Le Cob Normand

C'est le plus sportif des chevaux de trait français. Il possède la charpente et les allures d'un brillant cheval d'attelage sans avoir les lourdeurs de certains chevaux de trait. Les verts pâturages normands lui assurent une santé et une longévité exceptionnelle.

Un trait pas très lourd

Moins épais que le comtois, moins colossal que le percheron, moins charnu que le breton : le cob normand est le cheval de trait qui se rapproche le plus du cheval de selle. On lui prédit donc un bel avenir dans les compétitions d'attelage!
Une région d'élevage
La Normandie a acquis dès le Moyen Age une solide réputation comme région d'élevage. Elle produisait alors de puissants destriers, fort réputés pour leurs qualités au combat. Au XVIe siècle, le normand fut allégé, comme presque toutes les races françaises, par l'apport de sang arabe. Au XIXe siècle il fut croisé avec des étalons anglais (pur-sang, hunter, roadster). Ces croisements donnèrent l'anglo-normand, père du selle français.
Naissance du cob
Les haras nationaux français, et notamment le haras de Saint-Lô, berceau du cob normand, produisaient au début du siècle deux types d'anglo-normands: des animaux assez légers, destinés à la selle, pour l'armée ou l'équitation; d'autres plus trapus, que l'on employait pour l'attelage ou les petits travaux agricoles (on réservait au percheron le travail de force du labour). Les chevaux d'attelage furent bientôt baptisés "cob" à cause de leur ressemblance avec le cheval anglais du même nom, et reconnus comme race à part entière.
Passage à vide
Avec l'apparition des machines agricoles et la transformation de l'agriculture, le cob normand s'est trouvé, comme de nombreux chevaux lourds, sans emploi. Et comme beaucoup de ses congénères, il n'a plus été élevé que pour la boucherie. Ce sont les haras nationaux français qui l'ont sauvé de l'extinction en poursuivant son élevage en dépit d'une baisse considérable de la demande. Depuis quelques années, éleveurs et haras s'attachent à redonner au cob sa ligne et sa prestance, ainsi que son emploi de cheval de traction, parfois même de sport (attelé).
L'élevage aujourd'hui
Il n'existe pas de stud-book pour le cob normand. Cependant, de nombreuses épreuves de modèles et allures sont organisées pour tester les poulinières et leurs petits. Les candidats étalons font l'objet d'un signalement vérifié sous la mère. En 1996, on comptait 1728 reproducteurs de cette race en France: 58 étalons et 1670 poulinières. Ces chiffres le placent loin derrière les races bretonne, comtoise et percheronne. Il est important de préserver le patrimoine génétique du cob normand car il constitue un excellent réservoir pour la production de chevaux de selle. Pour l'attelage, il permettra sans doute de développer un animal à la fois adapté et sportif.
Bon à savoir
Comme beaucoup de chevaux de trait, le cob normand est souvent logé en stalle. Il s'y prête de bon gré, mais il n'en reste pas moins vrai que ce mode d'hébergement n'est pas adapté aux chevaux, si placides soient-ils.
Le saviez-vous ?
En Angleterre, on appelle cob les demi-sang qui sont utilisés aussi bien pour la selle que pour l'attelage. Leur gabarit, bien que plus solide que celui des chevaux de selle, est un peu plus fin que celui des cobs normands. Le cob anglais n'est toutefois pas une race, mais un type morphologique.
La force d'un normand
Le cob normand est sans doute le plus léger des chevaux de trait français. Il se déplace souvent avec brio, notamment au trot. Il bénéficie d'une longévité exceptionnelle et d'une santé remarquable.
Origine
Le haras de Saint-Lô et le haras du Pin sont aujourd'hui les deux principaux lieux d'élevage du cob normand. Mais le véritable berceau de la race est incontestable- ment la Manche, avec son sol calcaire et ses riches pâturages.

Type et tempérament

Modèle
Tête imposante avec un front large et des yeux plutôt petits qui expriment son tempérament docile. Le chanfrein est parfois busqué. L'encolure est forte et bien formée. Dans l'ensemble, le modèle est trapu et puissant, assez carré, avec une épaule forte et un peu plus inclinée que celle de la plupart des traits, ce qui lui donne une action ample. Charpenté, avec une ossature solide, il possède des membres plutôt courts, mais sans épaisseur. La jambe est très musclée et le jarret bien placé. Depuis quelques années, il est interdit d'amputer la queue des cobs normands, comme cela se pratiquait autrefois. Le cob est plutôt grand : de 1,60 m à 1,70 m.
Robe
La robe la plus fréquente est l'alezan, mais on trouve aussi des bais et quelques rares gris, aubères et rouans.
Caractère
Le cob est réputé pour son courage et son énergie. Il est beaucoup moins placide que ses cousins de trait lourds, mais sait se montrer docile comme tous les chevaux d'attelage.

Le toucher

Parler de l'ouïe, de la vue ou encore de l'odorat du cheval semble naturel. Mais on songe rarement à évoquer son toucher, un sens pourtant très important chez ce grand quadrupède.

Une sensibilité à fleur de peau

Dès qu'on évoque le toucher, on pense aux doigts et à la main. Mais c'est oublier que ce sens n'est pas propre à l'homme : il concerne en effet toute la surface du corps des animaux.
Hypersensibilité
Si l'on touche une chenille avec une brindille, on la voit immédiatement se contracter, réagir, se déplacer pour éviter ce contact. Si l'on est soi-même heurté si peu que ce soit, à un bras, au dos ou ailleurs, on sent cet attouchement et on cherche instantanément à savoir ce qui l'a provoqué. Le cheval est lui aussi sensible sur tout son corps. Il est même très sensible, son sens du toucher étant extrêmement développé. Ainsi, le simple contact d'une mouche, sur presque toutes les parties de son corps, fait immédiatement frémir sa peau.
Le toucher : une source de plaisir
Qui dit sensibilité de la peau dit aussi conscience des caresses. Et les chevaux aiment les caresses! Celles de leurs congénères, bien sûr, avec lequels ils peuvent, tête-bêche, se gratter, se mordiller mutuellement la base de l'encolure. Mais ils aiment aussi les caresses de l'homme. Et pas seulement les tapotement amicaux sur l'encolure, destinés à les récompenser d'un effort au cours d'une balade ou après un parcours sans faute. A ces flatteries, ils préfèrent une longue séance de pansage, pour autant qu'elle soit correctement effectuée (sans passer l'étrille sur les os, par exemple). Ainsi, lorsque le pansage lui est agréable, il n'est pas rare que le cheval se mette à mordiller délicatement celle ou celui qui le panse. Exactement comme il ferait avec un congénère en train de lui gratter le cuir du garrot.
Un sens inégalement réparti
La peau, parcourue de nerfs sous-jacents, est donc le siège du sens du toucher. Ces nerfs sont plus ou moins nombreux et développés selon les zones du corps. Ainsi, le bas des jambes est relativement peu sensible aux mouches, alors que l'animal supporte difficilement la présence de ces insectes sur le pourtour des yeux et de la bouche.
La preuve par les « grattouilles »
Comme tout organe, la peau du cheval peut être agressée de bien des manières (irritations, hématomes, maladies, etc.). On voit alors l'animal se gratter, par exemple derrière la tête avec un de ses postérieurs, ou se frotter la croupe contre un arbre en manifestant une satisfaction visible. N'est-ce pas là une preuve de plus de la sensibilité de sa peau ?
Des « poils-mains »
Les vibrisses, ces longs poils tactiles qui ornent le bout du nez du cheval, sont pour lui l'égal d'une véritable main. C'est grâce à elles qu'il découvre, qu'il « ausculte » les objets excitant sa curiosité. Toucher quelque chose du bout du nez est plus important pour lui que de le voir. Et si on coupe ses vibrisses, sous prétexte de toilette, on le voit alors se heurter brutalement les lèvres au bord de sa mangeoire. Pourquoi? Parce qu'il ne peut plus tâtonner pour la trouver.

La sensibilité des pieds : une source d'informations

Les chevaux libres ont un pied très sûr. Une grande sensibilité leur permet de jauger sans erreur le sol sur lequel ils marchent et de poser les pieds avec une grande précision.
Une marche adaptée au terrain
Chez le cheval, le pied est l'un des sièges privilégiés de la sensibilité tactile. La chair située sous la sole et la fourchette, très riche en vaisseaux sanguins et en terminaisons nerveuses, perçoit la moindre aspérité du terrain ­ solide, marécageux, caillouteux, sablonneux, etc. ­ et permet au cheval d'adapter son équilibre, le déplacement de ses membres et son allure en fonction des informations reçues. Et quatre pieds, ça donne beaucoup d'informations!
Plus doucement ou plus vite ?
Une nuit, en Inde, un cavalier français suivait un guide sur un mauvais sentier, pour retourner en ville. Trouvant l'allure du cavalier du pays un peu rapide dans l'obscurité, il lui demanda de ralentir. Mais sa mauvaise connaissance de la langue, lui fit dire « Plus vite ! » au lieu de « Plus doucement ! ». Le guide fut étonné, mais il accéléra. La galopade à travers la nuit noire devenant très risquée, le Français redemanda de ralentir. En se trompant encore de mots ! Et l'allure s'accéléra encore... Cette folle chevauchée se termina sans que les chevaux aient buté ou fait un seul faux pas. Mais il faut préciser que les deux cavaliers avaient complètement rendu la main à leur monture : un cheval libre « voit » avec ses pieds !
Attention, danger !
Pour faire disparaître certaines boiteries, on procède parfois à une opération: la névrotomie. Mais il s'agit d'une véritable modification du pied du cheval, qui présente de sérieux inconvénients: ce pied perd toute sensibilité tactile. En conséquence, le cheval n'est plus très sûr lorsque le terrain est varié, comme à travers landes et forêts.
Toucher et équitation
C'est évidemment en faisant appel à la sensibilité tactile de tout le corps du cheval que le cavalier parvient à obtenir de lui ce qu'il souhaite. Car que donneraient les effets de rênes, les actions de jambes ou les déplacements d'assiette sur un animal dépourvu du sens du toucher ?

La souplesse du cheval et du cavalier

La souplesse est souvent un des éléments clés de la performance. Le cheval aussi bien que le cavalier doivent s'entraîner pour acquérir cette qualité, pour l'améliorer et la conserver.

L'assouplissement du cavalier

La plupart des cavaliers s'intéressent davantage à la souplesse de leur cheval qu'à la leur. Pourtant, étirements et assouplissements font partie de l'hygiène élémentaire des sportifs, cavalier compris.
Avant de monter
Avant de se mettre en selle, le cavalier devrait se livrer à quelques exercices d'étirement afin de préparer ses muscles à l’effort. Cette petite préparation de quelques minutes évite bien des accidents. Les muscles des jambes sont concernés au premier chef ; ceux qui se trouvent à l'avant et à l'arrière de la cuisse, mais aussi ceux qui sont situés à l'intérieur de la jambe : les adducteurs. Pensez aussi à faire quelques étirements des mollets et des chevilles. Pour les cavaliers d'obstacle, quelques flexions de la nuque sont utiles.
En descendant de cheval
Afin de détendre vos muscles après l'effort, livrez-vous, après chaque reprise, à une courte séance d'étirements. Les exercices sont les mêmes que ceux qui sont pratiqués avant de mettre en selle.
En dehors du centre équestre
L’équitation n'est pas un sport très complet et il est bon de pratiquer en parallèle un autre sport qui développe davantage l'endurance et la souplesse. La natation, le jogging, le roller, la danse, le vélo sont des disciplines souvent pratiquées par les cavaliers. Il est également recommandé de prendre le temps de faire quotidiennement des exercices d'assouplissement.
Les sports qui assouplissent
  • La natation est sans doute le sport de complément le plus souvent associé à l'équitation. Elle a l'avantage de bien muscler le dos, d'assouplir les muscles des épaules et d'étirer ceux des jambes.
  • La danse est également une excellente école qui permet de bien connaître son corps. Elle entretient à la fois la souplesse, la musculation et la résistance.
  • La gymnastique rythmique convient aussi très bien, mais concerne plutôt les jeunes cavaliers.
  • La voltige est excellente pour la souplesse et, bel avantage, ne nous éloigne pas des chevaux.
  • Pensez aussi au yoga et aux arts martiaux.
Quelques assouplissements pour le cavalier
  • Pour tendre les muscles de la face antérieure de la cuisse, tenez vous debout, bien droit. Pliez une jambe, attrapez le pied et tirez votre talon tout contre votre fesse en prenant soin de ne pas laisser avancer votre genou (figure 1)






  • Pour tendre les muscles postérieurs de la cuisse, assoyez-vous, une jambe en extension en avant, l'autre repliée en arrière. Fléchissez votre buste sur la jambe allongée. Changez ensuite de jambe (figure 2).



    • Pour étendre les muscles adducteur des cuisses, tenez-vous debout et posez un pied, de côté, sur un banc ou sur un tabouret. Inclinez votre buste, toujours de côté, vers votre jambe ainsi surélevée. Changez ensuite de jambe (figure 3).




    • Pour assouplir vos chevilles, tenez-vous debout sur une marche, en y posant seulement le premier tiers des pieds. En gardant les jambes tendues, faites monter et descendre les talons (figure 4).





    • Ou bien mettez vous en appui contre un mur, une jambe fléchie en avant, l'autre franchement en arrière, le talon restant plaqué au sol (figure 5).

     

     

     

     

     

    L'assouplissement du cheval

    Les assouplissements font partie du travail quotidien des chevaux, qu'ils rendent plus disponibles et plus agréables à monter
    En long, en large et en travers
    Il faut assouplir le cheval aussi bien dans le sens latéral que dans le sens longitudinal. Le travail sur les figures de manège et, tous les exercices sur deux ou trois pistes (épaule en dedans, croupe au mur, etc.) assouplissent latéralement. Les variations d'allure, les allongements, la recherche du rassembler, mais aussi le travail en terrain varié et le saut étirent le dos du cheval et lui permettent de bien engager ses postérieurs. Ces exercices font aussi travailler ses abdominaux (davantage en contraction qu'en étirement, sauf pour le saut).
    Ne pas demander trop
    La difficulté, pour le cavalier, consiste à proposer à sa monture des exercices qui correspondent â son niveau d'entraînement. Imaginez, par exemple, qu'on vous oblige à faire le grand écart alors que vous parvenez à peine à toucher la pointe de vos pieds jambes tendues : quand on force, la souffrance est au rendez-vous et les lésions ne sont pas loin !
    C'est ce qui arrive à certains chevaux que l'on contraint à se ployer ou à s'étirer à l'aide d'enrênements plus ou moins coercitifs et qui, s'ils ne sont pas définitivement abîmés, résistent en développant des attitudes fausses et contractées. Les mots d'ordre en matière d'assouplissement sont :
    • Ne jamais forcer son cheval ;
    • Ne pas demander plus que l'animal ne peut donner ;
    • Savoir se montrer très progressif dans ses exigences.

    Le cheval en groupe

    Le cheval de randonnée apprécie au moins autant que son cavalier le fait d'évoluer en groupe : pour un animal aussi grégaire, la présence de ses congénères est synonyme de confort et de sécurité. Il en oublierait presque ses devoirs !

    Facilité et complication !

    En flattant l'instinct grégaire du cheval, le travail en groupe semble faciliter celui du cavalier. Attention, cependant, car la médaille a son revers.
    Pilotage automatique
    Lorsqu'il évolue en groupe, derrière un chef de file, le cheval retrouve l'ambiance familière et rassurante du troupeau : il n'a plus qu'à se laisser faire, la voie est ouverte, la piste est sûre. Sa tendance naturelle consiste alors à suivre exactement celui qui le précède, à marcher là où il a marché, à calquer sur lui ses allures. Dans ces conditions, le cavalier risque de perdre peu à peu son rôle normal de leader et de devenir un simple passager clandestin. C'est assez reposant lorsqu'on souhaite se détendre, regarder le paysage ou discuter. Mais, parfois, on aimerait reprendre le contrôle, s'éloigner du groupe, modérer l'allure. On s'aperçoit alors soudain que le cheval n'obéit plus.
    Garder le contrôle
    Deux raisons expliquent cette rapide perte d'autorité :
    • L'habitude : si le cheval passe 90% de son temps à suivre et à imiter ses congénères plutôt qu'à écouter son cavalier, il aura tendance à généraliser ce comportement. Il suffit, en principe, de maintenir l'équilibre entre travail en groupe et travail individuel (promenade, carrière) pour éviter ce problème.
    • L'absence de repères : pour un cheval, ce qui est permis de temps à autre est considéré comme toujours autorisé. L'erreur commise par la plupart des cavaliers, en groupe, c'est de laisser leur monture prendre des initiatives, en particulier celle de changer d'allure, sans en avoir reçu l'ordre. Il suffirait d'être un peu plus vigilant, d'anticiper les mouvements du groupe, pour donner le signal de la transition à temps ou, même, avec un léger retard. Ainsi le cheval conserverait l'habitude de respecter la volonté de son cavalier.
    Mise en confiance
    Le groupe rassure le cheval face aux surprises de son environnement. Il acceptera volontiers de traverser un ruisseau, de franchir un fossé ou de croiser des véhicules s'il est précédé par ses congénères. Le revers de la médaille, c'est qu'à force de soigner la peur par la « thérapie de groupe », le cavalier risque de ne jamais établir de relation de confiance avec sa monture. Celle-ci donnera l'impression de passer partout tant qu'elle sera bien entourée, mais s'inquiétera devant les mêmes éléments une fois seule avec son cavalier. Il est donc important de varier les situations en donnant sa place au travail individuel.

    Les secret d’une cohabitation pacifique

    Comme il le ferait dans le troupeau, le cheval va chercher à établir sa place dans le groupe. Une source potentielle de conflit qu'il faut savoir gérer.
    Laisser faire...
    Lorsque les chevaux sont montés par des cavaliers peu assurés, incapables de maîtriser les réactions de leur monture, la hiérarchie naturelle est presque incontournable. L'accompagnateur place les chevaux dans la file en respectant les rapports de dominance qui se sont établis au pré, ce qui lui permet d'obtenir une colonne bien stable. En effet, par respect pour le dominant qui le précède, chaque dominé tient ses distances et s'abstient de dépasser. Ainsi, le groupe reste en ordre malgré le manque de compétence des cavaliers.
    ... ou intervenir?
    Mais dès que les cavaliers maîtrisent leur monture, il n'est plus possible de laisser celles-ci décider de l'organisation hiérarchique. Sinon, adieu la liberté de dépasser, de changer de place dans la colonne, de marcher de front, etc. On risque des menaces, des tentatives d'intimidation, des coups de pied. Toute cohabitation avec des chevaux inconnus se révélerait risquée, les rapports hiérarchiques n'ayant pu être préalablement établis en liberté. La solution, c'est de demander au cheval de faire taire ses pulsions et de s'en remettre complètement à l'arbitrage de son cavalier, qui joue le rôle d'un « super-dominant ». Pour ce faire, il faut que l'homme ait pris sur sa monture un fort ascendant et qu'il veille au grain en protestant au moindre signe de menace ou d'agression.
    Le coin du pro
    Pour évoluer en groupe sans perdre son ascendant sur sa monture, voici quelques comportements clés, à connaître et à adopter :
    • Continuer à donner chaque signal de changement d'allure pour ne pas laisser le cheval imiter bêtement le groupe ;
    • Changer régulièrement de position dans la colonne : marcher de front, en tête, en queue ;
    • Faire régulièrement de petits crochets pour tester la direction : aller, par exemple, on tourner un arbre ou un poteau proche (il est bon d'avoir un but concret).
    S'affirmer hiérarchiquement
    Pour obtenir une meilleure écoute de son cheval malgré la présence du groupe et mettre fin à d'éventuelles manifestations agressives, la solution est simple : le cavalier doit s'affirmer comme le leader. L'essentiel de ce travail se fait en main. Quelques pistes à suivre :
    • ne jamais se laisser dépasser par le cheval ;
    • lui réclamer le respect des distances de sécurité ;
    • ne jamais s'écarter devant lui mais, ou contraire, lui apprendre à « faire place » ;
    • le promener en main en respectant ces règles.

    Seller

    Après quelques leçons, vous commencez à vous familiariser avec le cheval. Vous allez pouvoir le préparer et la harnacher vous-même. Seller est un geste simple, qui ne demande pas beaucoup de technique, simplement un peu d'attention : il s'agit d'assurer le confort du cheval et votre sécurité.

    Seller ou brider : par quoi commencer ?

    Si votre cheval est attaché avec un licol, sellez avant de brider. Mais si vous le sellez au box, commencez toujours par le brider. Vous éviterez ainsi qu'il se sauve ou qu'il se roule sur le dos avec la selle, au risque de briser l'arçon.
    Au travail
    1. Tirez la selle de son support de la main droite et glissez votre bras gauche sous le tapis de selle, côté pommeau. Le pommeau est bien calé dans le creux du coude et vous gardez une main libre.
    2. Posez le filet sur la barrière ou sur la porte du box. Placez-vous à gauche du cheval. Saisissez le troussequin de votre rnain droite. Prévenez le cheval, puis soulevez la selle au-dessus de son dos et posez-la un peu en avant de sa vraie place.
    3. Dégarrottez. Ce geste essentiel consiste à tirer un peu le tapis de selle vers le haut en le faisant remonter contre le pommeau, de façon à dégager le garrot du cheval. Un tapis non dégarrotté risque de blesser le cheval. Faites glisser la selle en arrière jusqu'à sa place, en lissant le poil.
    4. Passez de l'autre côté du cheval et vérifiez que le tapis ou les quartiers ne se sont pas pliés. Faites descendre la sangle doucement en prenant soin de ne pas laisser les boucles cogner contre l'antérieur du cheval. Repassez à gauche du cheval. Penchez-vous et tendez le bras pour attraper la sangle.
    5. Ajustez la sangle sans la serrer en utilisant les deux contre-sanglons extérieurs. Bridez votre cheval, puis rattachez-le avec le licol par-dessus le filet, ou bien passez les rênes dans votre coude si le cheval est calme.
    6. Réglez vos étriers à votre taille. Descendez-les le long des étrivières. On dit que les étriers se règlent à la longueur du bras. C'est une approximation qui peut vous aider au départ. Glissez les doigts d'une main sous le petit quartier et de l'autre main amenez la semelle de l'étrier sous votre aisselle. Ajustez l'étrivière pour qu'elle soit tendue dans cette position.
    7. Remontez les étriers et conduisez votre cheval au manège. Avant de monter, resserrez la sangle d'un ou deux trous afin que la selle ne tourne pas lorsque vous monterez à cheval. Descendez ensuite les étriers et ... à cheval !
    Le bon geste
    Votre cheval est prêt mais la reprise ne commence que dans 5 minutes. Coincez les rênes en les passant derrière les étrivières pour qu'elles ne risquent pas de tomber à terre si le cheval baisse la tête.
    Les différentes parties de la selle
    1. Troussequin
    2. Siège
    3. Pommeau
    4. Petit quartier
    5. Etrier
    6. Quartier
    7. Etrivière
    8. Sanglons
    9. Sangle
    10. Arçon
    11. Contre-sanglons
    12. Faux-quartier

    Les allures en dressage

    En dressage, l'ensemble de la prestation repose sur la qualité des allures. Quels que soient les dons naturels du cheval, seul un excellent travail de dressage lui permet de développer pleinement la beauté et la fluidité des mouvements.

    Des allures naturelles

    Un bon travail de dressage permet d'améliorer et d'embellir les allures d'un cheval, mais il ne pourra jamais lui donner ce qu'il ne possède pas. Une monture que l'on destine à cette discipline doit donc posséder naturellement de belles allures.
    Juger les allures naturelles
    On ne peut les juger chez un cheval monté : il faut observer l'animal en liberté, sur une surface suffisamment grande pour qu'il exprime librement son dynamisme. Avant de le lâcher, regardez-le marcher au pas en main, en ligne droite, s'éloignant de vous puis revenant vers vous. Son pas doit être généreux, souple, parfaitement droit et régulier.
    Lâchez ensuite le cheval. Ses allures doivent être amples, élastiques et régulières. Au trot, il bondit souplement d'un diagonal sur l'autre, en se propulsant fortement avec les postérieurs. Le geste des antérieurs part de l'épaule (et non du genou), le membre développant un mouvement généreux et souple.
    Au galop, le cheval se détache du sol avec élasticité. Il est capable de modifier sa direction brusquement, en changeant de pied spontanément.
    Retrouver les allures naturelles
    Ces allures brillantes ne se retrouvent pas forcément sous la selle : lors du débourrage, le poulain se contracte sous le poids du cavalier et adopte des allures plus étriquées et plus contraintes. S'il n'est pas correctement et patiemment gymnastiqué, il risque de s'installer dans ces allures appauvries.
    L'objectif d'un bon débourrage est donc de permettre au cheval, dans un premier temps, de retrouver l'aisance et la force de ses allures naturelles. Le but premier du dresseur est de développer l'impulsion du poulain monté, dans une attitude décontractée. Ensuite, par une gymnastique régulière, de l'amener progressivement à modifier son équilibre et à déplacer une partie de son poids des épaules vers les hanches.
    Accéder aux allures rassemblées
    Ce déplacement du poids du corps permet au cheval, petit à petit, de se redresser. Il se rapproche alors de l'attitude rassemblée qu'il adopte dans la nature dans certaines circonstances : combat, intimidation, parade... L'encolure est portée haute et fléchie, la tête ramenée presque à la verticale, les hanches abaissées. Le cheval lève haut les membres et raccourcit ses foulées sans réduire la force de la propulsion.
    Dans ces allures rassemblées, l'impulsion, très importante, est canalisée pour s'exprimer verticalement. Ce n'est possible que dans un équilibre parfait, avec un cheval léger disposant d'une souplesse et d'une puissance considérables. Un cheval non dressé ne peut les soutenir que quelques instants. Le travail aux allures rassemblées est le résultat d'années de gymnastique.
    Bon à savoir
    Seul un cheval parfaitement gymnastiqué, possédant la musculature et la souplesse d'un athlète, peut soutenir des allures rassemblées. Mais, même alors, elles lui imposent un effort important. Il faut lui accorder régulièrement des récréations rênes longues, encolure libre.
    Le coin du pro
    Chaque gradation d'allure a son attitude. Plus l'allure est rassemblée, plus l'attitude générale du cheval est relevée et ramassée. Plus l'allure s'allonge, plus l'attitude s'étend.

    La gamme des allures

    Le cheval de dressage doit maîtriser parfaitement les transitions ascendantes et descendantes entre les allures et à l'intérieur de chaque allure.
    Le règlement
    Le règlement de la Fédération équestre internationale définit pour chaque allure quatre gradations possibles. On trouve ainsi:
    • le pas rassemblé, le pas moyen, le pas allongé et le pas libre ;
    • le trot rassemblé, le trot de travail, le trot moyen et le trot allongé ;
    • le galop rassemblé, le galop de travail, le galop moyen et le galop allongé.
    En fait, il est évident que cette gradation est pratiquement infinie, et que la distinction entre une gradation et l'autre est parfois difficile à définir.
    On attend des allures qu'elles soient franches, régulières, avec une cadence lente et égale à l'intérieur d'une même allure. Dans les allures rassemblées, le cheval fait des foulées plus courtes, mais il est plus léger et plus mobile. Les hanches sont actives, l'impulsion venant de l'arrière-main.
    Les allures artificielles
    Les allures artificielles sont le passage et le piaffer. Ce sont des allures relevées et diagonalisées : le cheval lève fortement ses membres en les fléchissant, par diagonal ; il se propulse puissamment, dans une cadence lente. Au passage, le cheval fait des foulées très élastiques, très courtes, avec un temps de suspension entre le poser de chaque diagonal. Au piaffer, il passe d'un diagonal sur l'autre avec légèreté, en restant sur place.
    Gros plan
    Même dans les épreuves internationales, il est rare de voir un vrai passage ou un vrai piaffer, avec un cheval léger, qui danse gracieusement d'un diagonal sur l'autre, avec régularité. Trop souvent, les allures relevées sont obtenues par une véritable « compression » du cheval entre les mains et les jambes : on voit alors des cavaliers semblant porter leur monture, des chevaux contraints, coincés dans leur encolure et dans leur bouche, qui exécutent à force d'actions peu discrètes un trépignement impatient qui a peu à voir avec les airs d'école.

    Les chaps

    Ces jambières de cuir nous viennent d'Amérique. Les uns les trouvent élégantes, d'autres les jugent « folkloriques ». Ceux qui les ont adoptées savent qu'elles sont avant tout fort pratiques.

    Une invention toute simple

    Des cavaliers convertis
    Au XVIe siècle, à la suite de la découverte de l'Amérique, des prêcheurs investirent ce qui est aujourd'hui le Mexique et le Sud-Ouest des États-Unis. Ils fondèrent quantité de missions, qui vivaient de l'exploitation de troupeaux de bovins, de la production de suif et de cuir. Dans les grands espaces dépourvus de haies et de clôtures, le bétail ne pouvait être gardé et rassemblé qu'à cheval. Les religieux confièrent cette tâche à des Indiens convertis, auxquels ils fournirent des chevaux (alors rares sur le continent américain). Ces nouveaux cavaliers montaient à cheval dans le costume qui était le leur, et qui comprenait des jambières de cuir.
    L'héritage des Indiens
    Au fil du temps, le continent américain se peupla. Progressivement, pour travailler les troupeaux dans les immensités arides et désolées, les Indiens furent remplacés par des immigrants blancs d'origine espagnole, les vaqueros. Ces derniers adoptèrent les jambières de cuir chères aux Indiens, qui protégeaient efficacement et confortablement les jambes.
    Multiples modèles et multiples appellations
    Ces jambières revêtaient une multitude de formes. En Californie, où l'été est très chaud, les vaqueros affectionnaient les chaps boutonnées sur le côté, baptisées calzoneras. Ils pouvaient ainsi les laisser ouvertes jusqu'aux genoux (un peu d'air!) lorsqu'ils n'étaient pas à cheval. Certains adoptaient les botas de ala, simples bas de pantalon, qu'ils fixaient par dessus leurs bottes. Un grand nombre montaient avec des étriers couverts d'épaisses coquilles de cuir, les tapaderos.
    Le cow-boy, dernier imitateur
    Les cow-boys (d'origine anglo-saxonne), qui succédèrent aux vaqueros, portèrent eux aussi des jambières. Ils leur donnèrent le nom de chaps, abréviation de chaparreras ­ appellation générique, au Mexique, de toutes les protections de jambes. A leur tour, ils en imaginèrent divers modèles, en général avec poches. Les shotguns, «coup de fusil», étaient étroites, tandis que les batwings, « ailes de chauve-souris », étaient assez larges pour protéger quelque peu les flancs de la monture. Les cow-boys du Nord-Ouest préféraient les leggins, autre nom des chaps, en peau de mouton ou, mieux encore, en peau d'ours.

    L'ancien devenu moderne

    Les randonneurs d'abord
    Les chaps sont d'une grande utilité pour les randonneurs. Plus confortables que les bottes ­ surtout lorsqu'il faut marcher à côté du cheval ­ elles protègent les jambes des branches et des épines et, à condition d'être bien huilées, de la pluie. D'autres cavaliers ont adopté les chaps pour leur confort et parce qu'elles s'enlèvent et se mettent facilement. Les professionnels, qui montent plusieurs fois par jour, les apprécient particulièrement. Les modèles courants de chaps, en cuir ou en nubuck, munis d'une longue fermeture sur le côté extérieur de la jambe, sont relativement onéreux. On trouve dans les magasins de matériel western une grande variété de chaps. Certaines sont très belles et inabordables.
    L'avènement des mini-chaps
    Dans les clubs, de nombreux cavaliers ne montent plus désormais qu'avec des mini-chaps, sortes de guêtres qui s'arrêtent à mi-jambe et remplacent avantageusement les bottes. Elles sont plus souples, moins chaudes et peuvent se mettre et se retirer facilement. Un élastique ou une courroie les fixe sous le pied. Les premiers prix sont très abordables. Les modèles les plus sophistiqués, galbants, permettent une parfaite adhérence du mollet.

    Choisir et acheter le fourrage

    Le fourrage constitue la base de l'alimentation de votre compagnon en période d'herbe maigre. Si celui-ci vit au box, il lui est encore plus nécessaire. Apprenez à reconnaître le bon foin et sachez l'acheter au bon moment.

    La chasse au bon fourrage

    Un foin de qualité fleure bon la campagne : c'est la première chose que vous devez remarquer en vous rendant chez l'agriculteur qui vous montre son stock
    Où l'acheter ?
    Le mieux, si vous habitez dans une région rurale consiste à vous rendre chez les agriculteurs qui produisent du fourrage. Vous pourrez juger sur pièces de la qualité de la production.
    Vous pouvez également vous adresser à un négociant en fourrage. En général, il ne livre que par camion entier.
    Enfin, vous pouvez essayer de vous accorder avec un éleveur, un club ou toute autre entreprise équestre à qui vous pourrez racheter une partie de son stock.
    Sous quelle forme l'acheter ?
    Les « petites bottes » sont les plus pratiques quand on a une écurie modeste. Leur poids oscille entre 8 et 12 kg. Elles sont faciles à stocker et légères à manipuler mais, hélas coûteuses à produire car elles nécessitent une longue manipulation. Il devient de plus en plus difficile de les trouver.
    Si vôtre cheval vit au pré, il y a de fortes chances pour que vous ayez pour voisin un agriculteur, chez qui vous pourrez acheter des balles rondes (elles pèsent en moyenne 240 kg pour un diamètre de 1,20 m). Il ne vous reste plus qu'à vous équiper d'un distributeur dans lequel vous ferez placer par le paysan une balle ronde chaque fois que la précédente sera terminée.
    Quand l'acheter ? A quel prix ?
    Le propriétaire averti achète son foin sur pied, vers le mois de mai. Cela signifie qu'il le réserve alors qu'il n'est pas encore coupé. Il se rend sur place et estime la qualité de l'herbe dans les parcelles convoitées. Ce faisant, il se réserve à très bon prix une quantité de foin suffisante et de bonne qualité pour la saison à venir.
    La plupart des gens réservent leur foin après la coupe, quand les prix sont encore corrects et que les granges sont pleines : de juillet à octobre, voire à novembre, c'est encore la bonne période. Celui qui se trouve grange vide entre décembre et avril paiera pour son manque de prévoyance. Le prix peut facilement doubler entre la coupe de mai-juin et février. Le risque est même de ne pas trouver de foin du tout ! !
    Quelle quantité acheter ?
    Cela dépend des conditions de vie et de la taille de votre cheval. S'il vit toute l'année au pré sur une surface supérieure à deux hectares, comptez une à deux tonnes pour l'année, soit 100 à 200 petites bottes, que vous n'utiliserez qu'en hiver. Deux à trois tonnes seront nécessaires si la surface du pré est inférieure.
    Si vous n'avez qu'un petit parc ou si le cheval vit au box, il vous faudra au minimum 300 kg de foin par mois. Faites une réserve de quatre tonnes. Si vous en avez trop, vous trouverez toujours à le revendre vers le mois de mars.

    Quel foin ne pas acheter ?

    Certaines caractéristiques du foin doivent vous faire renoncer immédiatement à l'acheter.
    Le regain
    C'est un excellent foin, parfois recherché ... pour les bovins ! Mais il ne convient pas aux chevaux car il est trop riche. Il se reconnaît aisément : le regain est plus doux au toucher, vert foncé, très lourd. Diarrhée, colique et autres problèmes risquent fort de coucher votre cheval si vous lui en donnez.
    Le foin de deux ans
    C'est un foin qui a été coupé l’été précédant la dernière coupe. Vous pouvez l'acheter, à bas prix, à condition qu'il ait été rentré puis stocké dans de bonnes conditions, à l'abri de la lumière, de la poussière et des « squatters » de toutes sortes (rats, pigeons, etc). Au-delà de deux ans, le foin n'est plus bon pour les chevaux : peu nutritif, trop sec, poussiéreux, il accroît sérieusement les risques de problèmes pulmonaires.
    Et aussi ...
    Évitez les bottes trop serrées, le foin ramassé humide et qui a chauffé, celui qui est resté trop longtemps au soleil entre la coupe et la botteleuse (il est jaune et sec), le foin qui a pris la pluie. Vous les reconnaîtrez sans peine : les bottes sont moisies à l'intérieur, le foin ressemble à de la paille, il est poussiéreux ...

    Tenues de poignées et prises de main

    Voltigeurs, voltigeuses, pour présenter des figures convaincantes et des enchaînements fluides, vous devez travailler vos tenues de poignées et vos prises de mains.

    Tenir, lâcher, enchaîner

    Les principales tenues de poignées s'acquièrent rapidement. La difficulté vient ensuite, quand il faut enchaîner avec précision, tenues et lâchers.
    La bonne tenue
    Le surfaix de voltige est muni de deux poignées fixées latéralement, qui se placent à droite et à gauche du garrot du cheval. L'un des premiers apprentissages du voltigeur consiste à s'efforcer d'attraper et de tenir ces poignées correctement en fonction des différents exercices, afin de jouir de la plus grande force et du meilleur équilibre possibles. La position de la main sur la poignée (plus ou moins haut) est déterminante. Une erreur dans la tenue de poignée peut rendre une figure impossible à réaliser.
    La tenue en pronation
    La tenue de base, qu'on apprend la première, est la tenue en pronation. Les mains prennent les poignées dos vers le ciel, les pouces fermés sur les poignées se faisant face. Cette tenue convient à la plupart des exercices.
    La tenue en supination
    Dans la tenue en supination, ou tenue à l'envers, les paumes des mains sont tournées vers le haut. Les petits doigts, fermés sur la poignée, se font face. En général, le voltigeur recourt à cette position lorsqu'il a besoin de beaucoup de force, pour l'amazone par exemple.
    La tenue mixte
    Dans la tenue de poignée mixte, dite aussi en double inversée, une main est en pronation et l'autre en supination. Le choix de la position de chacune des mains dépend, bien sûr, de la figure à exécuter. Sur un retour de ciseau à main gauche, par exemple, la main gauche est en pronation, la droite en supination.
    La tenue croisée
    La main droite tient la poignée gauche, la main gauche tient la poignée droite. En tenue croisée, les mains sont forcément en pronation. On utilise cette tenue pour des rotations ou des renversements sur l'encolure et retour. Le bras droit doit se placer au-dessus si le mouvement se fait vers la gauche. Le bras gauche vient au-dessus si le mouvement se fait vers la droite.

    Savoir se tenir la main

    Dans les figures à plusieurs, les voltigeurs doivent savoir comment attraper et tenir les mains de leur partenaire.
    Force et sécurité
    Tout comme en gymnastique acrobatique, savoir attraper et tenir correctement la ou les mains de son partenaire est d'une importance capitale. En voltige, la prise de main est déterminante pour la qualité de la figure. Du point de vue de la sécurité, une bonne prise de main est évidemment essentielle.
    La prise verrou
    Le terme « prise de main » est inapproprié : en effet, on n'attrape pas la main de son partenaire. Une telle prise ne permettrait pas une tenue suffisamment stable et forte. La main pourrait glisser. De surcroît, le risque de faire souffrir son partenaire en lui écrasant les doigts, ou en tirant sur un ou plusieurs d'entre eux, est important. En général, on attrape, en fait, son poignet. Cette prise, appelée «prise verrou», assure une excellente tenue. En cas de prise inversée (un partenaire tendant au-dessus de lui sa main à un voltigeur qui se trouve derrière lui) les deux paumes se posent l'une contre l'autre ; l'index et le majeur se placent de part et d'autre du poignet du partenaire.

    PTV : jeux d’adresse, la bordure maraîchère

    Parmi les jeux d'adresse de PTV, la bordure maraîchère est un classique qui résume bien les difficultés de pilotage guettant le cavalier en extérieur. S'engouffrer à allure vive dans un couloir de 50 cm de large n'est pas si facile qu'il y paraît.

    A mi-chemin entre contrôle et contrat

    Pour réussir la bordure maraîchère, le cavalier doit évidemment avoir une bonne maîtrise de sa monture. Mais il doit aussi savoir lui laisser assez d'initiative pour qu'elle participe à l'action.
    La bordure, à quoi ça sert ?
    Il est clair qu'un tel arrangement de barres n'existe pas dans la nature et que la bordure maraîchère est plutôt une représentation symbolique des difficultés de pilotage qui guettent le cavalier d'extérieur : bas-côté étroit au bord d'une route passante sur laquelle il ne ferait pas bon s'égarer ; sentier encombré, le long d'un pré semé où tout écart du cheval marquerait de vilaines traces, propres à le fâcher à jamais avec les paysans du coin, etc. La bordure atteste que le cheval s'en gage là où son cavalier le lui demande, même si ce n'est pas l'endroit le plus dégagé, et qu'il maintient fidèlement sa trajectoire.
    Un pilotage en finesse
    Pour le cavalier, un abord convenable représente la difficulté majeure. En premier lieu, il doit prévenir sa monture de ce qui l'attend, pour éviter un refus dû à la surprise. Faites votre approche à allure modérée, accompagnée d'une indication vocale préalablement enseignée (« Bordure ! », par exemple). Ensuite, l'essentiel consiste à se présenter bien dans l'axe, car des corrections de dernière minute mèneraient droit à la faute. Une fois le franchissement commencé, les dés sont jetés : il ne reste qu'à se faire oublier, rênes légères, poids équitablement réparti, pour laisser le cheval maître de son équilibre.
    Laisser sa part au cheval
    La bordure est bien trop étroite pour permettre une quelconque intervention en cours de route. Aussi est-il indispensable de confier au cheval une partie du travail, en passant quelques contrats avec lui à l'occasion de l'entrainement. Montrez-lui à quoi ressemble la difficulté en insistant sur deux nécessités :
    • on ne touche pas les barres ;
    • on maintient son allure de bout en bout.
    Ce sont des règles faciles à comprendre qu'il prendra volontiers en charge pourvu que le cavalier s'y prenne avec douceur et patience
    Bon à savoir
    Représentation symbolique d'un chemin étroit entre des plantations, la bordure maraîchère est un couloir de 8 m de long et 50 cm de large, construit à l'aide de barres classiques. Pour obtenir les 7 points de la note d'« efficacité », le cheval doit s'y engager sans refus et la parcourir sans changer d'allure, ni toucher les barres, ni sortir un pied. Les deux premières fautes sont pénalisées de 3 points chacune, la troisième entraîne la note zéro pour la difficulté. C'est l'allure de franchissement qui détermine les points de « style » :+3 pour le galop, 0 pour le trot, -2 pour le pas.

    Une formation progressive

    Il est impossible de réussir un franchissement au galop sans un entraînement préalable. Il est indispensable, et plutôt amusant, de faire peu à peu les présentations.
    Un entonnoir de barres
    Avant toute chose, laissez le cheval flairer les barres, les toucher du nez, pour lui permettre de se rassurer. Pour faciliter les premiers essais, on commencera par les écarter, en les disposant en entonnoir. Ainsi, l'animal est canalisé et peut s'habituer tranquillement à la disposition des lieux. On resserrera ensuite la sortie, et plus tard le reste, jusqu'à la largeur fatidique de 50 cm. Il est utile d'avoir dans la poche un lacet étalonné pour faciliter les mesures.
    Donner des responsabilités
    Donnez à votre monture une liberté maximale pendant l'abord et le franchissement (rênes flottantes). Elle doit apprendre à viser d'elle-même l'entrée. Si elle touche la sortie étroite, protestez de la voix sur le champ et recommencez immédiatement. Au contraire, chaque fois qu'elle passe sans encombre, félicitez-la abondamment (voix, caresse, friandise), en continuant quelques foulées bien dans l'axe. Le même esprit de liberté doit guider les allures : lors que vous aborderez les franchissements au trot puis au galop, n'entretenez pas le mouvement : laissez la faute se produire, puis rectifiez-la. Votre monture comprendra ainsi bien mieux quel est son devoir.

    Le Hackney


    Ce cheval anglais est presque uniquement destiné à l'attelage. Mais pas n'importe lequel. En effet, on ne le met jamais aux brancards d'un tombereau ! Car sa légèreté et son panache sont tels qu'il est réservé aux voitures de luxe.

    Un cheval spectaculaire venu de loin

    C'est un étrange cheval que le hackney. Son modèle élégant est aussi frappant que ses allures brillantes, « électriques », très particulières. Il est apprécié en Angleterre et aux États-Unis. Et il est tantôt cheval, tantôt poney !
    Une identité confuse
    Ici, on affirme que le nom de notre cheval anglais vient du français «haquenée». Ailleurs, on jure qu'il est emprunté à celui de la petite ville anglaise de Hackney, dans le comté de Londres. En Angleterre, le mot « hackney » semble avoir été utilisé dès le Moyen Age pour désigner les chevaux de selle. Bref, il faut se contenter d'hypothèses, ce qui ne change rien à la valeur de la race !
    De lointains ancêtres
    Vers l'an 1000, les Danois du roi Knut Le Grand envahirent l'Angleterre, amenant avec eux des chevaux de leur pays. Ces animaux avaient déjà en ce temps la réputation d'être d'excellents trotteurs, aux allures relevées. Par la suite, cette race scandinave fut élevée dans la région de Norfolk. Bien évidemment, elle y fut croisée avec des juments locales. Le résultat fut la formation de la race du trotteur norfolk, l'ancêtre du hackney.
    Quels grands-parents ?
    Quels croisements spécifiques ont ensuite permis la création de la race hackney ? On cite des étalons d'origines diverses qui auraient participé. Et puis d'autres encore ! Si bien qu'à moins d'être un spécialiste fort minutieux, on éprouve d'immenses difficultés à établir la généalogie de notre trotteur. Une seule certitude : la beauté de son trot est inégalée.
    Une belle allure, peu «économique»
    Le trot du hackney est élégant et rapide, mais il n'a rien d'économique. Si on le compare avec celui des trotteurs de course, on constate qu'à cette allure, l'animal gaspille beaucoup d'énergie pour brasser du vent. Mais c'est ce qui plaît à ses amateurs.
    L'élégance au trot
    Le trot du hackney est à la fois relevé et très ample. Tandis que ses postérieurs assurent une poussée puissante, il porte haut ses antérieurs, fléchissant les membres à chaque battue au point que ses sabots lui effleurent le coude. L'action à la fois aérienne et puissante donne presque l'impression que le cheval vole au-dessus du sol.
    Un cheval de parade
    Avant l'ère des chevaux-vapeur, le hackney était très réputé pour son panache à l'attelage. La valeur de cet animal de prestige, principalement recherché par les gens aisés soucieux de mettre en évidence leur prospérité, dépendait plus de sa prestance que de ses performances. On aurait pu penser que l'apparition de l'automobile allait le faire disparaître. Mais il n'en fut rien. Le nombre de hackneys diminua, certes, mais les meilleurs sujets furent conservés dans les élevages.
    Des deux côtés de l’Atlantique
    Le hackney n'est plus élevé dans une région précise. Ce sont généralement de petits éleveurs, propriétaires de deux ou trois juments, qui produisent les sujets de la race. Longtemps tenu en haute estime tant dans son pays d'origine (le Norfolk et le Yorkshire, en Angleterre) que sur le continent, le hackney ne se trouve plus guère qu'en Angleterre et aux Etats-Unis.

    Type et tempérament

    Aux États-Unis comme en Grande-Bretagne, le trot du hackney, fier pour certains, amusant pour d'autres, lui vaut bien des partisans. Quelle que soit sa taille ! Car elle peut sérieusement varier, sans que sa morphologie générale en soit affectée : aux États-Unis, le stud-book de la race ne fait nulle distinction entre chevaux et poneys. Nain ou géant, un hackney est toujours un hackney. Dans l'ensemble, le hackney se présente comme un cheval robuste et élégant à la fois, de bonne stature et d'une longévité souvent étonnante.
    Modèle
    De grands yeux intelligents éclairent la tête harmonieuse et fine, au profil rectiligne ou légèrement convexe. Les oreilles, plutôt petites, ont un dessin élégant. L'encolure est musclée, les épaules fortes. Le garrot saillant descend bas sur le dos, contrairement à celui des chevaux de sport d'aujourd'hui. Le thorax est large et profond, la croupe ronde. Fortes et droites, les jambes longues sont terminées par des pieds bien ronds. La queue est portée haute, ce qui a été accentué par l'anglaisage.
    Taille
    De 1,25 m à 1,55 m : la race est constituée de chevaux et de poneys, ce qui est une exception.
    Robes
    La robe est le plus souvent alezane, alezan brûlé, bai ou noir.
    Caractère
    Le hackney est actif, toujours sur le qui-vive, sans cependant faire preuve d'une excessive nervosité. Son courage et sa franchise sont remarquables.

    Conduire son cheval sur des figures simples

    Vous avez appris à faire tourner le cheval. Vous allez maintenant pouvoir le diriger sur des figures de manège simples. Pour les exécuter correctement, il faut utiliser plusieurs aides simultanément et bien doser leur action.

    Des figures à connaître

    Pour suivre sans difficulté les reprises, vous devez connaître le nom et le tracé des principales figures de manège : cercle, volte, doubler dans la largeur ou la longueur, changement de main dans la diagonale.
    La rêne directe ou rêne d'ouverture
    Pour exécuter ces figures simples, vous emploierez une rêne directe. Pour faire celle-ci vers la gauche, le cavalier bascule légèrement le poignet, les. ongles vers le ciel, en fermant les doigts sur les rênes. Le mouvement de la main se fait latéralement, jamais vers l'arrière. La main droite s'avance légèrement pour permettre au cheval d'incurver son encolure.
    Les aides
    Si vous tournez le guidon de votre vélo sans pédaler, cela ne suffit pas pour vous faire tourner ! Il en va de même quand vous êtes sur votre cheval. Inutile d'écarter la main à 50 cm de l'encolure: si vous ne donnez pas des jambes, le cheval ploiera l'encolure sans engager son corps dans la bonne direction. Pour tourner correctement, vous devez utiliser simultanément : le regard, le poids du corps, les mains et les jambes.
    Changement de main sur la diagonale
    Poussez bien votre cheval dans le coin avant d'amorcer le changement de main. A la sortie du coin, regardez dans la direction où vous souhaitez aller. Ce simple regard oriente votre buste et modifie votre position de façon sensible pour le cheval. Il sait déjà qu'il va tourner. Faites une rêne d'ouverture légère afin d'amener votre cheval sur la diagonale. Poussez-le avec l'assiette. Dès qu'il s'est engagé dans la bonne direction, cessez la rêne d'ouverture et ouvrez bien vos doigts sur les rênes. Gardez vos mains en place et portez votre regard droit devant vous afin que le cheval, lui aussi, reste droit sur la diagonale. En arrivant sur la piste, obligez votre monture à bien faire le coin en utilisant de nouveau la rêne d'ouverture extérieure ou, mieux, si vous la connaissez, une rêne d'appui intérieur, qui poussera ses épaules sur la piste.
    A éviter
    Ne tirez jamais sur la rêne pour faire tourner votre cheval. S'il ploie l'encolure sans s'engager dans la bonne direction, fermez légèrement les doigts sur l'autre rêne, pour corriger la position de l'encolure et, surtout, utilisez votre assiette et vos jambes. Tout mouvement de la rêne active vers l'arrière ralentit le cheval ou l'incite à se raidir sans l'obliger à tourner.

    Un cercle régulier

    Tourner pour prendre la diagonale ou pour faire un doubler est simple car il suffit d'engager le cheval dans la bonne direction puis de continuer tout droit. Tourner sur un cercle est plus subtil car il faut maintenir le cheval sur la courbe.
    Un peu de souplesse
    Avancer sur un cercle demande au cheval une certaine souplesse, donc un certain effort. Lorsqu'il s'engage sur le cercle, il a tendance à ralentir ou à tourner « comme une péniche » en laissant ses hanches chasser vers l'extérieur. Vous devez donc garder une assiette active et donner des jambes si nécessaire. Pour faire un cercle à droite, faites une rêne d'ouverture droite tout en poussant légèrement votre monture avec l'assiette et les jambes. Pensez à l'orientation de votre regard et de votre buste.
    Doser ses actions
    Pour maintenir le cheval sur un cercle bien rond, vous devez doser vos actions : regardez bien où vous allez et visualisez la courbe. Serrez ou desserrez plus ou moins les doigts sur la rêne active pour contrôler la direction du cheval. L'autre main s'avance plus ou moins, ou résiste (les doigts se ferment), pour corriger la courbe. Si le cheval ralentit, donnez des jambes. Si les hanches du cheval chassent reculez votre jambe extérieure. Au moment de rejoindre la piste, desserrez vos doigts sur la rêne active et laissez vos mains reprendre leur place.

    Emotivité et influx nerveux

    Le cheval, comme tous les animaux qui, dans la nature, sont des proies, est un animal très émotif. Les émotions qu'il éprouve et celles qu'il a éprouvées dans le passé dictent sa conduite. Pendant le dressage, soyez attentif aux émotions que vous suscitez chez votre monture.

    Les émotions

    Les émotions participent à la décision et à l'action. Ce sont également des vecteurs de communication entre les animaux et entre les espèces. Elles influencent en permanence le comportement du cheval. Il faut savoir en jouer !
    L'animal ressent-il des émotions ?
    Lorsqu'un cavalier évoque les « émotions » de son cheval, il lit souvent un doute dans le regard de son interlocuteur. La capacité des animaux à ressentir des émotions n'est guère admise. Inconsciemment, on attribue à l'homme le monopole des émotions. Pourtant les équidés, comme la plupart des mammifères, éprouvent des émotions qui déterminent leur comportement.
    La «couleur» de l'émotion
    Voici quelques-unes des émotions primaires que les chevaux partagent avec nous : la joie et la tristesse, la surprise (la curiosité) et le dégoût, la colère et la peur. Ces émotions pourraient être qualifiées de « positives » ou de « négatives ». Elles suscitent le plaisir ou, au contraire, l'aversion.
    Chaque expérience que vit le cheval se colore d'une émotion. Si cette dernière est plutôt agréable, l'animal garde un bon souvenir de la situation et est tenté de la reproduire. Si, au contraire, il éprouve une émotion négative, il aura de l'aversion pour l'expérience qui l'a provoquée. Il évitera autant que possible de se retrouver dans la même situation. Si le renouvellement de cette mauvaise expérience lui est imposé, il l'abordera avec réticence, voire en résistant.
    La part de l'émotion dans le dressage
    Tous les grands maîtres de l'équitation moderne insistent sur la nécessité d'un marquage positif de la mémoire. Il faut toujours laisser les chevaux sur une bonne impression en les récompensant et en leur accordant un moment de repos après l'exécution correcte d'un nouvel exercice. Toute bagarre, toute punition associent, au contraire, un mauvais souvenir à la situation qui l'a fait naître.
    Surdoués de l'empathie
    L'empathie désigne la contagion des émotions. Être doué d'empathie, c'est être capable de percevoir et de ressentir les émotions éprouvées par un autre. Indéniablement, les émotions sont communicatives. Un cheval qui dresse la tête, l'air inquiet, communique sa peur à tout le groupe. Les équidés sont très sensibles aux émotions des autres. Ils perçoivent avec beaucoup d'acuité, chez les humains, la moindre variation émotive

    L’influx nerveux

    La notion d'influx nerveux renvoie à la manière dont les nerfs véhiculent l'information. Mais, le plus souvent, cette expression, dépouillée de sa signification biologique, désigne la propension du cheval à réagir aux sollicitations du cavalier.
    Une expression à oublier
    Un bon influx nerveux, au sens biologique du terme, est ce qui permet au cheval de se montrer attentif aux ordres que lui donne son maître et d'y réagir instantanément. Mais on emploie en général cette expression pour parler d'un cheval nerveux, réactif, émotif, qui a tendance à se porter vivement en avant à la moindre sollicitation. Elle entretient donc une certaine confusion entre obéissance au quart de tour et énervement stérile, entre capacité à réagir vite et émotivité excessive.
    Attentif, mais pas nerveux
    Ne confondez pas, donc, influx nerveux et émotivité. Une monture trop émotive s'énerve facilement. Si c'est le cas, son attention se disperse. L'excès d'émotion génère une certaine confusion dans les réponses que l'animal fait aux demandes du dresseur. Préférez un cheval placide qui répond au quart de tour, mais dans le calme, à vos injonctions, à un animal plein de feu qui fait tout dans le désordre.
    Le geste induit l'émotion
    Chaque émotion est indissociable des comportements qui lui sont liés. Ainsi, un cheval à qui l'on demande de piaffer pendant plusieurs minutes ne tarde pas à éprouver les sentiments qui, dans la nature, provoquent le piaffer. Autrement dit, il est rapidement excité, même si la demande est faite dans le calme. Ce phénomène est bien connu des acteurs qui finissent par éprouver les sentiments qu'ils miment au point de voir leur pression artérielle ou leur rythme cardiaque s'emballer. Voilà pourquoi il ne faut jamais prolonger les exercices qui s'appuient sur des comportements liés, dans la nature, à des états de forte excitation : passage, piaffer, levade, etc.

    Débourrage : tourner

    Pour comprendre les indications du tourner, comme pour tous les apprentissages de base, le cheval doit passer par une préparation sérieuse au sol, en licol puis en filet.

    Le travail préliminaire

    Avant de monter pour la première fois sur le dos de votre poulain, vous avez, bien sûr, procédé à un travail préliminaire qui lui a enseigné les apprentissages de base.
    Établir un code
    En main et en longe, le cheval apprend aisément à marcher, à s'arrêter et à tourner. Cette éducation passe, en particulier, par des indications vocales, qu'il retrouvera ensuite sous la selle. L'une des difficultés du tourner est qu'il n'est pas aisé de trouver un ordre vocal adéquat facilement compréhensible par le cheval. En conséquence, il est indispensable, avant de monter, d'établir un autre code qui permette au cheval de comprendre le principe de l'action latérale sur le mors.
    Céder à la pression
    Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le jeune cheval qui tourne sur une rêne d'ouverture ne cède pas à une traction mais à une pression : celle qu'exerce le mors sur la commissure des lèvres du côté opposé au tourner. Quand vous faites une rêne d'ouverture droite, l'anneau gauche du mors vient en appui contre la lèvre gauche. C'est ainsi que le bout du nez du cheval est amené vers la droite. Or, chez un cheval, la réaction normale à la pression est la résistance. Vous poussez du côté droit : il va pousser à son tour vers vous. Le fait de céder à la pression est le résultat d'un apprentissage.

    Un apprentissage progressif

    En licol
    Avant de mettre un filet à votre cheval, assurez-vous qu'il a bien été éduqué en main. Faites de brèves séances de travail, dans un rond de longe ou, à défaut, dans le manège ou la carrière. Le cheval doit céder à la moindre pression du licol et tourner à la plus légère demande.
    Avec le filet
    Ensuite, procédez de même, en main, mais cette fois avec un filet. La première fois, si le cheval n'est pas accoutumé à ce harnais, employez en même temps un licol ou un caveçon : vous disposerez ainsi d'un moyen de contrôle connu du cheval.
    Monté, en longe
    Passées les toutes premières leçons montées, lorsque le poulain est accoutumé à la présence du cavalier, vous pouvez commencer les enseignements de base, comme le tourner sur une rêne d'ouverture avec l'aide d'une personne à pied. Faites une rêne d'ouverture assez nette, tandis que la personne qui vous assiste fait tourner le cheval à l'aide de la longe. Recommencez plusieurs fois, l'action de l'assistant se faisant de plus en plus discrète, jusqu'à ce que le cheval tourne sur la seule action des rênes.
    Monté, sans longe
    Avant de passer à cette étape, vous devez être sûr que votre. poulain sait se porter en avant sur l'indication des jambes et de la voix. Car, sans mouvement en avant, il est impossible de tourner ! Ce point vérifié, vous pouvez vous lancer dans vos premières leçons de conduite, d'abord au pas, puis au trot. Contentez-vous dans un premier temps du moindre changement de direction et cédez dès que le cheval amorce le bon mouvement.
    Le bon geste
    Si le cheval ne comprend pas bien l'action de la main et ralentit, s'arrête ou se défend contre le mors, posez vos mains et incitez-le fermement à se porter en avant des jambes et de la voix. Votre action est peut-être trop marquée ? Dans le doute, il vaut mieux revenir à l'étape précédente et reprendre le travail en longe.

    Le steeple

    Le steeple est l'une des phases de l'épreuve de fond dans les concours complets de haut niveau, à partir de la catégorie B. Il reproduit les conditions d'une course d'obstacles : le cheval galope rapidement sur une piste, généralement gazonnée, et franchit plusieurs obstacles de volée à un rythme soutenu.

    Un train rapide

    Le steeple-chase est la phase B de l'épreuve de fond. Sa réussite repose principalement sur une bonne maîtrise de la vitesse.
    Enchaînement
    En arrivant du premier routier, le cavalier enchaîne aussitôt sur le steeple. Pour prendre son départ arrêté, le concurrent doit venir s'immobiliser près de la ligne et attendre le compte à rebours du juge. Il n'est pas nécessaire que le cheval soit parfaitement immobile, mais il ne doit en aucun cas faire un départ « lancé ». La plupart des chevaux trépignent et sont difficiles à tenir. Certains cavaliers, pour éviter un faux départ, choisissent de se placer dos à la ligne et se retournent deux secondes avant le départ.
    Prendre le train
    Une fois le départ donné, il faut essayer de prendre le bon train aussi vite que possible pour gagner quelques précieuses secondes. Le temps accordé oblige à tenir un bon rythme. Pour pouvoir reprendre un peu son cheval à l'abord des obstacles, ce qui est souvent sage, il faut donc éviter de perdre la moindre seconde ailleurs.
    Entre vitesse et équilibre
    En principe, les obstacles du steeple ne posent pas de problèmes techniques : ils sont « sautants » et leurs cotes restent raisonnables. La difficulté du steeple provient essentiellement de la vitesse : il faut pouvoir maintenir le train tout en amenant le cheval à modifier son équilibre à l'abord des obstacles par un ralentissement léger. A 700 m/mn, le cheval ne peut ramener ses postérieurs sous lui et s'engager correctement pour le saut.
    Reprendre
    Étant donné la vitesse du parcours, certaine anticipation est indispensable. Reprenez le cheval une vingtaine de mètres avant le pied de l'obstacle en l'obligeant à se redresser un peu et à remettre ses jarrets « sous lui ». Cette intervention doit se faire en douceur, sans bagarre, afin de ne pas casser le rythme du galop. Il suffit de marquer un peu les dernières foulées en maintenant la tête du cheval assez haut. Si le cheval tire, employez un ou plusieurs demi-arrêts légers.

    Savoir revenir au calme

    Il a été démontré qu'un cheval qu'on laisse revenir très progressivement à un rythme plus lent récupère mieux qu'un autre qu'on arrête aussitôt après l'effort. Le second routier est là pour ça.
    Du steeple au routier
    Une fois que la ligne d'arrivée est franchie, laissez votre cheval continuer à son rythme, sans chercher à l'arrêter ou à le ralentir par une intervention dure. lncitez-le de la voix à ralentir. Dirigez-vous vers la zone d'assistance. S'il n'y a pas de problème particulier, enchaînez directement sur le second routier, au trot, puis au pas si le chronomètre le permet. Le temps éventuellement gagné lors du steeple, puis lors du second routier, sera ajouté au temps de repos accordé avant le départ sur le cross. Le cheval bénéficiera donc d'une phase de récupération plus longue.
    En cas de problème
    Il arrive que le cheval perde un fer, qu'il donne des signes de fatigue ou, encore, qu'un sanglon ou une étrivière cèdent. A l'arrivée du steeple, un groom ou une personne capable de vous aider doit se tenir dans la zone d'assistance avec un «kit de secours» : harnachement de rechange, seau d'eau, éponge et serviette-éponge pour rafraîchir le cheval, boisson pour le cavalier. Mieux vaut perdre un peu de temps à la fin du steeple qu'arriver avec un cheval boiteux à la visite vétérinaire qui aura lieu à la fin du second routier.

    Obstacle : rythme et cadence

    Quand il s'agit d'enchaîner plusieurs obstacles, on aborde des notions nouvelles. Il faut trouver la cadence et garder le rythme. Ce sont d'ailleurs des caractéristiques propres aux bons parcours

    Le tempo d'un parcours

    Quand on sent la cadence d'un cheval sur un parcours, on commence à prendre sérieusement goût à l'obstacle !
    Impulsion et cadence
    Pour enchaîner des obstacles sans heurt, vous devez maintenir votre cheval dans une impulsion constante : il se porte en avant d'un bout à l'autre du parcours, qu'il s'agisse d'un enchaînement de trois ou quatre obstacles dans la carrière ou de vos premières expériences en parcours d'entraînement. Impulsion constante ne signifie pas vitesse toujours égale. Mais vous devez trouver la bonne cadence pour votre cheval et chercher à la conserver pendant tout le déroulement des sauts.
    La cadence, qu'est-ce que c'est ?
    En équitation comme en danse, la cadence est la mesure qui règle le mouvement : mettez un métronome en marche et essayez ensuite de marcher en respectant la mesure qu'il donne. Selon le réglage que vous choisissez, vous devrez marcher rapidement ou, au contraire, retenir vos pas. Mais que vos foulées soient longues ou courtes, vos pieds doivent se poser selon une cadence constante. C'est exactement ce dont il est question quand on parle de la cadence du cheval, que ce soit en dressage ou à l'obstacle.
    Trouver la cadence
    La cadence qu'il faut maintenir sur un parcours d'obstacle varie selon les chevaux, et un ensemble de critères complexes comme le niveau de l'épreuve, le barème, etc. A votre niveau, vous devez seulement vous préoccuper d'essayer de sentir dans quelle cadence de galop votre cheval est à l'aise tout en restant énergique et équilibré. Certains chevaux un peu mous doivent être menés à une cadence assez rapide, d'autres, chauds, maintenus dans une cadence un peu lente. Naturellement, trouver la cadence d'un cheval ne se fait pas en une fois. Pour régler l'allure selon la cadence qui convient le mieux à sa monture, il faut bien connaître celle-ci.
    Sur le parcours
    Sur un parcours, le cheval, bien sûr, ralentit et accélère : mais cette vitesse plus ou moins grande doit se traduire par un allongement ou un raccourcissement des foulées plutôt que par une modification de leur tempo : c'est le principe même de la cadence. Apprendre à écouter la cadence, et chercher ensuite à la maintenir durant tout un parcours, vous aidera à éviter les pièges de l'obstacle : la précipitation, la réticence, les pertes d'impulsion dues aux tournants, etc. En effet, pour maintenir la cadence, le cheval doit sans cesse engager ses postérieurs et rester en équilibre : deux conditions qui lui permettent de bien sauter.
    Gros plan
    Quand on "sent" la cadence, on se met dans le train de sa monture : on est dans le mouvement en avant, et toutes les actions que l'on entreprend restent plus facilement en phase avec le cheval. Trouver et respecter la cadence, c'est trouver et respecter le principe même de l'impulsion.
    Bon à savoir
    La qualité de la cadence dépend largement de la qualité de l'impulsion. Un cheval froid ralentit, voire repasse au trot entre les obstacles et dans les tournants, si bien qu'il faut sans cesse le relancer : la cadence est hachée et fait penser à une voiture mal réglée. Une monture surexcitée, ce qui est aussi un défaut d'impulsion, doit être ramenée à la raison par des actions énergiques ; sa cadence, mélange de précipitation et de heurts, étant irrégulière, on peut s'attendre à des fautes sur les obstacles. Un cavalier plein d'appréhension reprend trop fort et relance avec brusquerie : la cadence est inexistante et, souvent, le cheval s'arrête. De même, des actions désordonnées perturbent le rythme et entament l'impulsion du cheval, favorisant fautes et refus.

    Le bon rythme

    Bien que rythme et cadence soient intimement liés, il convient de les distinguer.
    La régularité des sauts
    Tandis que la cadence se rapporte au tempo du galop du cheval, le rythme renvoie plutôt à la vitesse générale maintenue sur le parcours, au tracé plus ou moins serré, à la trajectoire plus ou moins ample, enfin au rythme plus ou moins rapide auquel les sauts se succèdent. Un bon parcours donne l'impression d'être fortement rythmé, les sauts s'enchaînant de façon régulière sans qu'on perçoive de temps morts ou de cassures dans le déroulement.
    Chacun son rythme
    De même que la cadence n'est pas la même pour tous les chevaux, le rythme doit être adapté à votre monture. Certains chevaux rapides et agiles, bondissants, tournent court et avalent les obstacles les uns après les autres à un rythme soutenu. D'autres, plus inexpérimentés ou plus lourds, ont besoin d'un peu plus de temps entre chaque saut. Leur parcours semble posé, réfléchi. Quand on débute en concours, il est sage, en général, de s'en tenir à un rythme moyen, ni trop lent, le cheval risquerait de s'arrêter par défaut de vitesse, ni trop rapide, il pourrait alors refuser à cause d'un abord précipité.
    Le coin du pro
    Naturellement, lorsque l'épreuve est chronométrée ou que l'on est au barrage, il est nécessaire d'accélérer le rythme. Seuls les chevaux les plus agiles parviennent à sauter correctement malgré un rythme un peu bousculé.

    La douche

    Rafraîchissante et hygiénique, la douche doit être réservée aux beaux jours. Le cheval l'apprécie si l'on sait éviter certaines erreurs. Il est tentant de résoudre les problèmes de pansage par un bon coup de jet, mais la douche doit être consommée avec modération !

    La douche : un plaisir et non une corvée

    Une bonne douche donne des résultats éblouissants du point de vue de la toilette ! Il faut respecter quelques règles pour qu'elle reste agréable et profitable au cheval.
    Au travail
    1. Avant de commencer le shampooing, brossez soigneusement la crinière et la queue avec un bouchon ou une brosse en soie. Démêlez la queue mèche par mèche, en défaisant patiemment les nœuds pour ne pas casser ou arracher les crins. Il n'y a qu'ainsi que votre cheval gardera une belle queue fournie et soyeuse.
    2. Utilisez un shampooing spécial pour chevaux ou, à la rigueur, un shampooing naturel et très doux, sans parfum. Versez-le dans un seau et allongez-le avec un peu d'eau tiède. Préparez une éponge. Mouillez votre cheval avec un jet sans pression, o u bien en pluie, en commençant par les membres.Tout en faisant couler l'eau, frictionnez le poil de la main afin que l'eau pénètre bien. Cela masse aussi le cheval et atténue la sensation de froid.
    3. Remontez doucement le jet sur la cuisses, la croupe, les flancs et le dos, les épaules, puis sur l'encolure et la crinière, en prenant soin de ne pas diriger le jet vers la face du cheval.
      N'oubliez pas le ventre, le poitrail et l'intérieur des cuisses. Placez enfin le jet à la naissance de la queue, dirigé vers le bas, pour bien mouiller les crins sur toute leur longueur.
    4. Prenez le seau et l'éponge et shampouinez vigoureusement le cheval sur l'ensemble du corps. Rincez souvent votre éponge sous le jet avant de la replonger dans le shampooing, qui reste ainsi propre. Mouillez abondamment la crinière et frottez la base des crins.
      N'oubliez pas de nettoyer le cheval sous la queue, entre les cuisses, sous le ventre et entre les antérieurs (les ars et interars). Frottez également le creux des paturons et l'arrière des jarrets.
    5. Passez l'éponge sur la figure avec douceur, en évitant le pourtour des yeux et des naseaux. Le shampooing pourrait piquer les muqueuses du cheval, qui ne se laisserait plus shampouiner par la suite. Il est parfois préférable de se contenter de laver la tête à l'eau claire.
      Pour finir, trempez la queue dans le seau de shampooing en remontant celui-ci de bas en haut, et lavez-la comme on lave des cheveux.
    6. Rincez le cheval sur l'ensemble du corps jusqu'à éliminer toute trace de shampooing. Rincez-lui la tête de préférence avec l'éponge.
      «Essorez» ensuite le poil à l'aide d'un couteau de chaleur, sur les parties charnues seulement : plat de l'encolure, épaules, flancs, reins, croupe et cuisses. Essuyez le ventre, le poitrail, la tête et les membres à l'aide d'une serviette éponge ou d'un autre chiffon absorbant propre.
      Essorez la queue en la balançant vigoureusement de part et d'autre comme un fouet. La douche est terminée ! Emmenez votre cheval et laissez-le brouter au soleil jusqu'à ce qu'il soit sec.
    Bon à savoir
    Une douche complète est un bon moyen d'obtenir un cheval superbe en vue d'une présentation ou d'un concours. Le lavage à grande eau est aussi très indiqué pour « récupérer » un cheval qui revient du pré et dont le poil et les crins sont collés par la boue et la poussière. Enfin, quand il fait bien chaud, la douche permet tout simplement de rafraîchir le cheval, de dégraisser son poil et ses crins et de retirer la poussière en profondeur.

    Eau chaude, eau froide : précautions d'emploi

    Peu de robinets extérieurs sont branchés sur l'eau chaude et c'est bien dommage. Une eau tiède serait plus agréable pour le cheval que l'eau glacée qui sort du tuyau.
    A la belle saison uniquement !
    Bien évidemment, une douche complète n'est envisageable qu'à la belle saison, quand le temps est franchement chaud. Le cheval doit être « essoré » au couteau de chaleur et éventuellement frictionné, puis exposé au soleil le temps qu'il sèche. Attention au ventre et au poitrail, où toute l'eau descend et qui mettent longtemps à sécher. Ne mettez pas un cheval encore mouillé à l'ombre ou dans un courant d'air.
    Le coin du pro
    Certains chevaux ne se laissent pas volontiers doucher, notamment près de la tête. Ils gardent sans doute de mauvais souvenirs d'une douche peu délicate. Certaines maladresses peuvent dégoûter le cheval de la douche.
    Tout comme nous, les chevaux redoutent les éclaboussures dans les yeux, dans les oreilles et dans le nez. Ne dirigez jamais le jet vers la figure du cheval. Évitez de shampouiner la tête. Si vous souhaitez le faire, placer le jet à faible pression, dirigé vers l'avant, entre les deux oreilles, de façon que l'eau coule doucement sur la figure. Lavez à l'éponge en prenant soin de ne pas mettre de shampooing près des yeux ou des naseaux.
    N'utilisez pas de jet à forte pression. Lorsque vous mouillez le cheval, faites-le progressivement, en commençant parles membres, afin qu'il ne soit pas surpris par l'eau glacée.

    Marcher au pas

    Allure fondamentale de la randonnée, le pas mérite toute l'attention des cavaliers d'extérieur. Bien sûr, il n'est pas toujours facile d'obtenir du cheval qu'il marche vite sans trottiner et sans changer d'allure lorsque le terrain devient irrégulier, mais c'est un apprentissage essentiel.

    La liberté de balancier est le secret de l'efficacité

    Pour obtenir un bon pas, dans une attitude juste, il faut rendre au cheval son balancier en supprimant tout contact avec la bouche.
    La bonne attitude
    L'attitude idéale pour un pas ample et efficace, c'est une encolure basse et détendue, portée à l'horizontale, dans le prolongement du dos. A cette allure, la tête décrit un large huit en accord avec le mouvement des membres. Si le cavalier gêne ces oscillations, s'il impose une attitude d'encolure relevée, le pas perdra de sa décontraction et de son efficacité.
    Bouche libre, rênes longues
    En extérieur, il est impossible, et même nuisible, d'essayer de garder le contact avec la bouche. Car, dans ces conditions, même s'il a une certaine confiance dans la main, le cheval ne se décontractera pas complètement : il relèvera légèrement l'encolure, réduira les mouvements de son balancier et marchera moins vite. On risque une perte de sensibilité, mais aussi l'excitation et le trottinement. La méthode idéale consiste donc à tenir les rênes à la couture.
    Un réflexe à perdre
    N'importe quel cheval peut apprendre à marcher au pas sans être constamment tenu. Il suffit d'une ou deux séances pour lui expliquer le règlement : cette nouvelle méthode représente pour lui un tel confort qu'il l'acceptera très vite. En revanche, c'est probablement au cavalier que l'apprentissage paraîtra difficile s'il a eu l'habitude de travailler avec des rênes constamment ajustées : le réflexe risque d'être si profondément ancré qu'il aura l'impression d'avoir les mains vides : il cherchera alors inconsciemment à retrouver le contact en raccourcissant les rênes.
    Un contrat à établir
    Pour les premières expériences, on pourra profiter d'un moment où le cheval est calme et demander aux autres membres du groupe de marcher lentement. Il faut donner l'ordre vocal du pas et abandonner les rênes, tenues à la couture. Le cavalier guette alors la faute, la petite secousse du départ au trot, sans anticiper. Quand elle se produit, il intervient aussitôt de la voix, de l'assiette puis des rênes afin de rétablir le pas. Puis, dès qu'il sent que le cheval va obéir, il rend immédiatement toutes les rênes. C'est la récompense du cheval et, en même temps, un moyen de l'aider à marcher correctement.
    La voix
    Elle permet de mieux se faire comprendre et d'économiser la bouche. Il suffit de choisir un ordre désignant le pas (« Au pas», « marche » au autre) et de l'utiliser chaque fois qu'on demande l'allure. Ensuite, on évite de le répéter à tue-tête, mais on s'en sert lorsque le cheval fait une faute ou lorsque quelque chose risque de l'inciter à trotter : un congénère qui dépasse, une irrégularité de terrain, etc. Bien sûr, les rênes doivent intervenir immédiatement si le cheval continue à trotter. Mais, peu à peu, la voix suffit.

    Laissez-lui le temps d’apprendre

    Sauf chez certains chevaux particulièrement bien conformés, le bon pas, comme tout mouvement de gymnastique, est le résultat d'un apprentissage. Il faut éviter de bousculer sa monture.
    Attendre le bon moment
    De nombreux cavaliers commettent l’erreur de pousser leur monture pour lui faire allonger le pas alors qu’elle n’est pas encore dans une bonne attitude et qu’elle n’a pas perdu l’habitude de trottiner. C’est trop tôt et c’est contraindre le cheval à désobéir : n’étant pas encore mûr pour allonger, il prendra le trot ou ignorera la demande du cavalier.
    Des signes qui ne trompent pas
    C'est le cheval qui vous fera sentir quand il sera devenu physiquement capable de tenir un début d'allongement : il étendra de lui-même l'allure dans les légères descentes et sur le chemin du retour. Alors seulement vous pourrez de temps à autre lui demander quelques foulées plus vives.
    S'adapter au groupe
    En attendant qu'un allongement prolongé soit devenu possible, laissez le cheval marcher à son rythme (mais vous pouvez lui demander de rattraper le groupe au trot lorsqu'il a trop de retard). C'est en outre un bon exercice d'indépendance.
    L'usage des jambes
    Lorsqu'on monte un cheval mou, qui flâne et qui ralentit, il est tentant de le pousser et d'entretenir le pas à grand renfort d'assiette et de jambes. Peu à peu, on se met à agir de manière inconsciente, sans que les efforts déployés produisent le moindre effet. Le cheval s'habitue à avancer sans se préoccuper des constantes interventions des jambes. Et si on les desserre, il s'arrête. II n'est pas facile de sortir de ce cercle vicieux à moins de tenir les jambes un peu écartées des flancs et de se munir d'une cravache. Lorsqu'on donnera une pression de jambes, on vérifiera que le cheval accélère aussitôt. Sinon, un petit coup de cravache viendra le rappeler à l'ordre.

    Soins de la jument après le poulinage

    Juste après le poulinage, il faut se garder de trop intervenir. C’est le moment ou se nouent les liens entre la jument et son poulain. Ne troublez pas ces instant essentiels.

    Le suivi des juments suitées

    Après le poulinage, la jument ne nécessite pas de soins particuliers, mais un suivi attentif : pré dès que possible, alimentation adaptée et beaucoup de tranquillité.
    Appeler le vétérinaire
    La plupart des poulinages ont lieu de nuit. Le plus souvent, ils se déroulent sans difficultés et l'on découvre le nouveau-né au petit matin dans le box réservé aux mises bas. Même si tout semble s'être bien passé, il est prudent d'appeler le vétérinaire afin qu'il examine le poulain et la poulinière.
    Respecter l'intimité
    Dans les instants qui suivent la naissance, le poulain et sa mère apprennent à se connaître. Une fois que la jument a léché son poulain, que celui-ci s'est levé et a pris sa première tétée, et à ce moment-là seulement, vous pouvez vous autoriser un bref contact avec lui : approchez-le en lui parlant, caressez-le sur tout le corps et la tête de façon douce et rassurante. Puis disparaissez : il ne faut pas trop interférer dans la relation naissante entre la mère et le poulain.
    Un peu de tranquillité
    Après le poulinage, la jument peut être un peu fatiguée. La mise bas représente un effort important, le poulain sollicite constamment son attention, l'allaitement qui commence lui prend une bonne partie de son énergie. La nature ayant prévu tout cela, aucun soin particulier n'est nécessaire. Contentez-vous de surveiller de loin que tout se déroule bien. Nourrissez la jument selon les conseils du vétérinaire : attention, une alimentation trop riche peut être néfaste ! Accordez-lui beaucoup de tranquillité, si possible au pré.
    Le pré dès que possible
    Le meilleur des fortifiants, pour la jument comme pour le poulain, c'est une bonne pâture. Si le temps est trop froid, il est parfois difficile de mettre la mère et le poulain dehors toute la journée. Guettez les heures où la température est la plus douce pour leur accorder une sortie. C'est essentiel pour le moral de la jument et pour le développement du poulain, qui découvre le monde et commence à se dégourdir. Dès que le temps le permet, pré toute la journée ! Les premiers jours, donnez-leur un pré pour eux seuls, mais rapidement vous pouvez les mettre avec d'autres juments ayant des petits. Cette compagnie est nécessaire pour sociabiliser le poulain.
    Bon à savoir
    Si le poulain naît en début d'année, il peut être nécessaire de donner un supplément de foin ou de grain à la mère. Si le poulain naît normalement à la fin du printemps, les prairies sont le plus souvent assez grasses pour alimenter la jument. Comptez un hectare par poulinière.

    Les complications possibles

    Les soins lors des premières heures devraient, le plus souvent, se limiter à une observation attentive, simplement pour alerter le vétérinaire au cas où quelque chose se passerait mal.
    Une complication fréquente
    La complication la plus fréquente du poulinage est la rétention du placenta. Normalement, la jument doit expulser les déchets placentaires dans les deux à trois heures qui suivent la naissance du poulain. Surveillez la poulinière pour être sûr que tout se passe normalement. Pendant cette phase d'attente, il est prudent de faire un nœud avec les enveloppes du poulain qui pendent de la vulve. On évite ainsi que le poulain et la mère ne marchent sur ces tissus. Si un morceau de placenta reste dans la vulve de la jument, il faut recourir au vétérinaire. Ce dernier pratiquera une injection d'ocytocine afin de déclencher l'évacuation du placenta. Si celle-ci n'intervenait pas dans les sept à huit heures qui suivent la naissance, la poulinière devra être mise sous antibiotique et sous anti-inflammatoire. Le vétérinaire sera peut-être alors amené à extirper lui-même les déchets coincés dans l'utérus.
    Surveiller l'allaitement
    Il faut également surveiller que l'allaitement se passe bien, ce qui est généralement le cas. Examinez attentivement les mamelles pour détecter une éventuelle mammite. Assurez-vous que le petit tète normalement, les mamelles ne doivent être ni dures ni très gonflées et que les trayons sont encore humides de la dernière tétée.
    Le bon geste
    Il faut s'assurer que le poulain parvient à téter dans un délai maximum de trois heures afin qu'il avale le précieux colostrum sécrété par sa mère juste après la naissance. Dans un premier temps, il ne faut pas chercher à aider le nouveau-né : vaincre cette première difficulté est essentiel pour lui. Mais s'il ne parvient pas à se mettre debout ou à trouver les mamelles de sa mère après une ou deux heures, il faut intervenir.
    Gros plan
    Peu de temps après le poulinage, dans les trois à douze jours, la jument connaît une courte période d'œstrus (qui dure de deux à sept jours). C'est ce que l'on nomme les chaleurs de lait. Il faut les guetter si l'on souhaite que la poulinière produise un poulain tous les ans. Dès qu'elle se montre réceptive aux sollicitations du souffleur, il faut sans attendre procéder à la saillie avec l'étalon choisi.