Protéger le cheval

Le concours complet est une discipline dangereuse. Les accidents sont parfois inévitables, mais des soins attentifs avant, pendant et après l'épreuve permettent souvent d'éviter chocs et blessures inutiles au cheval.

Protéger à court et à long termes

Il existe essentiellement trois façons de protéger les chevaux en complet : le contrôle des vétérinaires, l'entraînement, l'utilisation d'un matériel adapté.
Un parcours à haut risque
Sur un cross, les obstacles étant fixes et le train rapide, le moindre effleurement d'un obstacle devient un choc, qui peut provoquer des contusions plus ou moins douloureuses et plus ou moins graves ainsi que, parfois, des fractures. Les chutes entraînent en général de multiples contusions, parfois des accidents osseux ou tendineux. Certaines sont mortelles. L'intensité des efforts est, à elle seule, à l'origine de nombreux accidents, notamment tendineux.
Le contrôle des vétérinaires
Les premières épreuves militaires qui sont à l'origine du concours complet furent de véritables hécatombes. Au fil des ans, la mise en place d'un règlement plus rigoureux a permis de concevoir des épreuves plus adaptées aux possibilités du cheval , sans pour autant écarter les risques, qui demeurent élevés dans cette discipline. Mais, surtout, un sérieux garde-fou a été mis en place : le contrôle des vétérinaires. Une première visite vétérinaire intervient après le second routier, avant le départ sur le cross. L'auscultation permet d'épargner le parcours à un cheval trop éprouvé. Une seconde visite, le lendemain, estime la capacité de récupération des chevaux et écarte ceux qui boitent.
Un rôle fondamental
L'intervention des vétérinaires ne se limite pas au terrain de concours. Ils jouent un rôle fondamental dans le suivi des chevaux de compétition. Ils doivent, bien sûr, assurer leur forme par un entraînement, une alimentation et des soins adéquats. Mais ils doivent aussi, toujours, prendre position pour défendre la santé physique et mentale du cheval. Il est de leur devoir de protéger l'animal en faisant passer son état à long terme avant la performance d'un jour. C'est à eux de mettre en garde les cavaliers contre des abus dangereux pour leur monture et pour eux-mêmes.
Un entraînement adéquat
La meilleure des protections, sans aucun doute, consiste à ne pas inscrire un cheval dans une épreuve pour laquelle il n'est pas suffisamment préparé. Un entraînement rigoureusement adapté, avec un suivi vétérinaire très sérieux, permet au cheval d'être au maximum de sa forme au moment d'une épreuve importante. Un manque de souffle, une musculature insuffisante, une technique défaillante exposent le cheval (et le cavalier) à des accidents parfois mortels. Dans le même ordre d'idée, la compétence et la préparation du cavalier jouent un rôle déterminant pour la sécurité du «couple».
Bon à savoir
Le vétérinaire joue un rôle fondamental dans la protection du cheval de compétition aussi bien au cours de l'entraînement que sur les terrains. Il est de son devoir de tempérer l'appétit de victoire du concurrent lorsque la santé physique ou mentale du cheval est en danger.
Le coin du pro
Pour le cross, seules les cloches sans système d'ouverture, qui s'enfilent par le pied, sont suffisamment sûres. Elles doivent être assez épaisses pour ne pas se déchirer, souples sans être molles et bien conçues pour ne pas se retourner

Un matériel adapté

Lorsque le cheval est fin prêt, il faut employer un matériel adapté (protections, crampons, vaseline, etc.) pour le protéger autant que possible des chocs, des dérapages et des chutes.
Les protections
Bien évidemment, on ne prend pas le départ d'un cross sans un jeu complet de protections : guêtres antérieures et postérieures ainsi que cloches. Évitez d'employer du matériel neuf, qui n'est pas forcément confortable pour le cheval. Prenez plutôt des guêtres déjà bien «faites» aux membres de votre monture et dont vous êtes sûr. Tenez compte du passage dans le gué, sur le terrain boueux, etc. Beaucoup de cavaliers emploient des coques en mousse rigide préformées, perforées, maintenues en place par des bandes de travail fixées au chatterton.
La vaseline
La plupart des chevaux de complet prennent le départ du cross généreusement «tartinés» de vaseline. En cas de passage un peu juste sur un obstacle, celle-ci permet de glisser et non d'accrocher. Déposez-en une couche conséquente sur la face antérieure des membres et sur le poitrail.
Les crampons
Les crampons ne sont jamais aussi utiles que pour le cross. Sachez choisir le type de crampon selon la qualité du terrain. Petits à tête ronde pour les terrains plutôt durs, plus gros pour les terrains boueux. On cramponne en général avant l'épreuve de fond ou juste avant le cross si le routier comporte de la route.
Gros plan
De nombreux cavaliers prennent la précaution de nouer ou de natter la queue, puis de l'attacher avant le départ du cross : cela évite que les crins se prennent dans les buissons et les branchages ou s'accrochent à certains éléments des obstacles.

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