Les rituels de contact

Le cheval est un animal éminemment social qui a besoin de contacts fréquents avec ses congénères. Lorsqu'on lui en laisse la possibilité, il établit des relations sociales avec ses semblables. Le langage employé est à la fois gestuel et tactile.

Le contact naturel

Afin de bien comprendre ce qui se passe entre les chevaux domestiques qui vivent à l'écurie, il faut connaître les relations normales que les chevaux vivant à l'état sauvage établissent entre eux.
En liberté
Dans la nature, les chevaux vivent souvent en famille ou, plutôt, en harem. Chaque étalon dispose de quelques juments, qui sont suivies de leurs petits (jusqu'à deux ans). Il existe également des groupes de jeunes mâles vivant sans femelles. Bien entendu, les chevaux mâles ne sont pas castrés et vivent en communauté avec les juments et les poulains.
Dans le harem, on se connaît
La manière dont s'effectue le contact entre deux individus dépend à la fois de leur sexe et du fait qu'ils se connaissent déjà ou non. Le plus souvent, les chevaux sauvages se connaissent puisqu'ils vivent en famille. Ils savent donc quelle est la position hiérarchique de chacun. Ils éprouvent plus ou moins de sympathie pour les autres membres du clan. Le contact sera donc différent s'il s'agit de deux «copains» ou de deux individus qui ne s'apprécient guère. Les premiers se flairent juste les naseaux et restent paisiblement côte à côte, tandis que les seconds s’évitent plutôt ou échangent des menaces. Entre l'étalon et les juments, le contact peut prendre la couleur du flirt si Madame est bien disposée !
Rencontre entre inconnus
Lorsque deux individus qui ne se connaissent pas se rencontrent, la communication est avant tout gestuelle et olfactive. Par la position de son corps et sa manière de se mouvoir, le cheval indique à la fois son sexe, le statut hiérarchique auquel il prétend et ses dispositions. Les chevaux ayant l'odorat beaucoup plus développé que nous, leur nez leur indique aussi l'état hormonal et peut-être émotionnel de leur «interlocuteur». C'est ainsi que deux chevaux qui se rencontrent pour la première fois adoptent parfois un comportement typique, comme le piaffer pour les mâles. Ils vont ensuite s'approcher prudemment l'un de l'autre et se renifler les naseaux. Ce premier contact est souvent suivi d'un couinement et d'un lancé de l'antérieur vers l'avant. S'il s'agit d'un mâle, il reniflera aussi les zones génitales du nouvel arrivant ainsi que ses éventuelles déjections.

Le contact au club

Le contact rituel entre les chevaux de club varie beaucoup selon que l'établissement respecte ou non les besoins sociaux des chevaux. Cela va d'un simple bonjour en passant dans le premier cas à une foire d'empoigne dans le second.
Le contact : fondamental
Au club aussi, le contact entre deux individus varie selon qu'ils se connaissent bien ou non. Dans les établissements qui souhaitent disposer d'une cavalerie équilibrée et de montures fiables, tous les chevaux se connaissent. L'instructeur prend soin de mettre ses animaux au pré ensemble ou de les lâcher régulièrement dans un même paddock. En procédant de la sorte, il permet l'instauration d'une hiérarchie claire, synonyme de bon ordre social. Les animaux ont alors beaucoup moins tendance à se menacer les uns les autres, encore moins à échanger des coups de pied.
Les chevaux mal socialisés sont dangereux
Mais il existe, hélas, des établissements où les chevaux ne sont jamais lâchés ensemble et où ils n'ont donc pas l'occasion d'établir des rapports sociaux. Il n'y a pas, entre eux, de hiérarchie. En outre, les chevaux souffrent souvent d'un manque de relations avec leurs congénères. De tels animaux manifestent parfois une très grande envie d'aller à la rencontre de leurs semblables et traînent véritablement leur cavalier pour s'approcher d'un congénère. La rencontre risque d'être assez mouvementée, d'autant que les animaux sont déséquilibrés psychologiquement. Le malheureux cavalier a de grandes chances de se faire bousculer ou marcher sur les pieds, de recevoir un coup d'antérieur destiné au cheval inconnu, etc.

2 commentaires:

Brigitte a dit…

Des articles toujours très intéressants... Merci.
Par contre, dans les clubs, la plupart des mâles sont castrés. Cela change-t-il leur comportement ? ( je suppose que oui... ). Comment se comportent-ils alors avec les juments et les autres mâles non castrés ? ( Dans l'écurie où je suis, les mâles sont séparés des femelles ).

Jacques a dit…

Bonsoir Brigitte,

Les mâles castrés (ou hongres) ont effectivement un caractère moins "marqué". Moins de risques pour les cavaliers au cours des reprises. Plus facile également la gestion des rapports chevaux-juments lors des périodes des chaleurs de ses dames...
Sinon, aucune raison particulière de castrer les chevaux.

Où se trouve ton Club ?

Cordialement.