Montées et descentes au pas

Après les premières leçons, on a vite envie de découvrir les plaisirs de se promener dans les prés et les bois. Mais le terrain n'est pas toujours aussi plat et égal que dans un manège ou une carrière. Voici quelques conseils pour bien réagir.

Un effort pour le cheval

En montée, le cheval se fait souvent prier. En descente, il a tendance à se laisser emporter par son poids et à accélérer. Dans les deux cas, il faut bien accompagner le mouvement tout en maintenant sa monture à l'allure désirée. Monter ou descendre demande au cheval, tout comme à nous, un effort particulier. Pour conserver son équilibre et affronter le relief il met à l'épreuve ses muscles et ses articulations. Le rôle du cavalier est alors de contribuer à l'équilibre de sa monture et de la soulager autant que possible dans son effort.
Monter
  1. Marchez d'un bon pas jusqu'au pied de la pente. Imprimez une nette pression des mollets pour que le cheval aborde la côte avec allant. Prenez appui sur vos étriers et mettez-vous en équilibre au-dessus de la selle, comme à l'obstacle. Raccourcissez un peu les rênes, mais gardez les coudes souples: le mouvement de balancier de l'encolure est très marqué pendant l'effort et vous devez l'accompagner.
  2. Entretenez l'impulsion avec les mollets. Gardez les rênes tendues, les mains légèrement écartées pour maintenir votre cheval dans l'axe de la pente. Votre buste est franchement incliné: si la déclivité est importante, il est parallèle à la pente. Vous pouvez saisir une poignée de crins dans une main pour assurer, si nécessaire, votre équilibre. Arrivé en terrain plat, rasseyez-vous et rallongez les rênes.
Descendre
  1. Amenez votre cheval au début de la descente. Laissez-le étendre un peu l'encolure afin qu'il puisse évaluer la pente. Fermez les jambes pour l'engager lentement dans la descente et ouvrez les doigts pour laisser les rênes s'allonger. Le cheval a besoin d'agir librement avec son encolure. Les rênes restent néanmoins tendues. Votre buste doit être perpendiculaire à la pente ou se redresser à la verticale, selon l'importance de la déclivité. Prenez appui sur les étriers et soulevez légèrement vos fesses de la selle. Cela dégage le dos du cheval et lui facilite la tâche.
  2. Votre buste ne doit pas trop partir vers l'avant: maintenez-le toujours proche de la verticale afin de ne pas peser sur les épaules du cheval, ce qui le déséquilibrerait. Vous pouvez prendre appui des deux mains sur la base du garrot, mais prenez soin de conserver les rênes tendues. En arrivant au bas de la pente, soutenez les poignets et fermez les doigts pour prévenir toute accélération du cheval. Une fois en terrain plat, rasseyez-vous et ouvrez les doigts.
La descente demande aussi de l'impulsion
Aussi étrange que cela puisse paraître, la descente autant que la montée demande de l'impulsion : cela ne signifie pas vitesse, mais volonté du cheval de se porter en avant en équilibre. Du côté du cavalier, il faut faire corps avec l'action en anticipant les situations. Ne précédez pas votre cheval, mais ne restez pas non plus, par crainte, en arrière de l'action. Du courage, de l'équilibre : vous verrez que le principe reste le même que l'on descende un talus au pas ou que l'on franchisse une difficulté en cross.
Le coin du pro
Si le cheval n'a pas de raison particulière de grimper un tolus, il est naturellement tenté de se remettre perpendiculairement à la pente, ou même dans le sens de la descente: cela lui paraît bien plus facile ! Pour éviter cette dérive, gardez les rênes tendues et écartez légèrement les mains: cela «encadre» le cheval. Des jambes présentes encouragent le cheval et préviennent les accès de paresse.

Toutes les écoles ne préconisent pas la même attitude

Vous verrez sans doute, sur certaines photos ou dans la réalité, des cavaliers franchir des talus en restant profondément assis dans leur selle. En monte américaine, par exemple, les étriers sont chaussés trop longs pour qu'il soit question de se mettre en suspension au-dessus de la selle ! Mais la selle américaine est adaptée à ce type de monte et les chevaux sont dressés en conséquence. Mieux vaut ne pas chercher à imiter sans comprendre !
Attention, danger !
  • Il ne faut pas vous engager dans une descente si vous n'êtes pas sûr de vous et de votre cheval. Si celui-ci s'énerve ou tente de prendre la main, mettez-le sur un cercle (en raccourcissant si nécessaire la rêne intérieure) et obligez- le à ralentir avant de s'engager.
  • Évaluez soigneusement l'importance de la pente, la qualité du terrain et les éventuelles branches qui pourraient vous gêner. Si le terrain est glissant, caillouteux ou excessivement boueux, choisissez un autre passage.
  • Si vous êtes avec d'autres cavaliers, gardez vos distances, mais sans vous laisser distancer : votre cheval serait tenté de rattraper ses congénères au galop !
A éviter
Le but est de se faire aussi léger qu'une plume et de ne pas entraver les mouvements du cheval. En descente, ne vous asseyez pas lourd ment dans la selle en rejetant les épaules vers l'arrière. cela pèse sur les reins du cheval et lui écrase les jarrets (toutes proportions gardées, selon votre poids !).
En montée, évitez de projeter votre buste vers les oreilles en avançant les fesses au-dessus du pommeau : cela déplace votre poids sur les épaules du cheval, qui ont déjà fort à faire ! En montée comme en descente, vos jambes doivent rester à leur place, légèrement en arrière de la sangle.

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