La préparation mentale du cavalier

En équitation, l'athlète, c'est le cheval. Le cavalier est un sportif, certes, mais on compte sur lui comme sur un pilote. Un pilote dont on néglige trop souvent la préparation mentale.

Se donner les moyens

La préparation mentale du cavalier est souvent négligée, même à haut niveau. L'entraîneur assène bien quelques «Concentre- toi», «il faut y croire» ou «Détends-toi». Mais quels sont les moyens pour parvenir à ce contrôle de soi-même ?
Le cheval perceptif
En équitation, le travail mental revêt une importance particulière : le cheval perçoit de manière très fine nos dispositions, notre conviction, nos appréhensions. Prenons un exemple classique : vous devez sauter un obstacle que votre cheval a les moyens de sauter, mais qui vous fait peur. Vous aurez beau déployer des aides très convaincantes, si, au fond, vous n'y «croyez pas», il y a de fortes chances pour que le cheval s'arrête.
Muscler son esprit
Si vous voulez convaincre votre cheval de bien faire, vous devez commencer par vous convaincre vous-même. On peut travailler son mental, le muscler et l'assouplir, comme on travaille son corps. Il existe pour cela des techniques, des exercices à pratiquer quotidiennement. Le premier pas dans ce domaine consiste à admettre l'importance de la préparation mentale.
La visualisation
L'exercice de visualisation est une pratique mentale fondamentale. Il consiste à se concentrer sur des images mentales très précises, qui se déroulent comme dans un film dans notre tête. Ce n'est pas une technique aussi aisée qu'il paraît, aussi un entraînement quotidien de quelques minutes est-il souhaitable. On utilise la visualisation soit pour écarter les appréhensions qui nous handicapent, en visualisant des images positives, soit pour pour travailler un exercice particulier en s'y entraînant mentalement. L'effet de cette «expérience mentale» est considérable.
La concentration en question
On parle beaucoup de concentration, mais peu de cavaliers savent exactement de quoi il s'agit et très peu savent comment accéder à volonté à cet état.
La concentration, c'est la capacité à mobiliser son esprit (et donc son énergie) sur un seul objet : le parcours, la reprise, etc. Beaucoup de gens confondent concentration et tension. En fait, pour accéder à une parfaite concentration, il faut se décontracter, «faire le vide», se débarrasser des pensées et des émotions parasites pour mettre toute son efficacité, sans crispation inutile, au service de l'effort demandé.
Le rôle du subconscient
Le subconscient est une partie de notre esprit qui échappe à notre contrôle direct mais que nous pouvons influencer. A son tour, il détermine profondément une grande partie de nos comportements. Il semble s'appliquer à nous faire réaliser les images mentales que nous portons au plus profond de nous. Les mécanismes de réussite ou d'échec dépendent largement de l'image mentale qu'au fond nous avons de nous même. Une partie de la préparation mentale consiste à adopter des techniques physiques et mentales qui permettent, à long terme, d'influencer notre subconscient et de réorienter toute notre attitude de façon positive et constructive.

Relaxation et autosuggestion

La tension et le doute sont à l'origine d'une perte d'énergie qui nous dessert pendant l'entraînement et lors des épreuves. Apprendre à se détendre et à croire en soi : voilà notre premier travail mental.
Gérer le stress
Le trac, les émotions, la fatigue, la tension, le doute, sont autant de parasites qui entravent la concentration. On peut apprendre à se concentrer, notamment au moyen des diverses techniques de respiration et de relaxation (respiration profonde, relaxation, sophrologie, yoga, etc.). Ces techniques précises et efficaces permettent d'améliorer les performances dans tous les domaines.
Se fixer des objectifs
Les rêves et les rêveries ne sont pas constructifs et peuvent même être décourageants s'ils ne sont pas convertis en objectifs accessibles. Transformez vos aspirations (J'aimerais participer au championnat de France junior) en objectifs de travail simples : je vais travailler ma suspension, je vais monter sans étriers pour améliorer mon assiette. Considérez ce travail immédiat comme un pas vers vos aspirations futures.
Le principe de la récompense
Félicitez-vous quand vous atteignez vos objectifs. Gagner, c'est gagner sur soi- même, s'améliorer. Si vous essuyez des échecs, réajustez vos objectifs. Vous ne parvenez pas à franchir l'obstacle n° 1 dans la plupart des parcours ? Votre objectif devient : Je vais sauter au moins le premier obstacle.» Quand vous l'aurez fait, ce sera une victoire. L'objectif suivant sera : «Je vais sauter au moins les deux premiers obstacles.»
Voyez le côté positif des choses. Ne vous laissez pas décourager. Accrochez-vous à votre désir : si vous voulez réussir en concours, vous y arriverez. C'est une question de travail. Aujourd'hui, vous avez sauté un obstacle, demain deux. Bientôt, le parcours sans faute.
Le coin du pro
Votre mental déteint immédiatement sur celui du cheval : vous n'obtiendrez un cheval calme et attentif qui si vous êtes vous-même décontracté, concentré et déterminé.

1 commentaire:

josiane a dit…

vos aricles sont intelligents et bien rédigés, ils traitent de sujets variés mais tous importants pour les passionnées de chevaux, merci!