Soins de la jument après le poulinage

Juste après le poulinage, il faut se garder de trop intervenir. C’est le moment ou se nouent les liens entre la jument et son poulain. Ne troublez pas ces instant essentiels.

Le suivi des juments suitées

Après le poulinage, la jument ne nécessite pas de soins particuliers, mais un suivi attentif : pré dès que possible, alimentation adaptée et beaucoup de tranquillité.
Appeler le vétérinaire
La plupart des poulinages ont lieu de nuit. Le plus souvent, ils se déroulent sans difficultés et l'on découvre le nouveau-né au petit matin dans le box réservé aux mises bas. Même si tout semble s'être bien passé, il est prudent d'appeler le vétérinaire afin qu'il examine le poulain et la poulinière.
Respecter l'intimité
Dans les instants qui suivent la naissance, le poulain et sa mère apprennent à se connaître. Une fois que la jument a léché son poulain, que celui-ci s'est levé et a pris sa première tétée, et à ce moment-là seulement, vous pouvez vous autoriser un bref contact avec lui : approchez-le en lui parlant, caressez-le sur tout le corps et la tête de façon douce et rassurante. Puis disparaissez : il ne faut pas trop interférer dans la relation naissante entre la mère et le poulain.
Un peu de tranquillité
Après le poulinage, la jument peut être un peu fatiguée. La mise bas représente un effort important, le poulain sollicite constamment son attention, l'allaitement qui commence lui prend une bonne partie de son énergie. La nature ayant prévu tout cela, aucun soin particulier n'est nécessaire. Contentez-vous de surveiller de loin que tout se déroule bien. Nourrissez la jument selon les conseils du vétérinaire : attention, une alimentation trop riche peut être néfaste ! Accordez-lui beaucoup de tranquillité, si possible au pré.
Le pré dès que possible
Le meilleur des fortifiants, pour la jument comme pour le poulain, c'est une bonne pâture. Si le temps est trop froid, il est parfois difficile de mettre la mère et le poulain dehors toute la journée. Guettez les heures où la température est la plus douce pour leur accorder une sortie. C'est essentiel pour le moral de la jument et pour le développement du poulain, qui découvre le monde et commence à se dégourdir. Dès que le temps le permet, pré toute la journée ! Les premiers jours, donnez-leur un pré pour eux seuls, mais rapidement vous pouvez les mettre avec d'autres juments ayant des petits. Cette compagnie est nécessaire pour sociabiliser le poulain.
Bon à savoir
Si le poulain naît en début d'année, il peut être nécessaire de donner un supplément de foin ou de grain à la mère. Si le poulain naît normalement à la fin du printemps, les prairies sont le plus souvent assez grasses pour alimenter la jument. Comptez un hectare par poulinière.

Les complications possibles

Les soins lors des premières heures devraient, le plus souvent, se limiter à une observation attentive, simplement pour alerter le vétérinaire au cas où quelque chose se passerait mal.
Une complication fréquente
La complication la plus fréquente du poulinage est la rétention du placenta. Normalement, la jument doit expulser les déchets placentaires dans les deux à trois heures qui suivent la naissance du poulain. Surveillez la poulinière pour être sûr que tout se passe normalement. Pendant cette phase d'attente, il est prudent de faire un nœud avec les enveloppes du poulain qui pendent de la vulve. On évite ainsi que le poulain et la mère ne marchent sur ces tissus. Si un morceau de placenta reste dans la vulve de la jument, il faut recourir au vétérinaire. Ce dernier pratiquera une injection d'ocytocine afin de déclencher l'évacuation du placenta. Si celle-ci n'intervenait pas dans les sept à huit heures qui suivent la naissance, la poulinière devra être mise sous antibiotique et sous anti-inflammatoire. Le vétérinaire sera peut-être alors amené à extirper lui-même les déchets coincés dans l'utérus.
Surveiller l'allaitement
Il faut également surveiller que l'allaitement se passe bien, ce qui est généralement le cas. Examinez attentivement les mamelles pour détecter une éventuelle mammite. Assurez-vous que le petit tète normalement, les mamelles ne doivent être ni dures ni très gonflées et que les trayons sont encore humides de la dernière tétée.
Le bon geste
Il faut s'assurer que le poulain parvient à téter dans un délai maximum de trois heures afin qu'il avale le précieux colostrum sécrété par sa mère juste après la naissance. Dans un premier temps, il ne faut pas chercher à aider le nouveau-né : vaincre cette première difficulté est essentiel pour lui. Mais s'il ne parvient pas à se mettre debout ou à trouver les mamelles de sa mère après une ou deux heures, il faut intervenir.
Gros plan
Peu de temps après le poulinage, dans les trois à douze jours, la jument connaît une courte période d'œstrus (qui dure de deux à sept jours). C'est ce que l'on nomme les chaleurs de lait. Il faut les guetter si l'on souhaite que la poulinière produise un poulain tous les ans. Dès qu'elle se montre réceptive aux sollicitations du souffleur, il faut sans attendre procéder à la saillie avec l'étalon choisi.

1 commentaire:

amelia j a dit…

Est ce que tu pourrait indiquer combien de temps après la naissance du poulain on peut remonter sur la jument...merci beaucoup
PS: bravo super blog!