PTV : le reculer

Voilà une difficulté particulièrement délicate, qui pourrait mettre en échec même des spécialistes du dressage. Reculer droit, entre deux barres espacées seulement de 70 cm, pas si facile !

Un apprentissage à méditer

Le reculer n'est pas un mouvement difficile si on le demande avec douceur et si on fait preuve de psychologie. Sinon, cela donne lieu à une vilaine lutte d'où personne ne sort vainqueur.
Des aides logiques
Que son cheval y soit formé ou non, le cavalier, avant de tenter un premier reculer, doit réfléchir aux aides à employer. On ne « tire » pas sa monture en arrière, pas plus qu'on ne la pousse sur son mors pour qu'elle « rebondisse ». Les aides du reculer sont un simple code, une indication qu'il faut enseigner. Avec une monture d'extérieur, il n'est pas conseillé de mettre les jambes pour demander le reculer. Mieux vaut réserver celles-ci au mouvement avant, ce qui permet de parer à un éventuel acculement.
Les aides à employer sont donc d'abord la voix (par exemple, l'ordre :« recule »), puis une résistance sur les rênes, éventuellement accompagnée d'un dégagement d'assiette (pencher un peu les épaules en avant). Ce sera largement suffisant pour obtenir d'excellents reculers.
C'est le premier centimètre qui compte
Quel que soit le passé du cheval, et même si on vous a dit qu'il « savait » reculer, prenez le temps de lui expliquer ce que vous voulez. Il faut exercer une petite résistance sur les rênes et attendre. Gêné par cette sensation, votre élève va tenter différentes choses : tirer, avancer, lever le nez, arracher les rênes. Contentez-vous de résister passivement, le temps qu'il faut, jusqu'à ce qu'il esquisse un mouvement vers l'arrière. Un seul centimètre suffit ! Jetez vos rênes sur l'encolure, félicitez, faites une pause. Puis recommencez.
Au fil des répétitions, ce tout petit recul deviendra plus franc et plus facile. L'erreur serait de demander plusieurs pas alors que le cheval n'a pas encore compris qu'il a donné la bonne réponse : voyant que la résistance se poursuit, ou augmente, il se décourage et renonce à continuer.
Entre les barres
Ne mettez pas le cheval entre les barres tant qu'il ne donne pas aisément des reculers justes et droits. Lorsqu'il est prêt, formez un entonnoir avec deux barres de4 m : par exemple, entrée de 90 cm de large, sortie « réglementaire » de 70 cm. D'abord, pour éviter les confusions avec une bordure maraîchère, traversez calmement au pas cet entonnoir. Puis, cherchez à obtenir de bons arrêts droits au milieu de l'installation. De là, vous pourrez demander un pas de reculer avant de ressortir au pas.Augmentez ensuite tout doucement le nombre de pas. Pour finir, installez les barres parallèlement avec l'écartement réglementaire.
La notation
La note d'efficacité (sur 7) sera diminuée de 3 points chaque fois que le cheval touche les barres, sort un pied ou s'arrête en cours de reculer. Le style du mouvement entraîne un bonus/malus variant de +3 à -2. Le juge prête attention à la pertinence et à la douceur des aides ainsi qu'à l'attitude du cheval : une encolure « à l'envers » est évidemment pénalisée.

Reculer droit, un vrai défi

Elles paraissent bien proches, ces deux barres séparées de 70 cm ! Pour ne pas les toucher, une parfaite rectitude de mouvement s'impose.
Une inflexion naturelle
La plupart des chevaux ont malheureusement tendance à reculer en s'incurvant légèrement et toujours du même côté. C'est à cause de leur inflexion naturelle, qu'on peut déjà sentir lors des tournants : le cheval s'arrondit et reste en équilibre sur son « bon » côté, mais penche avec raideur, tombant sur son épaule intérieure, de l'autre côté. Un travail de dressage bien mené lui apprendra à s'incurver correctement sur une action de jambe intérieure à la sangle. L'épaule en dedans constitue l'un des mouvements clés de cette éducation. Il est d'ailleurs très bénéfique, pour rectifier l'équilibre du cheval, de demander quelques pas de reculer avant de s'engager entre les barres : épaule droite en dedans, par exemple, s'il a tendance à jeter sa croupe à gauche en reculant.
Quelles aides pour le redresser ?
Entre les barres, c'est au moment du pas et de l'arrêt qui précèdent le reculer que le cavalier peut agir avec le plus d'efficacité. Il s'efforcera de prolonger l'équilibre acquis dans l'amorce d'épaule en dedans en conservant un très léger pli d'encolure à droite. Le reculer sera alors demandé par une résistance sur l'autre rêne. Une fois le mouvement amorcé, on utilise généralement une jambe isolée pour rectifier une éventuelle déviation, mais c'est un moyen assez lent et imprécis. Il est souvent plus efficace d'agir sur l'ensemble du corps du cheval en déportant les deux mains du côté de la déviation, ce qui remet « les épaules devant les hanches ». C'est là un geste à pratiquer d'abord en dehors des barres, afin d'apprendre à doser ses aides.
Bon à savoir
Lors de la reconnaissance du parcours, soyez attentif à la position des lignes blanches qui traversent les barres du dispositif. En effet, le reculer ne peut commencer que lorsque les antérieurs du cheval sont posés au-delà de la première ligne blanche. Ensuite, il faut reculer jusqu'à ce que les antérieurs aient franchi la deuxième ligne blanche, qui est située 4 m plus loin. N'oubliez pas de ressortir au pas en repassant entre les barres.

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