Le Brabançon

Un cheval fort et tranquille

Sage et doux à la fois, le puissant trait belge natif du Brabant convient parfaitement pour les loisirs. La Société Royale, sise à Bruxelles, et ses éleveurs veillent sur son devenir.
Une date de naissance incertaine
Selon certains auteurs, le premier aïeul du brabançon serait apparu à l'époque du quaternaire sous la forme d'un grand cheval qui aurait eu les caractéristiques du lourd ardennais d'Europe occidentale. Il est certain, en tout cas, que ses origines remontent au Moyen Âge. Il ressemble alors aux lourds chevaux de combat élevés dans le Brabant et les Flandres. Plus tard, il reçoit, comme toutes les autres races, différents sangs étrangers sans qu'il en résulte aucune amélioration sérieuse. Les éleveurs décident alors de sélectionner les meilleurs sujets indigènes et de renoncer aux croisements. Au XIXe siècle, une amélioration intervient.
Trois lignées capitales
Le brabançon revu et corrigé, employé aux durs travaux de traction, tient désormais une place prépondérante dans l'agriculture. En 1886, la Société Royale du Cheval de Trait Belge voit le jour et, dès 1890, le stud-book de la race est créé. Trois courants de sang, issus de lignées imposantes, le façonnent définitivement. Les Gros de la Dendre découlent de l'étalon Orange Ier. Très musclés, ils possèdent des membres et des pieds extrêmement solides. Les Gris de Nivelles, distingués, aux aplombs corrigés, émanent de Bayard. Quant aux Colosses de la Méhaigne, ils descendent de Jean Ier et ont un tempérament énergique. Entre les deux guerres mondiales, trois brillants étalons rouans marquent l'élevage du brabançon: il s'agit d'Albion d'Hor, de son fils Avenir d'Herse et de son petit- fils Espoir de Quaregnon. Dans les années 1930, les Américains importent de nombreux brabançons et ouvrent un stud-book consacré au Belgian Draft Horse. L'après-guerre et la motorisation conduisent la race au bord de l'extinction.
Un cheval de loisir fiable
Aujourd'hui, sauvegardé, le trait belge a réussi à s'adapter à de multiples activités de loisir et de compétition, comme la Route du Poisson. Conçu pour la traction, on l'utilise, par exemple, pour le débardage ou le remorquage des filets de crevettes en bordure de mer. On comptait, en 1999, 1275 juments, 75 étalons et 920 poulains.
Gros plan
La couleur de la robe peut avoir une influence sur le prix de vente. Les rouans, qui sont les plus courants, sont les moins cotés. On trouve aussi beaucoup d'alezans crins lavés. Les bais et les bai-brun, plus rares, sont très prisés.
Le saviez-vous ?
Ce cheval colossal a joué un rôle essentiel dans la création de nombreuses races de trait comme le clydesdale, le shire ou le suffolk punch - tous chevaux d'une puissance considérable.
Un aimable colosse
Monumental : voilà comment apparaît le trait belge. Ce grand cheval de travail est un aimable colosse qui se prête avec bonne volonté aux travaux que les hommes lui imposent.
Origines
De nos jours, si on excepte la région ardennaise, le trait belge est élevé partout en Belgique et, particulièrement, dans le nord du pays

Type et tempérament

Celui que l'on considère comme l'un des plus puissants chevaux de trait du monde, et qui a influencé beaucoup de races, possède des allures actives et un tempérament doux mais énergique.
Modèle
Sa tête carrée est plutôt légère et alerte, avec de petites oreilles attentives et des yeux vifs. Son encolure, courte et épaisse, est portée assez haut. Son corps très puissant est doté d'un passage de sangle profond. Sa croupe est double, large, arrondie, la queue étant plantée bas. Ses membres massifs, forts, aux articulations sèches et larges, paraissent relativement courts. Parmi ses autres particularités, il faut noter des paturons souples, des sabots larges et solides, de légers fanons. Sa taille en de1,70 m en moyenne au garrot.
Robes
Noir, bai, alezan, rouan (60 % des sujets), gris fer, aubère et pommelé.
Caractère
Le trait belge se prête au labeur avec bonne humeur; il est toujours de bonne volonté et reste obéissant en toutes circonstances. Fiable et docile, c'est le cheval d'attelage familial idéal. Il se plie aux exigences du dressage, participe brillamment aux carrousels et séduit de plus en plus de cavaliers. Rustique, il peut rester dehors toute l'année et ne nécessite pas de soins particuliers.

La litière

Les chevaux libres changent constamment de pâturage, évitant ainsi de manger et de dormir dans un lieu qu’ils ont souillé. Le cheval domestique, lui, ne peut changer d’abri ou de box. Nous devons donc lui procurer une litière saine et sèche pour son repos et son bien-être.

Différents matériaux, différents usages

La litière doit être confortable et, surtout, sèche pour que le cheval puisse se coucher. Ce doit être aussi, si possible, un substitut du pâturage. Il semble que la paille est difficile à remplacer!
La belle blonde
La litière de paille joue un rôle important dans l'équilibre physiologique et psychologique du cheval. Le cheval peut la grignoter des heures durant. Ce faisant, il répond à trois besoins.
  • Le besoin de mastiquer (ce qu'il fait quatorze à seize heures dans la nature !)
  • Le besoin de lester le bol alimentaire. La paille apporte en effet beaucoup de cellulose qui accélère le transit intestinal. Un excès de paille diminue de façon notable la digestibilité de la ration. En cas de manque de lest, au contraire, le transit ralentit et les intestins se dérèglent.
  • Le besoin de s'occuper. Trier les brins, fourrager dans les coins, mastiquer longuement les meilleures tiges permet de tuer le temps et de retrouver un semblant d'activité naturelle.
Trois types de paille
On trouve essentiellement trois types de paille : la paille de blé, la paille d'avoine, la paille d'orge. Chacune a ses avantages et ses inconvénients. La paille d'avoine est la plus digestible. Ses brins longs forment une litière moelleuse. C'est souvent elle qui est choisie dans les écuries de courses. La paille de blé est la plus absorbante. La paille d'orge, un peu dangereuse du fait des épis piquants qu'elle contient, a une haute valeur nutritive. On est parfois tributaire des possibilités locales pour la livraison de la paille. Mais, si vous avez le choix, tenez compte des préférences de votre cheval.
Une bonne récolte
La paille peut être plus ou moins broyée, c'est-à-dire plus ou moins longue, selon le type de moissonneuse utilisée lors de la récolte. Les conditions dans lesquelles s'est faite celle-ci déterminent sa qualité. Elle doit avoir été ramassée sèche, rentrée aussitôt, puis stockée à l'abri de l'humidité et de la lumière. La paille longue est souvent plus belle, moins poussiéreuse, mais ne facilite pas l'entretien du box. Une paille finement broyée donne trop de poussière. Il faut en trouver une de taille moyenne. La couleur doit être jaune, l'odeur agréable. La paille grise est en fait couverte de moisissures qui entraînent de nombreux problèmes pulmonaires et des allergies parfois très graves.
Les risques d'une mauvaise paille
Poussière et moisissures sont les ennemis du cheval. Les moisissures provoquent de nombreuses allergies et, parfois, de sérieux problèmes digestifs. Poussière et moisissures sont aussi à l'origine de divers problèmes pulmonaires comme l'emphysème, maladie chronique irréversible.
Où s'approvisionner ?
On trouve de la paille auprès des agriculteurs et des négociants spécialisés. Il est parfois difficile de trouver de petites bottes, car la mode est aux balles rondes ou carrées de 250 kg ! Soyez exigeant sur la qualité. Les copeaux s'achètent dans les scieries ou les grandes menuiseries. La sciure fraîche ne se trouve qu'en scierie, où elle est souvent gratuite. Encore vous faut-il trouver un moyen de la transporter. Les litières nouvelles ne s'achètent que chez les revendeurs. Vous trouverez de bonnes adresses dans les magazines consacrés au cheval ou dans les expositions.

Les autres litières

On est parfois obligé de remplacer la paille par d'autres matières. Mais attention : toutes les litières qui ne se mangent pas privent le cheval d'une occupation indispensable !
Les copeaux
Dans certaines circonstances, on emploie une litière de copeaux de bois. Peu poussiéreuse et peu allergène, elle est indiquée pour les chevaux qui ont des problèmes de santé. Malheureusement, si l'usage du copeau en lieu et place de la paille résout certains problèmes physiologiques, il provoque le plus souvent d'autres problèmes liés au manque de grignotage (donc de lest) et à l'ennui. En cas de maladie pulmonaire ou d'allergie, le plus sage est de faire vivre le cheval au pré.
La sciure
Certaines scieries se débarrassent de leur sciure -ce qui fournit une litière gratuite. Seule doit être utilisée la sciure fraîche. La sciure sèche est extrêmement inflammable et provoque des problèmes pulmonaires quasi immédiats. L'entretien des litières de copeaux ou de sciure est facile. Il suffit d'ôter régulièrement les crottins et les plaques d'urine pour que le box soit propre.
Les litières nouvelles
On trouve depuis quelques années des litières de chanvre, de lin et, parfois, de papier journal. Ces litières limitent le temps d'entretien du box. Mais elles coûtent cher à l'achat et le cheval, privé de «pâturage», s'ennuie. Ces inconvénients suffisent à limiter leur emploi. Elles sont souvent utilisées, au même titre que les copeaux, pour des raisons de santé.
Bon à savoir
La litière de copeaux, peu poussiéreuse et d'entretien facile, peut être provisoirement adoptée lors d'une convalescence. La ration doit alors comporter une proportion importante de foin, ce qui fournira du lest au système digestif et de l'occupation au malade.

Connaître et régler le hackamore

Très apprécié des randonneurs, le hackamore mécanique reste un matériel mal connu : beaucoup d'erreurs sont commises dans son utilisation et dans son réglage, si bien que le confort du cheval n'est pas toujours parfait.

A la recherche du confort

Le hackamore mécanique, parce qu'il libère la bouche, donne une impression de confort souvent trompeuse : mal réglé, mal utilisé, il peut être difficile à supporter pour le cheval.
Libre de brouter ?
Bien des randonneurs choisissent le hackamore pour permettre à leur monture de brouter plus commodément. Mais c'est faire passer au premier plan un critère qui devrait être secondaire : le rôle de l'embouchure est d'abord de permettre une communication fine et un contrôle efficace. Avant d'opter pour cet out il, il convient de comprendre son fonctionnement et de s'assurer qu'on saura l'utiliser correctement. Tous les chevaux sont capables de brouter malgré un mors. Mais peu de cavaliers savent se servi r d'un hackamore.
Effet de serrage
Lorsque le cavalier ajuste ses rênes, les branches du hackamore basculent et font levier sur la gourmette. Si la tension s'accentue, les mâchoires du cheval se trouvent serrées entre celle-ci et la bande nasale. Certaines montures accusent leur inconfort en pointant anormalement la lèvre supérieure ou en crispant le menton. Ces manifestations indiquent clairement que les actions sur le hackamore doivent rester brèves et ponctuelles, sous peine d'engendrer crispation et douleur. A terme l'animal risque de se désensibiliser et de « s'appuyer contre la douleur », ce qui rendra le hackamore inefficace.
Rênes en guirlande obligatoires
Pour utiliser le hackamore en randonnée, le cavalier doit donc apprendre à monter rênes en guirlande. Commencer l'apprentissage au pas : rendre les rênes d' un coup (et non pas progressivement), n'intervenir, brièvement, que si le cheval change d'allure. Puis les relâcher de nouveau, et ainsi de suite. Peu à peu , la monture se « responsabilise » et apprend à tenir l'allure d'elle même. Paradoxalement, elle y gagne en calme et en confiance : moins d'écarts, moins d'excitation.
Pas de hackamore « prison »
Autant dire que le hackamore ne doit en aucun cas être considéré comme la solution ultime par le cavalier qui ne sait plus comment tenir son cheval et qui cherche une embouchure pouvant réussir là où toutes les autres ont échoué. Le problème vient de sa main, qui opère une traction trop prolongée, et non de l'embouchure C'est la main qu'il faut rééduquer.
Quel modèle choisir ?
Plus précis, les hackamores articulés se placent mieux sur le nez et permettent des indications plus fines. Mais la plupart ont des branches trop longues et une bande nasale trop fine (moins de 3 cm) ce qui les rend inutilement sévères. Se méfier des modèles très bon marché dont les branches cassent parfois au niveau d'une soudure.
Les atouts du hackamore
  • Tant que la main est neutre, rênes en guirlande, le confort du cheval est assuré, puisque sa bouche est libre.
  • Grâce à la bascule des leviers, le cheval est prévenu de l'approche de la main. Il ne risque donc pas d'être surpris par une action heurtée et apprend à réagir avant que l'intervention ne devienne contraignante.
  • Les leviers facilitent la conduite à une main et l'obéissance à la rêne d'encolure. Il y a donc gain de maniabilité.
  • Mais ne pas oublier : par temps de gel, pas de métal froid dans la bouche.

Les difficultés de réglage

Il est fréquent, hélas, d'observer des hackamores mal placés qui blessent le cheval ou gênent sa respiration. Soyez attentif.
Bridons mal adaptés
Conçus pour être employés avec un mors, les bridons ont souvent des montants trop longs pour accueillir un hackamore. Alors, la bande nasale appuie sur la partie cartilagineuse du chanfrein et pend trop bas sur les naseaux. Quand le cavalier agit sur les rênes, il meurtrit son cheval et l'étouffe. Ce n'est plus de la communication, c'est de la torture. Bien souvent, l'animal réagit par l'angoisse et la fébrilité, cherchant le salut dans la fuite en avant, à quoi le cavalier répond en freinant davantage. Tragique malentendu.
Le bon réglage
Le hackamore doit être placé assez haut pour dégager la partie mobile, située au dessus des naseaux, qui gonfle à chaque inspiration. Chez la plupart des chevaux, le bon emplacement est signalé par une légère bosse sur le chanfrein, facile à repérer, 10 à 15 cm en arrière des naseaux. On ne peut guère l'installer plus haut, car le mécanisme métallique risquerait alors de blesser l'os zygomatique. La gourmette se règle comme sur un mors ordinaire : elle doit arriver au contact lorsque les branches forment un angle de 45 degrés avec les montants.
Bon à savoir
Si votre bridon se révèle trop long pour monter correctement un hackamore, le mieux, évidemment, est d'en acheter un plus petit. Attention, son frontal sera probablement trop court : conservez celui d'origine. Si vous souhaitez éviter un nouvel achat, vous pouvez percer des trous à l'emporte-pièce pour boucler les montants plus haut sur la têtière. Il faudra alors probablement rallonger la fente de séparation de la sous-gorge au cutter et supprimer le frontal ou le fixer plus bas sur les montants.

Protéger le cheval

Le concours complet est une discipline dangereuse. Les accidents sont parfois inévitables, mais des soins attentifs avant, pendant et après l'épreuve permettent souvent d'éviter chocs et blessures inutiles au cheval.

Protéger à court et à long termes

Il existe essentiellement trois façons de protéger les chevaux en complet : le contrôle des vétérinaires, l'entraînement, l'utilisation d'un matériel adapté.
Un parcours à haut risque
Sur un cross, les obstacles étant fixes et le train rapide, le moindre effleurement d'un obstacle devient un choc, qui peut provoquer des contusions plus ou moins douloureuses et plus ou moins graves ainsi que, parfois, des fractures. Les chutes entraînent en général de multiples contusions, parfois des accidents osseux ou tendineux. Certaines sont mortelles. L'intensité des efforts est, à elle seule, à l'origine de nombreux accidents, notamment tendineux.
Le contrôle des vétérinaires
Les premières épreuves militaires qui sont à l'origine du concours complet furent de véritables hécatombes. Au fil des ans, la mise en place d'un règlement plus rigoureux a permis de concevoir des épreuves plus adaptées aux possibilités du cheval , sans pour autant écarter les risques, qui demeurent élevés dans cette discipline. Mais, surtout, un sérieux garde-fou a été mis en place : le contrôle des vétérinaires. Une première visite vétérinaire intervient après le second routier, avant le départ sur le cross. L'auscultation permet d'épargner le parcours à un cheval trop éprouvé. Une seconde visite, le lendemain, estime la capacité de récupération des chevaux et écarte ceux qui boitent.
Un rôle fondamental
L'intervention des vétérinaires ne se limite pas au terrain de concours. Ils jouent un rôle fondamental dans le suivi des chevaux de compétition. Ils doivent, bien sûr, assurer leur forme par un entraînement, une alimentation et des soins adéquats. Mais ils doivent aussi, toujours, prendre position pour défendre la santé physique et mentale du cheval. Il est de leur devoir de protéger l'animal en faisant passer son état à long terme avant la performance d'un jour. C'est à eux de mettre en garde les cavaliers contre des abus dangereux pour leur monture et pour eux-mêmes.
Un entraînement adéquat
La meilleure des protections, sans aucun doute, consiste à ne pas inscrire un cheval dans une épreuve pour laquelle il n'est pas suffisamment préparé. Un entraînement rigoureusement adapté, avec un suivi vétérinaire très sérieux, permet au cheval d'être au maximum de sa forme au moment d'une épreuve importante. Un manque de souffle, une musculature insuffisante, une technique défaillante exposent le cheval (et le cavalier) à des accidents parfois mortels. Dans le même ordre d'idée, la compétence et la préparation du cavalier jouent un rôle déterminant pour la sécurité du «couple».
Bon à savoir
Le vétérinaire joue un rôle fondamental dans la protection du cheval de compétition aussi bien au cours de l'entraînement que sur les terrains. Il est de son devoir de tempérer l'appétit de victoire du concurrent lorsque la santé physique ou mentale du cheval est en danger.
Le coin du pro
Pour le cross, seules les cloches sans système d'ouverture, qui s'enfilent par le pied, sont suffisamment sûres. Elles doivent être assez épaisses pour ne pas se déchirer, souples sans être molles et bien conçues pour ne pas se retourner

Un matériel adapté

Lorsque le cheval est fin prêt, il faut employer un matériel adapté (protections, crampons, vaseline, etc.) pour le protéger autant que possible des chocs, des dérapages et des chutes.
Les protections
Bien évidemment, on ne prend pas le départ d'un cross sans un jeu complet de protections : guêtres antérieures et postérieures ainsi que cloches. Évitez d'employer du matériel neuf, qui n'est pas forcément confortable pour le cheval. Prenez plutôt des guêtres déjà bien «faites» aux membres de votre monture et dont vous êtes sûr. Tenez compte du passage dans le gué, sur le terrain boueux, etc. Beaucoup de cavaliers emploient des coques en mousse rigide préformées, perforées, maintenues en place par des bandes de travail fixées au chatterton.
La vaseline
La plupart des chevaux de complet prennent le départ du cross généreusement «tartinés» de vaseline. En cas de passage un peu juste sur un obstacle, celle-ci permet de glisser et non d'accrocher. Déposez-en une couche conséquente sur la face antérieure des membres et sur le poitrail.
Les crampons
Les crampons ne sont jamais aussi utiles que pour le cross. Sachez choisir le type de crampon selon la qualité du terrain. Petits à tête ronde pour les terrains plutôt durs, plus gros pour les terrains boueux. On cramponne en général avant l'épreuve de fond ou juste avant le cross si le routier comporte de la route.
Gros plan
De nombreux cavaliers prennent la précaution de nouer ou de natter la queue, puis de l'attacher avant le départ du cross : cela évite que les crins se prennent dans les buissons et les branchages ou s'accrochent à certains éléments des obstacles.

Première leçon montée

Autrefois, la première séance de débourrage tournait souvent au rodéo. Aujourd'hui, le dressage éthologique a fait des émules. Le travail de débourrage se fait progressivement, en tenant compte de la nature du cheval et de ses réactions. Le cheval ne sera pas traumatisé.

Le premier monté : un grand événement

La première fois que l’on monte un poulain est un grand événement et le cavalier ne peut s’empêcher d’être ému. Mais le cheval, lui, doit être suffisamment préparé pour n’éprouver aucune émotion désagréable. La démonstration qui est faite ici se déroule sur plusieurs séances.
Au travail
Monte classique ou monte américaine, on aborde aujourd’hui le débourrage dans un esprit éthologique (en tenant compte du comportement instinctif du cheval). Le cheval est comme un compagnon à qui on enseigne les règles d’un jeu et non un adversaire que l’on soumet brutalement en lui cassant le moral.
  1. Pour le jeune cheval, la selle est un objet inconnu. Elle possède une odeur forte (celle de tous les chevaux sur lesquels elle est passée!) et de nombreux éléments qui grincent ou qui cliquettent. Laissez-le se familiariser avec elle. Posez la selle et son tapis à terre ou contre un poteau et amenez le cheval à proximité. Il doit pouvoir la flairer, la pousser du nez, en faire le tour tout à son aise. Lorsqu’il s’en désintéresse, c’est qu’il la connaît. Ramenez à plusieurs reprises le cheval dans le paddock en plaçant toujours la selle à un endroit différent. Lorsqu’il cesse de marquer la moindre surprise, il est familiarisé avec cet objet.
  2. L’étape suivante consiste à habituer le cheval au contact du tapis de selle. Prenez le tapis dans la main et portez-le vers les naseaux du cheval afin qu’il l’identifie. Ensuite, approchez le tapis de son épaule, de son flanc, de sa croupe. Il risque de tressaillir au début. Ne le «coincez» pas contre une barrière pour l’obliger à accepter ce contact. S’il a peur, reposez le tapis et passez à autre chose. Recommencez plus tard. Lorsque le cheval se laisse caresser sur tout le corps avec le tapis, placez celui-ci sur son dos, puis rapprochez-le de sa tête. Il doit finir par tolérer qu’on lui pose le tapis sur l’encolure sans marquer d’inquiétude.
  3. Mettez le tapis de selle à sa place et posez la selle par-dessus, en douceur. Utilisez d’abord une vieille selle, le cheval pourrait la jeter à terre. Bougez la selle sur son dos. S’il ne réagit pas, passez plusieurs fois votre main le long du passage de sangle, puis attrapez la sangle et fixez-la sans la serrer. Attention, cette sensation nouvelle peut surprendre le cheval. Lâchez-le en liberté ou en longe et laissez-lui le temps d’expérimenter cette nouvelle sensation. Recommencez plusieurs fois, à des moments différents.
  4. Lorsque le cheval accepte complètement la selle, passez à l’étape suivante. Il faut être deux, ou même trois. Tandis qu’une personne tient le cheval par le licol, collez-vous contre le flanc gauche. Tapotez la selle, caressez le poulain de part et d’autre avec des gestes francs et marqués, déplacez les étriers. Petit à petit, faites des gestes de plus en plus larges. Agitez les mains au-dessus de la selle.
  5. Lorsque le cheval ne réagit plus, faites-vous aider et posez-vous en travers de la selle, comme un sac. Ensuite, recommencez à manipuler les étriers et à agiter les bras. Le cheval s’habitue progressivement à votre poids et aux mouvements qu’il perçoit sur son dos. Laissez-le renifler vos jambes et vos bras. Dès qu’il ne réagit plus, la personne qui tient le licol lui fait faire quelques pas avec sa charge. A la moindre alerte, vous pouvez glisser à terre.
  6. Il faut maintenant vous mettre vraiment en selle. C’est un moment décisif et l’un des plus effrayants pour le poulain: il voit soudain le buste du cavalier se dresser sur son dos. Son instinct lui crie de fuir cette masse plus haute que sa tête.Afin de ne pas faire de gestes brusques, demandez qu’on vous aide à passer la jambe par-dessus la croupe. Une fois là, redressez très progressivement le buste. Tout au long de cette opération, parlez au cheval d’une voix apaisante et caressez-le.
  7. Redescendez aussitôt et félicitez abondamment le cheval. Interrompez le travail et reprenez-le lors d’une autre séance. Lorsque le cheval ne réagit plus à l’apparition de votre buste, la personne qui le tient le fait marcher dans tout le paddock. Voilà, le cheval accepte désormais d’être monté! Poursuivez le dressage avec patience et douceur, toujours de façon très progressive: on aborde une nouvelle étape lorsque la précédente est parfaitement acceptée et comprise.
Bon pour le moral
Toutes ces expériences nouvelles stimulent et amusent le jeune cheval – elles le stressent et le fatiguent aussi. Ne l’écœurez pas en dépassant les limites de ses capacités d’attention et de sa patience. Contentez-vous de séances de travail très brèves, une ou deux fois par jour. Félicitez beaucoup le cheval et encouragez-le de la voix.
Le bon geste
Vous avez tout intérêt à répéter toutes les opérations des deux côtés. Dans la pratique, la plupart des manipulations se font à gauche, mais il est préférable que le cheval accepte vos gestes indifféremment à droite ou à gauche.
Le coin du pro
Pour laisser le cheval faire connaissance avec la selle, utilisez le vrai tapis (pour l’odeur) mais choisissez de préférence une selle hors d’usage. La toute première fois, il se peut que le cheval cherche à la mordiller ou à la déplacer avec le pied. C’est pour lui une façon d’identifier l’objet. Mais, par la suite, apprenez-lui à respecter le matériel : cette règle vous évitera bien des déboires.

Enchaîner plusieurs obstacles

Une fois que l'abord et le franchissement de l'obstacle isolé sont bien compris, on peut commencer à enchaîner deux obstacles ou plus. Dans cet exercice les deux mots-clés sont : anticipation et impulsion.

Attention, le temps est compté

Lorsque vous sautez un obstacle isolé, vous avez la possibilité de préparer soigneusement l’abord et de ne vous engager que lorsque vous vous sentez prêt. De même, à la réception, vous avez tout votre temps pour remettre le cheval en ordre. Ce temps est plus sévèrement compté dès qu’on enchaîne plusieurs obstacles.
Au travail !
Le saut en lui-même déstabilise les cavaliers encore peu expérimentés. Après un saut, il n’est pas rare, par exemple, de perdre un étrier. Si un second obstacle arrive rapidement, il se passera vraisemblablement dans des conditions périlleuses. Quant au troisième... Il est donc important de s’entraîner de façon répétée afin de savoir correctement encaisser les sauts et d’être capable de rattraper une situation difficile entre deux obstacles.
En ligne
Travaillez d’abord sur deux obstacles placés à une distance judicieuse l’un de l’autre sur la même ligne. Mieux vaut commencer par des obstacles séparés par quatre à six foulées, que vous rapprocherez ensuite jusqu’à deux foulées. Ce genre de disposition permet de s’entraîner à des sauts rapprochés sans poser de vrais problèmes de direction.
Le bon tracé
Quand vous vous sentez à l’aise dans cet enchaînement, abordez des dispositions plus complexes. Deux obstacles sur un demi-cercle, par exemple, ou deux obstacles placés sur un huit. Pour enchaîner correctement ces deux sauts, vous devez préalablement réfléchir au tracé idéal de l’un à l’autre. Efforcez-vous de calculer ce tracé idéal de telle sorte que le cheval arrive droit face à l’obstacle et au centre.
Anticiper
Préparez le second saut dès le premier obstacle. Pendant le planer, regardez dans la direction du second obstacle. Votre buste s’oriente légèrement et ce déplacement indique vos intentions au cheval, qui se placera correctement dès la réception. Vous pouvez même agir par un effet de rêne direct pendant le saut. Dès la réception, donnez des jambes pour inciter le cheval à se redresser rapidement. Reprenez-le pendant quelques foulées si nécessaire, sans briser le mouvement en avant.
Encadrer
Dans le tournant, encadrez le cheval avec des mains basses et légèrement écartées. Attention : en tournant, le cheval a tendance à ralentir. Maintenez le rythme avec des jambes actives. Sur les courbes serrées, les hanches du cheval risquent de chasser. Ses postérieurs déportés vers l’extérieur ne s’engagent plus correctement. Il ne pourra prendre l’élan et la battue dans de bonnes conditions. Contrôlez les hanches en reculant la jambe extérieure et dessinez des courbes bien rondes, sans cassure. On évite en général de repasser au trot, mais n’hésitez pas à le faire si vous vous sentez débordé par votre cheval.
Vigilant jusqu’au bout
Il est souvent bien de rééquilibrer le cheval avant un tournant ! Reprenez-le en vous redressant et en gardant des jambes présentes. A l’abord du second obstacle, encouragez vigoureusement le cheval avec l’assiette et les jambes. Attention, arrivé là, le cavalier a tendance à se détendre parce qu’il n’y a pas de suite. C’est pourquoi de nombreux chevaux font des barres sur le dernier obstacle d’un parcours. Ils ont senti le "ça y est !" pensé par leur cavalier ! Restez vigilant et actif.
Observer et réfléchir
Dans une épreuve de CSO, la reconnaissance de parcours est très importante. Examinez le terrain dans les courbes, à l’abord et à la réception des obstacles. Réfléchissez au tracé idéal. Si le temps n’est pas compté, prévoyez des courbes larges qui vous amèneront bien au centre des obstacles. Si l’épreuve est chronométrée, calculez les risques que vous pouvez prendre en tournant serré et en abordant les obstacles de biais.
Bon pour le moral
Travaillez dans l’impulsion : cela concerne le cheval, bien sûr, mais aussi vous-même. Un enchaînement de sauts n’est pas fait d’une succession d’efforts entrecoupés de relâchement. Il est un tout. Le cavalier doit se projeter sur l’ensemble du parcours. L’énergie engagée doit être suffisante pour tous les sauts. L’impulsion et la tension doivent rester les mêmes pendant tout le parcours. Cette attitude mentale est plus déterminante qu’on ne pourrait le penser. Ainsi, lorsque vous enchaînez deux obstacles en ligne, vous devez, à l’abord du premier saut, préparer le second mentalement. Votre cheval sent ainsi qu’il y a une suite.
Le coin du pro
Lorsqu’il tourne, le cheval doit galoper sur le bon pied pour conserver son équilibre : il galope à droite pour tourner à droite, et à gauche pour tourner à gauche. Un cheval souple et dressé change de pied de lui-même. Avec un cheval moins expérimenté, il faut demander le changement de pied avant le tournant. Si, par exemple, vous êtes au galop à droite et que vous souhaitez tourner vers la gauche, placez votre jambe gauche à la sangle en reculant sensiblement la jambe droite et, en même temps, exercez un effet direct sur la rêne gauche. Si vous n’êtes pas sûr de vous ou si le cheval est peu avancé dans son dressage, repassez au trot pour quelques foulées et demandez le galop sur le bon pied.