Le cheval de sport

Les disciplines olympiques d'équitation sont apparues assez récemment. Avec elles a émergé une idée différente de l'élevage, qui vise à sélectionner le cheval dit de sport.

Des ancêtres communs

A l'origine de tous les chevaux de sport, on trouve trois grandes races : le pur-sang, le pur-sang arabe et l'ibérique. Leur allant, leur élégance, leur équilibre ont contribué à la création de races performantes dans toutes les disciplines olympiques.
D'abord, le cheval de course
L'élevage de chevaux rapides que l'on confrontait à la course est apparu très tôt (dès le Xle siècle), mais les premiers hippo- dromes ne furent créés qu'au XVIII siècle. Avec les courses allait apparaître un cheval différent : le pur-sang, que l'on peut considérer comme le père de toutes les races de chevaux de sport. De nos jours, on distingue les chevaux de course, discipline à part dans le monde équestre, et les chevaux de sport.
Les sports équestres
L'apparition du cheval de sport à proprement parier, c'est-à-dire de l'animal spécifiquement produit et électionné en vue de ses performances sportives, a eu lieu bien après celle du pur-sang. C'est l'introduction des disciplines équestres aux jeux olympiques de 1956, qui a marqué la véritable naissance des sports équestres. Après cet événement, l'équitation de sport et de loisir a connu un développement considérable. Les disciplines équestres olympiques furent d'abord au nombre de trois: le saut d'obstacle, le dressage et le concours complet.
A l'allemande : une sélection drastique
L'apparition d'un public nouveau a modifié peu à peu le monde de l'élevage. Dans un premier temps, la course à la performance n'a pas été gérée de la même façon dans tous les pays. Allemands et Hollandais, par exemple, ont rapidement mis en place une politique de sélection rigoureuse. A la différence des éleveurs français, ils ont immédiatement pris en compte le mental et la conformation, écartant de la reproduction, voire du registre, les chevaux caractériels et tous ceux dont le modèle s'éloignait des standards. Cela donne aujourd'hui des «bêtes de concours», performantes et sûres, qui semblent toutes sorties du même moule et que l'on s'arrache au prix fort.
A la française: tout est permis
En France, aucune politique d'élevage suivie n'a été mise en place au départ. Les éleveurs ont sélectionné leurs produits sur la performance, tolérant des modèles et des tempéraments extrêmement différents. Il en est sorti des champions exceptionnels (notamment en CSO, avec les selles français, et en CCE, avec les anglo-arabes), mais aussi de véritables haridelles : la production a longtemps été très inégale. Acheter un selle français n'apportait aucune espèce de garantie : le modèle, le caractère, les allures et les performances pouvant varier du tout au tout. Aujourd'hui, pourtant, cette race se distingue dans le saut d'obstacle.
Le coin du pro
De plus en plus, les éleveurs tiennent compte du tempérament du reproducteur afin de produire des chevaux équilibrés, intelligents, ayant une bonne capacité de travail et d'apprentissage.
Gros plan
Tout comme l'appellation «sang-chaud», le terme «cheval de sport» ne recouvre pas une réalité biologique, mais tous les chevaux de sport sont «près du sang» et ont en commun un modèle élégant et élancé, une grande liberté de mouvement ainsi qu'un tempérament plein d'allant.

Le cheval de sport aujourd'hui

Le travail des éleveurs a permis l'émergence de races splendides et très performantes qui ne sont pas à la portée de tous les portefeuilles.
Une sélection dès la naissance
Aujourd'hui, les éleveurs de chevaux de sport accordent une importance toute particulière aux origines mais aussi à la sélection, qui se fait à partir de tests de performances. Ces derniers, très importants en Allemagne et dans d'autres pays d'Europe, ne sont pas systématiques en France, où les concours de modèles et allures, puis le cycle classique (séries de concours ouverts aux jeunes chevaux) font office de sélection. L'accent est mis sur l'adaptation du cheval à la discipline à laquelle on le destine (coup de saut, allures, rapidité, etc.), mais aussi, de plus en plus, sur ses capacités d'apprentissage et de travail, donc sur son tempérament.
A chaque discipline sa race ?
Il y a encore quelques années, les produits des élevages semblaient assez différenciés : l'anglo-arabe excellait en concours complet, le selle français en CSO et le trakehner en dressage. Mais, de plus en plus, on voit arriver sur le marché des chevaux très polyvalents, comme les westphaliens ou les KWPN, dont les qualités se prêtent pratiquement aux trois disciplines, en tout cas au saut aussi bien qu'au dressage. Lors des ventes de chevaux de sport, il n'est pas rare de voir un grand cavalier de CSO et un grand cavalier de dressage se disputer le même cheval ! Le complet reste une discipline un peu à part, où pur-sang, AQPS et anglo-arabes se partagent le gros des médailles.
Le saviez-vous ?
Les chevaux de sport proviennent presque tous de stud-books ouverts : contrairement aux stud-books fermés, qui n'admettent à la reproduction que des chevaux déjà inscrits dans le registre, les stud-books ouverts acceptent les croisements avec des animaux de races différentes s'ils répondent aux critères de sélection. Ces chevaux venus d'ailleurs permettent de développer ou de renforcer une caractéristique.
Bon à savoir
Le cheval de cornplet a toujours eu un statut un peu à part, la vitesse et l'endurance requises donnant souvent des rnodèles trop légers pour le CSO et le dressage.

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