PTV : jeux d’adresse, la bordure maraîchère

Parmi les jeux d'adresse de PTV, la bordure maraîchère est un classique qui résume bien les difficultés de pilotage guettant le cavalier en extérieur. S'engouffrer à allure vive dans un couloir de 50 cm de large n'est pas si facile qu'il y paraît.

A mi-chemin entre contrôle et contrat

Pour réussir la bordure maraîchère, le cavalier doit évidemment avoir une bonne maîtrise de sa monture. Mais il doit aussi savoir lui laisser assez d'initiative pour qu'elle participe à l'action.
La bordure, à quoi ça sert ?
Il est clair qu'un tel arrangement de barres n'existe pas dans la nature et que la bordure maraîchère est plutôt une représentation symbolique des difficultés de pilotage qui guettent le cavalier d'extérieur : bas-côté étroit au bord d'une route passante sur laquelle il ne ferait pas bon s'égarer ; sentier encombré, le long d'un pré semé où tout écart du cheval marquerait de vilaines traces, propres à le fâcher à jamais avec les paysans du coin, etc. La bordure atteste que le cheval s'en gage là où son cavalier le lui demande, même si ce n'est pas l'endroit le plus dégagé, et qu'il maintient fidèlement sa trajectoire.
Un pilotage en finesse
Pour le cavalier, un abord convenable représente la difficulté majeure. En premier lieu, il doit prévenir sa monture de ce qui l'attend, pour éviter un refus dû à la surprise. Faites votre approche à allure modérée, accompagnée d'une indication vocale préalablement enseignée (« Bordure ! », par exemple). Ensuite, l'essentiel consiste à se présenter bien dans l'axe, car des corrections de dernière minute mèneraient droit à la faute. Une fois le franchissement commencé, les dés sont jetés : il ne reste qu'à se faire oublier, rênes légères, poids équitablement réparti, pour laisser le cheval maître de son équilibre.
Laisser sa part au cheval
La bordure est bien trop étroite pour permettre une quelconque intervention en cours de route. Aussi est-il indispensable de confier au cheval une partie du travail, en passant quelques contrats avec lui à l'occasion de l'entrainement. Montrez-lui à quoi ressemble la difficulté en insistant sur deux nécessités :
  • on ne touche pas les barres ;
  • on maintient son allure de bout en bout.
Ce sont des règles faciles à comprendre qu'il prendra volontiers en charge pourvu que le cavalier s'y prenne avec douceur et patience
Bon à savoir
Représentation symbolique d'un chemin étroit entre des plantations, la bordure maraîchère est un couloir de 8 m de long et 50 cm de large, construit à l'aide de barres classiques. Pour obtenir les 7 points de la note d'« efficacité », le cheval doit s'y engager sans refus et la parcourir sans changer d'allure, ni toucher les barres, ni sortir un pied. Les deux premières fautes sont pénalisées de 3 points chacune, la troisième entraîne la note zéro pour la difficulté. C'est l'allure de franchissement qui détermine les points de « style » :+3 pour le galop, 0 pour le trot, -2 pour le pas.

Une formation progressive

Il est impossible de réussir un franchissement au galop sans un entraînement préalable. Il est indispensable, et plutôt amusant, de faire peu à peu les présentations.
Un entonnoir de barres
Avant toute chose, laissez le cheval flairer les barres, les toucher du nez, pour lui permettre de se rassurer. Pour faciliter les premiers essais, on commencera par les écarter, en les disposant en entonnoir. Ainsi, l'animal est canalisé et peut s'habituer tranquillement à la disposition des lieux. On resserrera ensuite la sortie, et plus tard le reste, jusqu'à la largeur fatidique de 50 cm. Il est utile d'avoir dans la poche un lacet étalonné pour faciliter les mesures.
Donner des responsabilités
Donnez à votre monture une liberté maximale pendant l'abord et le franchissement (rênes flottantes). Elle doit apprendre à viser d'elle-même l'entrée. Si elle touche la sortie étroite, protestez de la voix sur le champ et recommencez immédiatement. Au contraire, chaque fois qu'elle passe sans encombre, félicitez-la abondamment (voix, caresse, friandise), en continuant quelques foulées bien dans l'axe. Le même esprit de liberté doit guider les allures : lors que vous aborderez les franchissements au trot puis au galop, n'entretenez pas le mouvement : laissez la faute se produire, puis rectifiez-la. Votre monture comprendra ainsi bien mieux quel est son devoir.

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