Départ au galop : avant de commencer

Quand on débute à cheval, des connaissances théoriques complexes n'aident pas forcément. Cependant, pour maîtriser le galop, il faut avoir compris d'où viennent les difficultés de cette allure.

Problème d’équilibre

Le galop est une allure complètement différente du trot : c'est pourquoi il n'est pas toujours facile de demander au cheval de passer de l'une à l'autre.
Le trot : Une allure stable
Le trot est une allure à deux temps : le cheval passe d'un diagonal (l'antérieur se déplace en même temps que le postérieur opposé) à l'autre. L'encolure reste immobile, le jeu de balancier étant inutile. Il s'agit donc d'un mode de déplacement peu compliqué et assez stable. Aucune modification notoire n’est nécessaire pour tourner au trot, qu'il s'agisse d'aller à droite ou à gauche. En ligne droite, le cheval n'a aucun effort important à fournir pour rester en équilibre. Le galop étant beaucoup moins facile, on comprend pourquoi un cheval d'instruction, qui cherche généralement à s'économiser, rechigne à quitter le confort du trot pour le relatif déséquilibre du galop.
Le galop : un déséquilibre permanent
Le galop est une allure sautée à quatre temps, dont un temps de suspension : cela veut dire qu'il y a quatre positions différentes des membres pendant le galop et que, lors de l'un des temps, aucun des membres ne touche le sol. Chaque temps du galop appelle le suivant, dans une succession délicate de déséquilibres qui forment, ensemble, un équilibre. Le mouvement de balancier de l'encolure, très marqué, exprime bien cette recherche d'équilibre. Pour maintenir le galop, le cheval doit fournir un effort permanent. Cela explique pourquoi il rechigne parfois et qu'il ait, dans cette allure, tendance à accélérer comme s'il courait, littéralement, après son équilibre.
Deux galop : à droite ou à gauche
De surcroît, le cheval ne pose pas ses membres de la même façon quand il galope sur le pied droit (pour aller vers la droite) ou quand il galope sur le pied gauche (pour aller vers la gauche). Il arrive d'ailleurs qu'il se perde un peu dans ses posers : on dit alors qu'il se désunit. Dans ce cas, son équilibre est délicat et il repasse, en général, au trot.
Tourner au galop : le bon côté
Bien sûr, l'existence d'un galop à droite et d'un galop à gauche complique le problème de la direction. Il n'est pas facile de tourner à droite avec un cheval qui galope à gauche, et inversement. Par ailleurs, un cheval très raide à droite, par exemple, évite de prendre le galop sur ce pied, même s'il est sur la piste à main droite. En arrivant dans le coin, il se trouve déséquilibré. Comme un changement de pied demande un effort important et un bon équilibre, il préfère repasser au trot : le malheureux cavalier qui fait ses premières armes au galop ne comprend pas, alors, pourquoi il est si difficile de maintenir cette allure.

Deux façons de partir au galop

Deux méthodes pour deux niveaux, mais seule la seconde permet d'obtenir un galop calme et régulier.
Tomber dans le galop
Lorsqu'un cavalier demande pour la première fois à son cheval de prendre le galop, on lui conseille en général de pousser sa monture au trot jusqu'à ce qu'elle parte au galop. Le plus souvent, on profite d'un tournant pour créer un déséquilibre : le cheval, en quelque sorte, «tombe» dans le galop. On parle de départ au galop par accélération d'allure. La méthode est simple pour le cavalier, qui n'a rien d'autre à faire que de donner des jambes. Mais, par ce moyen, le cheval prend le galop en perte d'équilibre. Il a donc tendance soit à accélérer, à «courir» après son équilibre, soit, au contraire, à repasser au trot. C'est pourquoi, dès que le cavalier a acquis une bonne maîtrise des aides, on lui enseigne comment «demander» au cheval de prendre le galop plutôt que de l'y pousser.
Prendre le galop
Pour que le cheval se place dans une attitude favorable à un galop équilibré qu'il pourra maintenir sans accélérer, on utilise le départ au galop sur la jambe intérieure : le cavalier place sa jambe intérieure (droite si l'on est à main droite) à la sangle et amène le bout du nez du cheval vers l'intérieur, tout en maintenant les épaules sur la piste, grâce à une rêne contraire intérieure. La jambe extérieure recule légèrement. On le voit, cette méthode demande des connaissances un peu plus poussées. Mais elle oblige le cheval à prendre le galop dans un bon équilibre. Il lui est donc plus facile ensuite de conserver cette allure dans le calme.

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