Les coliques : traitement et prévention

Les coliques font parties des maladies graves qui peuvent causer la mort du cheval. Une fois qu'une crise se déclare, il faut appeler le vétérinaire. Mais le mieux est, bien sûr, de prévenir son apparition en procurant au cheval une vie active et une alimentation naturelle.

Prévenir, c’est guérir

Une bonne connaissance de la physiologie et de l'éthologie du cheval permet de lui apporter les conditions de vie dont il a besoin. C'est en respectant sa nature que l'on prévient les coliques, souvent meurtrières.
Le dentiste
Une visite régulière du dentiste évite la formation de surdents sur les molaires, ces pointes osseuses qui empêchent les chevaux de s'alimenter normalement, perturbent leur digestion et sont donc la cause, souvent, de coliques.
Vermifuger
Les multiples vers qui envahissent sans cesse les intestins des chevaux provoquent très souvent de redoutables coliques. Rappelons que les chevaux doivent être vermifugés régulièrement,trois fois par an en général, selon un programme qu'on aura établi avec le vétérinaire.
Une alimentation routinière
En matière de nourriture, les chevaux détestent le changement ! Toute modification de leur régime alimentaire doit être planifiée et mise en œuvre progressivement. La transition d'un menu A à un menu B doit être étalée sur une semaine au minimum. A l'écurie, les horaires des repas doivent être immuables.
L'importance du foin
Une partie de la ration du cheval au box doit être donnée sous forme de foin. Il ne faut pas donner celui-ci en plus de la ration de grains. mais remplacer une partie des grains par du foin.
Le foin, qui est digéré dans le gros intestin, doit être donné avant le grain, et non en même temps ou juste après, sans quoi il pousse les grains vers le colon et ne leur laisse pas le temps d'être normalement digérés par l'intestin grêle.
Il faut éviter les fourrages fermentés ou moisis. Il n'est pas bon, non plus, que les chevaux consomment trop de paille : s'ils le font, c'est sans doute qu'ils s'ennuient ou ne reçoivent pas assez de foin. Ils ont besoin de mastiquer plusieurs heures par jour.
L'importance de l'eau
Les chevaux doivent avoir de l'eau propre à température ambiante à leur disposition. Elle ne doit pas être trop froide. Lorsque la température est très basse, il faut s'assurer que les chevaux boivent suffisamment et, si nécessaire, les y encourager.
Une activité régulière
La plupart des chevaux ne bougent pas assez : 23h à tourner en rond dans un box avec une seule heure de sortie quotidienne est traumatisant car, à l'état sauvage, le cheval marche 15 à 16 heures par jour en pâturant. Le cheval qui vit au box doit sortir au moins deux heures par jour. Cependant, pour prévenir les coliques, une activité peu sportive et plus continue convient mieux, ce qu'on obtient par une mise en liberté au paddock ou au pré. En outre, le jour de repos doit se passer en liberté, non en réclusion à l'écurie.
Enfin, évitez toute activité soutenue pendant une heure, au moins, après les repas.
Donner des extras
Afin de régulariser le transit intestinal de son cheval, il est bon de lui donner, de temps à autre, un barbotage (son mouillé plus graines de lin) ou un mash (préparation plus complexe de grains et de son bouillis). L'administration de pro-biotiques (levures, comme dans le yaourt) et d'argiles (comme les zéolites) peut aussi améliorer l'équilibre de la flore intestinale.

Le traitement des coliques

Pour traiter les coliques, il faut être sûr de l'origine du trouble. Selon les causes, l'attitude à tenir peut être tout à fait différente. D'où la nécessité de faire appel au vétérinaire.
  • Appeler le vétérinaire : le traitement des coliques relève du vétérinaire, qui doit être alerté en urgence.
  • Mettre le cheval à la diète : en attendant le vétérinaire, il faut empêcher le cheval de manger. Mettez-lui un panier, cette espèce de muselière en plastique qui lui interdit de grignoter mais lui permet de boire. Dans certains cas, quand les symptômes sont violents, il faut aussi l'empêcher de boire.
  • Faire marcher lentement : on recommande, en général, de sortir le cheval atteint de colique de son box et de le faire marcher lentement au pas. On l'empêche ainsi de se rouler et il n'est pas rare que cette petite activité le soulage. Toutefois, cette indication n'est pas valable dans tous les cas.
  • Administrer un antispasmodique : les professionnels qui veulent faire l'économie d'une consultation vétérinaire sont souvent tentés d'administrer eux-mêmes un, médicament antispasmodique au cheval atteint de coliques.
    C'est, en effet, l'un des traitements qu'emploient souvent les vétérinaires. Mais, attention ! Donner un analgésique n'est pas sans danger. Il peut supprimer la douleur alors que le cheval n'est pas guéri. Son état continue alors d'empirer sans que rien le laisse deviner. Un tel traitement équivaut, parfois, à débrancher le voyant rouge.
    Il faut donc continuer à surveiller de près l'évolution du pouls, des crottins, etc., pendant plusieurs heures après l'administration du traitement, même si l'animal semble aller nettement mieux.

Le Hanovrien

Puissant, solide et performant, le hanovrien est l'un des plus brillants demi-sang de l'élevage moderne. Son passé de cheval lourd lui a laissé une solidité et une fiabilité qui en font un compagnon sûr et une monture généreuse.

Un cheval historique

On peut retracer l'histoire et les origines du hanovrien avec précision, car ce cheval entama sa carrière sous l'égide d'un roi et la poursuivit de façon toujours officielle.
Au service des rois
Les chevaux blancs de la région du Hanovre était très prisés au XVlle siècle. Ils ornaient les armoiries de l'électeur Ernest-Auguste (1629-1698). En 1714, George-Louis, électeur du Hanovre, devint George Ier d'Angleterre. Il importa des chevaux café au lait du Hanovre, qui furent attelés aux carrosses royaux. Les « crèmes du Hanovre » conservèrent cet emploi jusqu'au règne de George V, dont ils tirèrent le carrosse doré lors de la cérémonie du couronnement en 1910
Le haras de Celle
En 1735, George Il, roi de Grande-Bretagne et duc de Brunswick-Lunebourg, fonda dans l'État du Hanovre le haras de Celle dans le but de développer une race hanovrienne « pour le profit de ses sujets ». Le haras, riche de plusieurs holsteins noirs et de chevaux venus de Prusse, du Danemark, d'Italie et d'Espagne, s'efforça de créer un solide sang chaud surtout destiné à l'agriculture.
Vers un type plus léger
L'apport de pur-sang vint par la suite alléger le hanovrien, qui put servir sous la selle et à l'attelage tout en restant assez fort pour convenir au travail de la terre. Les guerres napoléoniennes décimèrent le cheptel allemand. Le haras de Celle, fort de cent étalons avant ce triste épisode, n'en comptait plus qu'une trentaine en 1816. L'élevage fut relancé avec un nouvel apport de pur-sang et de mecklenbourgs. Au milieu du XIXe siècle, le hanovrien avait changé : plein d'allant, beaucoup plus léger, il était plaisant sous la selle mais ne convenait plus au travail sous le collier. On s'efforça donc de rétablir un type plus lourd pour répondre à la demande des paysans.
Un cheval de sport
Après la Seconde Guerre mondiale, l'élevage des hanovriens subit, comme bien d'autres, le contrecoup de la mécanisation de l'agriculture. Les 539 reproducteurs que comptait le haras de Celle en 1948 n'étaient plus que 149 en 1963 ! Il était temps d'amorcer une reconversion vers les sports équestres.
Pour produire un cheval de qualité destiné aux loisirs et à la compétition, on procéda à de nombreux croisements avec des pur-sang, des trakehners, des pur-sang arabes et de nombreux reproducteurs récemment venus de Prusse orientale. Ces différents apports permirent d'affiner le lourd hanovrien, de lui apporter ardeur, envergure et liberté du geste, tandis qu'il conservait la solidité et la force de son type d'origine.
Le hanovrien aujourd'hui
L'élevage allemand, très sélectif, écarte de la reproduction les sujets qui ne sont pas conformes aux exigences du stud-book. Chaque année, une commission d'experts juge les étalons et leurs produits. Les jeunes étalons doivent passer une série d'épreuves qui permettent de déterminer leurs qualités dans tous les domaines : modèle, allure, endurance, performances et tempérament. En fonction des résultats, les étalons sont répartis dans trois catégories ou écartés de la monte. Cette politique d'élevage a produit un type régulier et compétitif.
Un cheval de prix
Le hanovrien est originaire de l'ancien État du Hanovre, en Allemagne. Il est toujours produit et sélectionné dans sa région d'origine, mais il existe des élevages très importants aux États- Unis, en Amérique du Sud et en Australie. Les hanovriens sont des chevaux chers, mais leur prix est justifié.

Type et tempérament

Aujourd'hui, le hanovrien fait partie des meilleurs chevaux de sport. Il brille dans les compétitions internationales de dressage et de saut d'obstacles. Son tempérament complaisant a contribué, autant que ses allures élastiques et son coup de saut remarquable, à sa réputation.
Modèle
Le hanovrien frappe d'abord par son allure athlétique. Plutôt grand, avec une encolure longue portée haut et de fortes épaules inclinées, il possède un poitrail éclaté et un garrot saillant. Sa tête légère, de taille moyenne, avec un front large et un regard calme, exprime tout l'équilibre de sa personnalité.
Le dos est d'une longueur moyenne, l'arrière-main puissante et musculeuse, avec une queue attachée haut sur une croupe plutôt horizontale. Les os des membres sont épais et solides, les articulations prononcées, les pieds bien conformés. Sa taille est comprise entre 1,60 et 1,68 m.
Robe
Toutes les robes sont admises sauf le pie. Le noir et le bai brun sont fréquents, souvent mis en valeur par de généreuses marques blanches sur la tête et les membres.
Tempérament
Égalité de l'humeur, bonne volonté et courage: le hanovrien est un compagnon facile et agréable à manipuler, une monture généreuse qui se prête bien au dressage. S'il n'a pas la vivacité de l'anglo-arabe ou le charme trouble du pur-sang, le hanovrien cache sous son apparente placidité la trempe d'un champion.

L'agressivité

Bien que le cheval ne soit pas agressif par nature, il peut le devenir en deux circonstances : lorsqu'il ne peut pas fuir et lorsqu'il a appris que l'agression peut lui être profitable.

L’agression chez les chevaux libres

L'agression fait partie du répertoire comportemental des chevaux libres. Toutefois, dans la nature, tout est fait pour réduire les situations de conflit et permettre aux protagonistes de faire l'économie d'une bagarre.
Minimiser les risques
Dans la nature, les chevaux vivent en familles stables. Au sein de chaque harem, composé d'un étalon et de plusieurs juments (de une à sept) suivies de leurs petits (jusqu'à deux ans), règne une certaine harmonie. Chacun connaît sa position dans le groupe. Aussi, les actes d'agression se limitent-ils, le plus souvent, à de simples menaces. Une jument dominante se contente en général de coucher les oreilles pour remettre un insolent à sa place. A l'état sauvage, les chevaux font donc l'économie de la plupart des actes d'agression. Ils évitent ainsi le risque souvent mortel d'une jambe cassée ou d'une morsure qui s'infectera.
Le langage de l'agression
Un cheval qui couche les oreilles affiche clairement ses intentions belliqueuses. C'est la première étape de la menace. Si cela ne suffit pas à décourager l'importun, le cheval se met à balancer la tête de haut en bas, en allongeant l'encolure, pour se donner un aspect encore plus effrayant. Ensuite, les menaces se précisent : l'animal montre les dents ou mime une morsure. Si nécessaire, il peut passer à l'acte et mordre son ennemi.
Le cheval agressif peut aussi menacer son «interlocuteur» d'un coup de pied. Il commence par fouailler l'air de la queue, puis tourne la croupe vers sa cible avant de faire mine de lui décocher une ruade.
L'agressivité des mâles
Dans la nature, les véritables combats surviennent presque uniquement entre étalons. L'enjeu du combat est généralement la possession d'une femelle. En dépit d'un rituel d'intimidation qui tend à réduire la violence de l'affrontement, il n'est pas rare qu'un des protagonistes soit gravement blessé
. Entre juments, de sérieuses altercations peuvent intervenir lorsqu'une nouvelle concubine intègre le harem ou lorsqu'un des membres de la famille souhaite remettre en question la hiérarchie établie.
Savoir se défendre
Les chevaux sont également capables de se montrer agressifs pour se défendre ou défendre leur progéniture éventuellement contre d'autres espèces. La jument protège son petit. En général, l'étalon se charge de la protection de son groupe. Si la fuite n'est plus possible ou si le danger se fait trop pressant, il n'hésitera pas à vendre chèrement sa peau.

Le cheval agressif

Nos chevaux domestiques sont vraisemblablement moins agressifs que leurs cousins sauvages. Nous les avons sélectionnés dans ce sens depuis plus de 5 000 ans. Toutefois, certaines situations peuvent réveiller leurs instincts.
L’agressivité envers l’homme
Les chevaux se montrent rarement agressifs vis à- vis des hommes. Mais cela arrive. La situation qui provoque le plus fréquemment l'agressivité du cheval est l'impossibilité de fuir. S'il ne peut échapper à ce qu'il considère comme un danger, le cheval peut passer à l'attaque. Il est donc sage de toujours laisser une porte de sortie, même illusoire, aux chevaux. S'ils se sentent «coincés», un rien peut provoquer une agression.
Ne pas renforcer l'agression
Certains chevaux apprennent à devenir agressifs. Si une menace à l'encontre d'un cavalier entraîne le recul de celui-ci, l'animal sera tenté de recommencer. Les chevaux de débutants essaient parfois d'intimider les cavaliers novices en baissant les oreilles ou en montrant la croupe, espérant ainsi échapper à une corvée. Heureusement, il n'y a le plus souvent aucune réelle méchanceté dans ce comportement. Il suffit de se montrer ferme pour couper court au «bluff».
De même, certains chevaux de propriétaires comprennent que leur maître est un faible qui recule face aux menaces. Là encore, la fermeté s'impose. Il ne faut pas se laisser intimider, mais remettre fermement l'animal à sa place par un comportement de dominant. Cela ne signifie pas qu'il faille se montrer violent. C'est surtout une affaire d'autorité.
Les vrais méchants
Il existe quelques rares chevaux véritablement méchants. Ce sont presque toujours des animaux qui ont subi un traumatisme grave, qui ont peur de l'homme et qui éprouvent à son égard une véritable rancœur. La rééducation de tels animaux est longue et difficile. Elle ne peut être conduite que par des dresseurs expérimentés. Face à un tel danger, il faut savoir passer la main.

La longe : travail au 3 allures

Trop souvent, les séances de travail en longe ennuient le cheval comme le longeur. Tourner en rond n'a rien d'exaltant. Mais avec un peu de réflexion, vous pourrez en faire des moments très éducatifs pour votre monture et pour vous.

Un peu d’imagination

Non, la longe n'est pas une corvée ! Faites preuve d'imagination.
Une bonne occasion d'apprendre
Souvent, on ne se consacre vraiment au travail en longe que lors des premiers mois de l'éducation du jeune cheval. A ce moment-là, on admet le caractère éducatif de ce travail. Mais, ensuite, la plupart des cavaliers semblent oublier que la longe n'est pas seulement un moyen de «fatiguer» le cheval. Ils n'y ont plus recours que pour une détente. Ils n'envisagent plus d'apprendre quelque chose à leur compagnon pendant cet exercice.
Soyez entreprenant
Pourtant, comme tout travail en main, les séances de longe sont des exercices d'une grande valeur éducative si l'on sait bien les utiliser. C'est en main que l'on assied le mieux son autorité. De surcroît, si le fait de tourner en rond sur un cercle relativement petit induit un travail forcément limité, il est malgré tout, en lui-même, un bon exercice pour la souplesse et pour l'équilibre du cheval. Abordez le travail en longe avec un esprit entreprenant, vous serez surpris des résultats.
Choisissez bien les ordres vocaux
Lorsque vous décidez d'enseigner un ordre vocal au cheval, choisissez bien vos mots. Attention notamment aux confusions possibles, par exemple entre «bien» et «viens». N'hésitez pas à puiser dans les autres langues !

Gymnastique aux trois allures

Vingt minutes de longe peuvent devenir une amusante gymnastique physique et mentale.
L'incurvation
Pendant les cinq premières minutes, laissez le cheval marcher et trotter sans contrainte. Dès qu'il est échauffé, vous pouvez travailler son incurvation, quelle que soit l'allure, en lui demandant de réduire et d'agrandir le cercle. Enseignez-lui des ordres vocaux correspondants, par exemple «par ici» et «va-t-en».Au pas, vous pouvez l'amener à marcher sur des cercles très petits avec un pli intérieur important. Au trot et au galop, contentez- vous de réduire le cercle à environ 10 m de diamètre, puis laissez le cheval s'éloigner et se mettre sur un cercle de 20 m.
Les transitions
Le travail des transitions sur le cercle est un merveilleux exercice de souplesse et d'équilibre. Vous devez obtenir, peu à peu, des transitions franches d'une allure à l'autre, puis des transitions plus difficiles: galop-pas, trot-arrêt, arrêt-galop, etc.
L’attitude
Il n'est pas facile d'obtenir du cheval une bonne attitude en longe sans employer d'enrênements. Évitez l'emploi d'enrênements non coulissants, comme les élastiques, qui sont peu éducatifs. Le gogue et le chambon peuvent être utilisés occasionnellement pour inciter le cheval à travailler dans le bon sens. Vous pouvez par ailleurs enseigner au cheval à faire des extensions d'encolure à la demande, en commençant à l'arrêt. Associez l'action sur la longe et l'ordre vocal. L'extension d'encolure se travaille au pas et au trot.

L’apprentissage en longe

Pour tirer le meilleur profit de la séance de longe, ne cessez jamais cette merveilleuse entreprise qu'est l'apprentissage.
Changer de direction
Au lieu de laisser le cheval tourner longuement en rond dans un sens puis dans l'autre, apprenez-lui à changer de direction à la demande. Quand vous travaillez avec un caveçon, il peut exécuter de lui- même, sur un ordre vocal, une demi-volte pour changer de sens, d'abord au pas puis au trot. Une fois que le cheval est aguerri, vous pouvez multiplier les changements de direction et lui demander plusieurs demi-tours successifs : excellent pour sa souplesse physique et mentale !
S'il est en filet, le changement de direction est plus difficile. Le cheval doit venir vers vous sur un ordre et s'arrêter pendant que vous changez la longe de côté.
Le travail au galop
Le travail au galop en longe n'est pas chose facile. Seul un cheval déjà bien équilibré, capable de tenir un galop de travail régulier, peut s'y plier sans difficulté. Par contre, vous pouvez travailler les départs au galop. Demandez-les d'abord depuis le trot. Peu à peu, votre monture doit être capable de partir au galop à la demande depuis le pas, puis depuis l'arrêt. Le bénéfice de ce travail est immense : le cheval apprend à «prendre en charge» son départ au galop, à se placer de lui-même dans un bon équilibre.
Un cheval à l'écoute
Pour tout apprentissage, le cheval doit être à l'écoute. Accordez-lui des récréations entre les exercices (1 ou 2 minutes) afin qu'il se détende et soit prêt à vous consacrer son attention ensuite. Pour communiquer avec lui, utilisez tous les moyens dont vous disposez : la voix, bien sûr, mais aussi votre placement et la position de chaque partie de votre corps. Le cheval perçoit parfaitement le plus infime déplacement : si vous êtes cohérent, il saura répondre à des gestes aussi discrets qu'un changement de direction du regard, un doigt qui se lève, une légère rotation de la tête ou du buste.

Le mur

C'est sur un mur que le célèbre Tancarville a battu le record de saut en hauteur : 2,47 m ! Cet obstacle se prête bien à une trajectoire élevée, mais il demande un cheval très franc car son apparence massive, son opacité le font sembler plus haut qu’il n’est.

Avez-vous du cœur ?

Le mur est un obstacle bien particulier, très «sautant» mais relativement impressionnant. Il demande beaucoup d'impulsion et beaucoup de cœur.
Question de formes
Sur les parcours de haut niveau, l'emplacement des obstacles et la distance qui les sépare déterminent, plus que leur forme, la difficulté d'une épreuve. Toutefois, la forme et l'apparence des obstacles ne sont pas sans importance, tant sur les plans physique et technique que sur le plan psychologique.
Deux grandes familles
Schématiquement, on divise les obstacles des concours hippiques en deux grandes catégories : les verticaux et les larges. On ne saute pas de la même façon un droit et un oxer, et le cheval ne réagit pas de la même façon devant un vertical très dépouillé et devant un gros oxer avec haie
.Les verticaux sont en général considérés comme des obstacles plus techniques, qui demandent un cheval équilibré et respectueux, tandis que les larges nécessitent souvent plus de vitesse et de franchise, car ils posent un problème de couverture
.Le mur appartient à la famille des verticaux, bien que sa masse et sa largeur en fassent un obstacle un peu particulier.
Adapter sa technique
Pour sauter un obstacle large, le cheval prend son appel relativement près et développe son saut en s'étendant au- dessus des barres pour couvrir la largeur. Plus l'obstacle est montant, plus la trajectoire est aisée et plus on peut l'aborder avec une certaine vitesse. En revanche, sur un droit, l'appel se prend plutôt loin afin que le sommet de la trajectoire se situe bien au-dessus de l'obstacle. Toute l'impulsion doit se traduire vers le haut pour permettre au cheval de monter son avant-main dans un mouvement franchement vertical et, ensuite, s'enrouler autour de l'obstacle et passer l'arrière-main.
Cadence et équilibre
On obtient ce type de saut avec un cheval qui se redresse et engage fortement ses postérieurs au moment de l'appel. Cela signifie qu'il faut arriver sur un vertical avec un cheval bien équilibré, cadencé, légèrement tendu, sans vitesse excessive, son poids se reportant fortement sur les hanches dans les derniers mètres.
Le mur, un cas particulier
Le mur est un vertical, mais il est un peu plus facile à sauter qu'un droit ordinaire car, son aspect massif impressionnant le cheval, celui-ci a tendance à se rééquilibrer de lui-même. De plus, cet obstacle étant plus large et plus rond que les autres verticaux et qu'il comporte parfois un côté légèrement montant, il est possible d'arrondir le saut et d'avoir une trajectoire moins verticale. Placé dans une combinaison, le mur freine le cheval, qui raccourcit ses foulées et se redresse. Il faut en tenir compte afin de maintenir une impulsion suffisante pour le reste de la combinaison.

Les épreuves de puissance

Une épreuve de puissance est destinée essentiellement à tester le coup de saut du cheval, sa capacité à passer de grands obstacles.
Un parcours bref
L'épreuve de puissance est constituée d'un parcours bref, composé de quatre gros obstacles de 1,20 m à 1,60 m et d'un mur qui peut atteindre 1,80 m. Ce type de parcours ne doit comporter ni combinaison, ni rivière, ni fossé, ni aucun obstacle naturel. Les concurrents qui exécutent un parcours sans fautes sont départagés par des barrages successifs. La victoire se dispute sur deux obstacles pouvant être élargis et relevés de barrage en barrage. C'est ainsi que Tancarville, sous la selle d'Hubert Parot, parvint à franchir 2,47 m. Aujourd'hui, les épreuves de puissance sont rares. On les remplace par l'épreuve des six barres.
Peu fragile
Le mur est très adapté à l'épreuve de puissance car c'est un obstacle sautant, adapté à des trajectoires très élevées. Il peut co porter une paroi légèrement inclinée du côté de la battue, ce qui le rend un peu montant et facilite un appel bien placé. De surcroît, le mur est un obstacle stable, peu fragile, qui ne pénalise pas d'une barre les chevaux qui tutoient ou qui frottent : en puissance, la victoire est souvent l'affaire de quelques centimètres !
Le mur et les jeunes chevaux
Le mur est un obstacle impressionnant, qui peut sembler décourageant lorsqu'il atteint une certaine hauteur. Face à lui, les jeunes chevaux marquent souvent une hésitation nette, ou le refusent. Il ne faut pas s'en inquiéter dans un premier temps : il s'agit d'un réflexe bien naturel. Le mur est un obstacle qui apparaît assez tard dans l'apprentissage à l'obstacle du jeune cheval. Commencez par des murs de petite taille et augmentez-en la hauteur progressivement.

Obtenir le placer

« Place ton cheval ! » Que de fois, sur une carrière, entend-on cette consigne ! Pour bien en comprendre l'importance, il faut s'interroger davantage sur le pourquoi que sur le comment de cette position : le placer met le cheval dans une attitude qui protège son dos, donc son avenir.

Accepter le travail

Obtenir le placer, ce n'est pas seulement favoriser l'engagement des postérieurs et le bon travail du dos, c'est aussi obtenir le céder au mors, signe que le cheval accepte le travail.
Si le cheval se creuse
Un jeune cheval non dressé et non musclé a naturellement tendance à relever la tête pour supporter le poids du cavalier. Dans cette posture, il creuse le dos, ce qui l'empêche d'engager ses postérieurs, donc de se déplacer dans un bon équilibre. Cette position l'empêche de réaliser un grand nombre d'exercices avec aisance, comme le jog, le départ au galop, l'arrêt
. De plus, lorsque la colonne vertébrale est infléchie dans le mauvais sens, les épiphyses dorsales peuvent aller jusqu'à se toucher, ce qui provoque des pincements douloureux et, à long terme, des usures anormales
Le cheval placé
En revanche, en se plaçant, le cheval étire sa colonne et maintient un espacement correct entre ses vertèbres. C'est une bien meilleure position. Lorsqu'il travaille placé, le cheval contracte ses abdominaux et étire ses muscles dorsaux, ce qui développe sa musculature et lui donne un dos solide. Il peut alors progresser dans son apprentissage
. En se plaçant, il vous dit aussi qu'il accepte le mors : c'est, dans le bon sens du terme, un signe de soumission.

Savoir s’y prendre

En équitation western, nuance importante, on demande au cheval de faire, on ne lui fait pas faire.
Au travail
Dans le travail du placer, vous devez demander au cheval de se placer et non de le forcer à le faire. Ensuite, vous devez obtenir qu'il maintienne de lui-même cette attitude sans qu'il y ait tension sue les rênes.
  1. Faites un petit rappel de la leçon de mise en avant. Le cheval doit prendre immédiatement l'allure demandée et la maintenir sans que vous ayez à le rappeler à l'ordre.
  2. Travaillez le céder au mors latéralement, d'un côté puis de l'autre : commencez par exercer une tension sur une rêne tout doucement puis, dès que le cheval commence à répondre, relâchez vite.
  3. Amplifiez votre demande précédente. Le cheval doit comprendre qu'en amenant le nez en direction de la tension, il se libère.
  4. Travaillez ensuite la réponse à la jambe isolée : le cheval doit fuir cette pression et comprendre que lorsque l'action de la rêne est associée à la jambe intérieure du même côté, on lui demande d'aller droit.
  5. Peu à peu, associez jambe et action sur le mors au trot, puis au galop. Demandez un céder d'un côté, puis de l'autre tout en marchant droit et en maintenant l'allure.
  6. Finalement, en jouant dans vos doigt des deux côtés simultanément et donnant de l'impulsion avec les jambes, vous devez obtenir la bonne réponse du cheval : le placer. Dès qu'il est en position, relâchez les aides.
Mettre des jambes lorsqu'on place un cheval
Essentiel ! Toucher à la bouche, c'est jouer sur le frein. Pour que le cheval comprenne qu'il doit maintenir l'allure, il faut le lui dire avec les jambes.