L'impulsion, clé de voute de l'équitation

L'impulsion, voilà un mot que le jeune cavalier entend fréquemment, sans toujours bien en comprendre le sens. Cette qualité naturelle du cheval doit être soigneusement préservée et entretenue tout au long du dressage.

L’impulsion : une énergie naturelle

L'impulsion, ce n'est ni la vitesse, ni l'ardeur, ni le mal que se donne le cavalier pour faire avancer son cheval : c'est le désir qu'a le cheval de se porter en avant. L'impulsion est en quelque sorte l'énergie naturelle du cheval, canalisée par le cavalier.
Une énergie de fuite
On parle beaucoup de 1'«impulsion naturelle» du cheval, que le cavalier, au cours du dressage, s'efforce constamment de ne pas briser. En fait, cette impulsion n'est autre que l'instinct de fuite du cheval, qui l'incite à réagir à la plupart des stimuli en cherchant à se ruer en avant. Car, en l'absence de ces stimuli, le cheval libre serait plutôt du genre à s'économiser, comme la plupart des animaux. Il est en effet assez difficile de se procurer de la nourriture pour ne pas gaspiller inutilement les calories chèrement acquises.
Commune à toutes les équitations
C'est cette énergie, cette propension à réagir énergiquement par un mouvement en avant, que le cavalier cherche à préserver et à entretenir durant toute l'éducation du cheval et qu'il appelle «impulsion». Le maintien de cette qualité est une priorité commune à toutes les équitations. Elle est un peu à l'équitation ce que le moteur est à la voiture. Le cavalier ne fait que diriger et contrôler cette énergie: il ne devrait pas être celui qui la produit !
Physique et mentale
L'impulsion d'un cheval dépend de son attitude psychologique autant que de ses dispositions physiques. Un cheval doit être progressivement entraîné pour disposer de moyens à la mesure de l'effort demandé. Si la demande est trop importante par rapport aux possibilités du cheval, ce dernier s'épuise rapidement, physiquement et mentalement : il perd peu à peu sa capacité à réagir, son impulsion «s'use».
Une énergie fragile
Il est bien évident qu'un cheval d'instruction, qui passe beaucoup de temps à tourner en rond dans un manège, perd peu à peu son énergie naturelle. En outre, les interventions maladroites des cavaliers débutants s'opposent souvent aux quelques efforts qu'il est encore prêt à fournir : il devient donc champion dans l'art de tirer au flanc.
De même, un cheval monté de façon trop autoritaire, même par un cavalier exercé, perd le goût de l'effort. Il reste «en arrière de la main», il trouve des positions qui lui permettent de s'économiser et d'échapper à des aides trop contraignantes.
Bon à savoir
Une main trop contraignante peut «briser» l'impulsion du cheval. On entre alors dans un cercle vicieux, où le cavalier s'use à stimuler une impulsion réticente tandis que le cheval cherche à échapper à des aides trop coercitives par des positions de défense, par exemple en s'encapuchonnant.
Le coin du pro
Si votre cheval manque systématiquement d'impulsion, c'est qu'il a subi un traumatisme majeur au cours de son dressage ou qu'il souffre physiquement Cela peut aussi provenir de la façon dont vous le montez ou l'entraînez. .A l'inverse, un cheval qui part dans de folles débandades, qui se rue sur les obstacles ou qui est incapable de marcher dans le calme n'est pas non plus dans la juste impulsion.
L'impulsion, c'est l'énergie que vous offre le cheval, pas celle qu'il vous vole dans le désordre.

L’impulsion dans la pratique

Préserver l'allant du cheval et laisser intacte son envie de se livrer, c'est un art. Dans toutes les disciplines, ce talent du cavalier détermine la qualité des prestations de son cheval à long terme.
Au club
Au club, tous les chevaux n'ont pas la même énergie. L'apprenti cavalier doit parfois savoir réveiller l'impulsion «endormie». Labourer en permanence les côtes du cheval ne vous mènera à rien : vous devez faire comprendre au cheval, dès le début de la reprise, qu'avec vous il doit se porter en avant. Montez avec une cravache. Lorsque vous donnez des jambes, faites-le fermement, nettement, et assurez-vous que vous ne gênez pas le cheval dans sa bouche. S'il ne se porte pas aussitôt en avant, donnez-lui un petit coup de cravache sur le flanc, derrière la botte. Ce coup doit suivre immédiatement l'action des jambes.
Si vous répétez cette action deux ou trois fois en début de séance, l'attention et l'énergie du cheval seront stimulées. Prenez soin de doser vos actions pour ne pas avoir à «freiner» le cheval juste après lui avoir demandé de se porter en avant !
A long terme
Si vous possédez un cheval, et que vous travaillez souvent seul, la question de l'impulsion est particulièrement délicate. Vous allez former un couple avec votre cheval. Vous devez absolument régler les problèmes d'impulsion au fur et à mesure de leur apparition. Recherchez l'engagement, l'équilibre, la soumission. .Accordez de fréquentes récréations, rênes longues.
Un cheval bien monté, bien entraîné, qui ne souffre pas, n'a pas de gros problèmes d'impulsion. Respectez les étapes de la progression, préservez le moral de votre monture et, comme il se doit, remettez-vous souvent en question!
Bon pour le moral
L'impulsion perdue peut en général se retrouver, à condition de commencer par restaurer le moral du cheval : accordez-lui une période de vacances au pré, où il pourra «oublier».

2 commentaires:

Brigitte a dit…

Bonjour, Mon prof me dit souvent que mon cheval manque d'impulsion parce que je le porte trop, je donne des jambes tout le temps et du coup, il est blasé... Comment faire pour retrouver un peu de dynamisme de la part de mon cheval ?

Anonyme a dit…

hé bien essaie d'utilisé ta cravache à chaque fois qu'il ne répond pas a une PETITE pression de jambe et il comprendra très vite qu'il doit répondre a une PETITE action de jambe.