La toilette naturelle

Le cheval ne nous a pas attendus pour apprendre à maintenir sa peau en bon état. A l'état sauvage, il connaît plusieurs techniques de «toilettage» qui lui permettent de se débarrasser des corps étrangers et des parasites, de soulager démangeaisons et irritations, d'entretenir poils et crins.

La peau, organe des sens

La peau est un organe des sens très important pour le cheval. Fortement innervée, elle lui fournit de nombreuses informations sur son environnement et le protège contre les variations de température et les intempéries. Son entretien est donc vital.
La toilette naturelle n'est pas un pansage
Dans notre esprit, une bonne toilette ou un pansage doivent débarrasser les poils et les crins de toute trace de boue, de poussière ou de graisse. Le cheval, lui, se fait une idée bien différente du nettoyage : rien de tel qu'un bon bain de sable ou de terre pour se gratter le dos et chasser peaux mortes, parasites et autres hôtes indésirables. Quant à la graisse, qu'elle reste où elle est ; ce suint protecteur imperméabilise le poil et protège le cheval des intempéries. Et un solide cataplasme de boue soulage efficacement démangeaisons et irritations.
Des outils efficaces
Pour se frotter, se gratter, retirer les corps étrangers et chasser les parasites, le cheval dispose de plusieurs outils très efficaces : ses lèvres préhensiles, qui attrapent, pincent et massent, sa langue rugueuse qui nettoie, ses incisives qui grattent et frottent peau et poils en profondeur. De plus, le large rayon d'action de son encolure flexible lui permet d'atteindre de nombreuses parties de son corps.
Aide-toi, la nature t'aidera
Il reste néanmoins de nombreuses zones inaccessibles : la base de la queue, le dos, le garrot, l'encolure, la nuque et la tête. Pour gratter, frotter et nettoyer ces parties de son corps, le cheval utilise des supports à la fois solides et rugueux permettant une friction efficace : tronc d'arbre, rocher, buisson épais. Les chevaux en captivité, eux, ont recours à un piquet de clôture, au montant du box et aux murs offrant des angles et des surfaces adaptées au toilettage.
Une bonne roulade
Enfin, pour se frotter efficacement le dos et la nuque et s'octroyer un agréable massage général, rien de tel qu'une bonne roulade. Les chevaux se roulent fréquemment, avec un plaisir évident. Ils choisissent en général un sol bien sablonneux ou poussiéreux. Les bains de boue sont également très pratiqués. Leurs vertus sur la peau ne sont plus à démontrer, et les chevaux n'ont pas besoin de lire les ouvrages de médecine naturelle : ils le savent d'instinct.
Si l'occasion se présente et que le temps n'est pas trop frais, la plupart des chevaux apprécient également l'eau : ils y trempent le nez, s'aspergent généreusement en agitant la tête ou les pieds et, parfois, s'y roulent complètement.

Le toilettage réciproque : une question de confiance

Pour procéder à une toilette agréable, satisfaisante et peu fatigante, les chevaux pratiquent volontiers des échanges.
Un «toiletteur» choisi
Le cheval s'approche d'un congénère avec lequel il a de bonnes relations et lui fait comprendre son intention en faisant mine de le frotter du nez ou des lèvres. Si l'animal sollicité accepte, les deux chevaux se placent de façon à pouvoir se gratter mutuellement. Laisser un congénère s'approcher ainsi est un signe de confiance. Chaque cheval n'a que quelques partenaires de toilettage. Deux chevaux se toilettant mutuellement sont assez proches. Les séances de nettoyage leur procurent des sensations agréables, renforçant leurs liens et leur confiance réciproque.
Une toilette éducative
L'un des premiers gestes de la jument après la mise bas consiste à nettoyer son poulain. Elle s'imprègne ainsi de son odeur, découvre et identifie son corps ; en même temps, elle sèche et nettoie le poil, active la circulation du sang et stimule les muscles en les massant. Par la suite, la mère continue à toiletter son petit. Et bien sûr, elle lui enseigne les gestes du toilettage réciproque. Ces séances stimulent les sens du poulain et lui apportent plaisir et bien-être, contribuant à son développement et à son épanouissement. Très vite, le poulain explore lui aussi le corps de sa mère. Par les réactions de cette dernière, il apprend à distinguer les bons gestes des mauvais : morsures, pincements, interventions sur des zones sensibles sont aussitôt sanctionnés.

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