Diriger : la précision

Vous connaissez la rêne d'ouverture et la rêne d'appui, les figures de manège n'ont plus de secret pour vous : vous savez faire tourner votre cheval. Vous devez maintenant vous exercer à le diriger avec une précision toujours plus grande.

Indiquer et non contraindre

Un bon cavalier ne fait pas tourner son cheval : il lui indique seulement avec toutes les aides dont il dispose, la direction à prendre.
Un code
Lorsqu'on débute, on a souvent l'impression que la direction du cheval dépend essentiellement des actions de mains. Le cheval serait un peu comme une bicyclette dont on tournerait le guidon.
Mais le cheval étant un être vivant, il ne tourne pas de façon mécanique et du seul fait des différentes forces en jeu qui, d'ailleurs, ne seraient jamais assez grandes pour déplacer les 500 kg de l'animal. Le cheval tourne avant tout parce qu'il a appris à interpréter le langage des aides et qu'il accepte de se plier aux demandes du cavalier, quand elles sont formulées de façon convaincante.
L'assiette et le regard
L'aide principale du tourner est en général l'assiette. Lorsqu'il souhaite aller dans une direction, le cavalier doit commencer par regarder dans cette direction. Cette simple orientation de son regard modifie le placement de tout son corps de façon sensible pour le cheval. C'est la première indication. Elle est renforcée par l'orientation des épaules, qui suit celle du regard. L'assiette elle-même peut intervenir de façon subtile en poussant plus ou moins franchement le cheval dans cette même direction ou, au contraire, en tempérant le déplacement. L'assiette indique au cheval qu'il doit déplacer son corps selon une incurvation plus ou moins prononcée, ses hanches se maintenant sur la même ligne que les épaules, ou bien à l'intérieur ou à l'extérieur de cette ligne.
Les actions de mains
En équitation classique, pour faire tourner son cheval, on utilise essentiellement deux types d'effets : un effet direct, la rêne d'ouverture qui indique au cheval la direction à prendre en attirant son nez de ce côté ou bien un effet indirect, la rêne d'appui ou contraire qui pousse les épaules du cheval dans la direction souhaitée : le cheval se dirige vers la gauche, par exemple, en maintenant son bout du nez à droite.
Affiner ses aides
Naturellement, plus le cavalier affine l'usage de ses aides, plus il emploie des effets subtils. Il se met ainsi à utiliser en alternance, en coordonnant l'action de ses mains, effet direct et indirect, de façon à contrôler avec exactitude le degré d'incurvation du cheval et le tracé de la figure choisie.
Avec un cheval bien dressé, l'intervention des mains est très légère, voire imperceptible. C'est l'ensemble des aides utilisées qui indique au cheval, de façon très précise, comment il doit déplacer et orienter son corps.

Jeu de jambes

Les jambes jouent un rôle fondamental dans la direction du cheval parce qu'elles interviennent à la fois sur son impulsion, sur son équilibre et sur la position de ses hanches.
Impulsion et engagement
L'impulsion est la condition sine qua non de tout déplacement. Pour que le cheval s'engage dans la direction souhaitée par le cavalier, il faut l'inciter à se porter en avant. Les jambes doivent entretenir l'impulsion pendant le déplacement et, si nécessaire, inciter les postérieurs à s'engager plus ou moins. Ce faisant, elles jouent également sur l'équilibre du cheval, seul un bon engagement des postérieurs lui permettant de maintenir son équilibre.
Contrôler les hanches
Mais l'action des jambes, ensemble ou indépendamment l'une de l'autre, permet également de donner de nombreuses indications au cheval, qui peut alors comprendre très précisément ce que lui demande son cavalier. Ce dernier peut, par exemple, demander à sa monture de tourner sur un cercle à main droite tout en maintenant ses hanches à l'intérieur du cercle. Il obtient alors un mouvement appelé « hanches en dedans ». Dans ce cas, la jambe extérieure (gauche) retient les hanches à l'intérieur du cercle en reculant légèrement.
Ainsi, en conjuguant mains, assiette et jambes, le cavalier peut contrôler avec beaucoup de précision l’avant-main et l'arrière-main de sa monture tout en jouant sur sa vitesse, son engagement et son équilibre.

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