Le mur

C'est sur un mur que le célèbre Tancarville a battu le record de saut en hauteur : 2,47 m ! Cet obstacle se prête bien à une trajectoire élevée, mais il demande un cheval très franc car son apparence massive, son opacité le font sembler plus haut qu’il n’est.

Avez-vous du cœur ?

Le mur est un obstacle bien particulier, très «sautant» mais relativement impressionnant. Il demande beaucoup d'impulsion et beaucoup de cœur.
Question de formes
Sur les parcours de haut niveau, l'emplacement des obstacles et la distance qui les sépare déterminent, plus que leur forme, la difficulté d'une épreuve. Toutefois, la forme et l'apparence des obstacles ne sont pas sans importance, tant sur les plans physique et technique que sur le plan psychologique.
Deux grandes familles
Schématiquement, on divise les obstacles des concours hippiques en deux grandes catégories : les verticaux et les larges. On ne saute pas de la même façon un droit et un oxer, et le cheval ne réagit pas de la même façon devant un vertical très dépouillé et devant un gros oxer avec haie
.Les verticaux sont en général considérés comme des obstacles plus techniques, qui demandent un cheval équilibré et respectueux, tandis que les larges nécessitent souvent plus de vitesse et de franchise, car ils posent un problème de couverture
.Le mur appartient à la famille des verticaux, bien que sa masse et sa largeur en fassent un obstacle un peu particulier.
Adapter sa technique
Pour sauter un obstacle large, le cheval prend son appel relativement près et développe son saut en s'étendant au- dessus des barres pour couvrir la largeur. Plus l'obstacle est montant, plus la trajectoire est aisée et plus on peut l'aborder avec une certaine vitesse. En revanche, sur un droit, l'appel se prend plutôt loin afin que le sommet de la trajectoire se situe bien au-dessus de l'obstacle. Toute l'impulsion doit se traduire vers le haut pour permettre au cheval de monter son avant-main dans un mouvement franchement vertical et, ensuite, s'enrouler autour de l'obstacle et passer l'arrière-main.
Cadence et équilibre
On obtient ce type de saut avec un cheval qui se redresse et engage fortement ses postérieurs au moment de l'appel. Cela signifie qu'il faut arriver sur un vertical avec un cheval bien équilibré, cadencé, légèrement tendu, sans vitesse excessive, son poids se reportant fortement sur les hanches dans les derniers mètres.
Le mur, un cas particulier
Le mur est un vertical, mais il est un peu plus facile à sauter qu'un droit ordinaire car, son aspect massif impressionnant le cheval, celui-ci a tendance à se rééquilibrer de lui-même. De plus, cet obstacle étant plus large et plus rond que les autres verticaux et qu'il comporte parfois un côté légèrement montant, il est possible d'arrondir le saut et d'avoir une trajectoire moins verticale. Placé dans une combinaison, le mur freine le cheval, qui raccourcit ses foulées et se redresse. Il faut en tenir compte afin de maintenir une impulsion suffisante pour le reste de la combinaison.

Les épreuves de puissance

Une épreuve de puissance est destinée essentiellement à tester le coup de saut du cheval, sa capacité à passer de grands obstacles.
Un parcours bref
L'épreuve de puissance est constituée d'un parcours bref, composé de quatre gros obstacles de 1,20 m à 1,60 m et d'un mur qui peut atteindre 1,80 m. Ce type de parcours ne doit comporter ni combinaison, ni rivière, ni fossé, ni aucun obstacle naturel. Les concurrents qui exécutent un parcours sans fautes sont départagés par des barrages successifs. La victoire se dispute sur deux obstacles pouvant être élargis et relevés de barrage en barrage. C'est ainsi que Tancarville, sous la selle d'Hubert Parot, parvint à franchir 2,47 m. Aujourd'hui, les épreuves de puissance sont rares. On les remplace par l'épreuve des six barres.
Peu fragile
Le mur est très adapté à l'épreuve de puissance car c'est un obstacle sautant, adapté à des trajectoires très élevées. Il peut co porter une paroi légèrement inclinée du côté de la battue, ce qui le rend un peu montant et facilite un appel bien placé. De surcroît, le mur est un obstacle stable, peu fragile, qui ne pénalise pas d'une barre les chevaux qui tutoient ou qui frottent : en puissance, la victoire est souvent l'affaire de quelques centimètres !
Le mur et les jeunes chevaux
Le mur est un obstacle impressionnant, qui peut sembler décourageant lorsqu'il atteint une certaine hauteur. Face à lui, les jeunes chevaux marquent souvent une hésitation nette, ou le refusent. Il ne faut pas s'en inquiéter dans un premier temps : il s'agit d'un réflexe bien naturel. Le mur est un obstacle qui apparaît assez tard dans l'apprentissage à l'obstacle du jeune cheval. Commencez par des murs de petite taille et augmentez-en la hauteur progressivement.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

"Michel" Parot, décédé le 28 octobre 2013. Il avait franchi avec Tancarville la hauteur de 2.53 m mais celle ci n'a pas été homologuée.