérament

Le cheval de Przewalski est probablement une sous-espèce d'Equus Caballus, l'équidé des origines. Il est agressif, violent et ne se prête pas à la domestication. Sauvage il est, sauvage il demeure.
Modèle
La tête est longue et lourde, avec les yeux placés très hauts, près des oreilles, qui sont grandes et assez rondes. Le garrot est effacé et le dos droit. La croupe avalée et brève ressemble un peu à celle de l'âne. Les membres sont courts et épais, terminés par des sabots relativement petits.
Taille
1,30 m en moyenne.
Robes
Une seule couleur de robe : isabelle, couleur sable, avec raie de mulet et souvent une bande cruciale, ainsi que des zébrures sur le haut des membres, dont l'extrémité est noire. Les crins sont noirs aussi, la crinière poussant en brosse, sans toupet.
Caractère
Véritable animal sauvage, le cheval de Przewalski n'a jamais pu être domestiqué, ni même apprivoisé. De nombreuses tentatives ont été faites dans les zoos où il était en captivité ou lors des opérations de réintroduction, mais ce cheval demeure agressif, violent et imprévisible.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Pour en savoir plus, je conseille la lecture de Nikolaï Prjevalski, Voyage en Mongolie et au pays des Tangoutes, Une expédition russe aux confins de l'Empire céleste (1870-1873) (éditions Transboréal).

Anonyme a dit…

Ce site est extraordinaire on peut apprendre plusieurs chose sur le cheval de Przewalski je dit un grand MERCI au professeur Bernischke qui a donner sont avis le professeur Bernischke estiment que le cheval de Przewalski n'a rien en commun avec l'âne puisque qu'il possède 66 chromosomes au lieu de 64 chromosomes