Le Don

Ce cheval russe était la monture des célèbres cosaques. Les éleveurs sont conscients des imperfections de sa conformation, mais continuent de l'élever parce que cette race a fait ses preuves en matière de bravoure, de force et de rusticité.

Les chevaux du fleuve

Longtemps monture des cosaques, le don tient son nom du fleuve au bord duquel il vit depuis des temps immémoriaux.
Chevaux sauvages pour guerriers nomades
Les communautés de cosaques se formèrent au nord de la mer Noire, vers l’an mille. Mais ce n'est qu'au XIVe siècle qu'elles constituèrent un véritable « peuple à cheval ». Ces cavaliers légendaires se remontaient en capturant des chevaux sauvages au sein des troupeaux de la steppe. Bien qu'il soit difficile de retracer précisément l'origine de ces troupeaux, on suppose qu'ils se sont constitués, au moins en partie, grâce aux ancêtres des chevaux mongols, échappés aux hordes de Gengis Khan.
La rudesse qui donne la force
Le don est d'une extrême rusticité, d'une robustesse, d'une endurance et d'une frugalité remarquables. Ces caractéristiques s'expliquent par la rudesse des conditions de vie dans les steppes d'où il est originaire et où il passe généralement, encore de nos jours, toute l'année en liberté. Au printemps et en été, il se gave d'herbe dure et riche; il emmagasine vitamines et minéraux et se constitue une réserve de graisse, Lorsque l'hiver arrive, ce «lard» lui offre assez de ressources pour affronter les froids redoutables de ces contrées où la température descend jusqu'à -40°C. Quelle que soit l'épaisseur de la neige, le don parvient toujours à la gratter et à atteindre le sol et l'herbe rase qui lui permet de subsister jusqu'au printemps suivant.
Croisements et recroisements
Au XVIIIe siècle, on se préoccupa d'améliorer la race, de lui donner de la taille et de l'ampleur. Pour y parvenir, on lâcha dans les steppes du Don des étalons turkmènes et karabakhs. Mais les résultats ne furent guère satisfaisants, si l'on s'en tient au jugement des hussards de Napoléon qui voyaient en ces rustiques montures de « petits chevaux hirsutes ». Aussi dès le début du XlXe siècle, on apporta au don du sang orlov et arabe puis pur-sang. Les croisements ne cessèrent vraiment que vers 1900, époque à laquelle la race sembla assez bien fixée. Le don, qui a conservé une vigueur peu commune est aujourd’hui un bon cheval de selle,
Le don et la retraite de Russie
Lors de l'effroyable retraite de Russie, en 1812, les cosaques ont été des « guêpes sur les flancs de la Grande Armée », harcelant sans relâche et avec beaucoup d'efficacité les soldats de Napoléon. Les hussards estimaient que l'ennemi montait de « vilains petits chevaux inélégants, secs et hirsutes ». Mais, s'ils ne payaient pas de mine, les chevaux du Don ignoraient le froid et multipliaient les charges, tout en se contentant de très maigres rations. Quant aux montures des Français, elles mouraient de fatigue et de faim par dizaines de milliers...

Malgré les apparences

Le don ne surprend ni par sa beauté ni par la perfection de son modèle. Mais ses qualités n'en sont pas moins réelles.
Origines
Le don a longtemps vécu libre. au bord du fleuve dont il porte le nom, l'homme prélevant sur les troupeaux les sujets dont il avait besoin. Aujourd'hui, ce cheval est toujours élevé de la même manière, mais sur des territoires moins étendus.
Type et tempérament
Épaule trop droite, membres trop longs, paturons trop raides, articulations insuffisamment épaisses, jarrets coudés ou vilains aplombs : le modèle du don est souvent imparfait. Évidemment, tout cela lui donne des allures qui ne sont pas toujours très souples, élégantes ou confortables. Et pourtant ! Même si on peut trouver à redire sur sa conformation, il demeure un extraordinaire coureur de fond. Pour en juger, il suffit d’assister à l’arrivée du plus dur test auquel on le soumet, qui consiste à lui faire couvrir 275 km en moins de 24 h.
Modèle
La tête, surmontée de deux petites oreilles, avec un profil rectiligne, est expressive et assez gracieuse. L’encolure, de longueur moyenne est attachée assez haut sur le garrot parfois noyé L’épaule est souvent droite. La poitrine est ample, le dos droit et la croupe généralement un peu plate. Les membres sont longs, droits et durs, mais les articulations ne sont pas toujours assez épaisses et les défauts d’aplomb sont fréquents, ce qui explique des allures un peu courtes et inélégantes, mais économiques.
Taille
De 1,60 m à 1,68 m au garrot.
Robe
L’alezan, le bai et le bai-brun dominent, souvent avec des reflets dorés qui rappellent la robe louvette des ancêtres de la race. On trouve aussi des gris ou des cafés au lait. Queue et crinière sont courtes et peu fournies.
Caractère
Bien qu’il soit généralement élevé en liberté, le don s’attache facilement à l’homme. Ses yeux brillants d’intelligence sont dépourvus de malice : c’est un cheval d’une grande docilité, toujours prêt à coopérer, gentil et doté de sang-froid.

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