Le jury en dressage

Dans les épreuves de dressage, le jury est bien souvent pris d'assaut par les réclamations et les critiques des concurrents : dur métier que celui de juge de dressage, dont on voudrait qu'il soit un observateur objectif et infaillible.

Comprendre pour accepter

Un cavalier de dressage doit apprendre à accepter les notes et les commentaires des juges. Pour cela, il est préférable de bien comprendre comment fonctionne un jury.
Le principe
Les candidats présentent une reprise devant un jury composé de plusieurs juges. Chacune des figures exécutées est jugée et notée séparément par chacun des juges. Des notes générales sont également attribuées en fonction des aptitudes du cavalier et du cheval : position et emploi des aides du cavalier, allures du cheval, etc.
Les feuilles de notes
Chaque reprise est décrite sur un protocole, que les cavaliers peuvent se procurer auprès des organisateurs. Chaque juge reçoit, pour chaque cavalier, une feuille de notes qui comporte le texte de la reprise. Une case est prévue en face de chaque figure pour que le juge puisse y inscrire sa note et faire les commentaires qu'il estime nécessaires. A la fin de la reprise, un secrétaire ramasse les feuilles de notes, fait la somme des points pour chaque figure et pour chacune des notes générales, puis affiche le résultat dans ce qui est appelé le procès-verbal de résultat. Tous les résultats doivent être affichés et comporter le nom des juges.
Des commentaires utiles
Chaque cavalier reçoit à la fin de l'épreuve les feuilles de notes des différents juges, qui portent leurs commentaires. Ils constituent un excellent outil de travail dans la perspective de futures compétitions. Ils permettent de comprendre comment la prestation a été perçue et, éventuellement, de corriger ou d'améliorer sa façon de monter et de faire travailler son cheval. Dans cette mesure, les juges ont un rôle de formateurs qui n'est pas la moindre de leurs responsabilités. C'est tout le sens des compétitions de dressage, dont l'objectif est en principe d'aider le cavalier et le cheval à progresser.

L’impossible devoir d’objectivité

On voudrait que les juges soient objectifs : mais les cavaliers eux-mêmes le sont-ils lorsqu'ils contestent une note ou un classement ?
D'après le règlement
Les juges de dressage doivent, en principe, se référer au règlement pour attribuer leurs notes et faire leurs commentaires. Le règlement évolue d'année en année et tient compte des progrès et des changements intervenus dans la discipline. Néanmoins, malgré le devoir d'objectivité qui est le leur, les juges ne peuvent échapper à la subjectivité. Lorsqu'un concurrent entre en piste, il produit une certaine impression. Il est inévitable que cette impression influence, dans une certaine mesure, chacun des juges. De plus, le règlement ne fait pas toujours l'unanimité et certains juges ont un point de vue personnel divergent qu'ils ne peuvent étouffer complètement.
Des interprétations différentes
La prestation est ainsi jugée différemment par les divers juges et est fonction de l'idée que chacun se fait des qualités d'un cheval et d'un cavalier de dressage. Une réaction du cheval, par exemple, peut être interprétée comme une manifestation de sa vitalité, de son plaisir de travailler, donc de la réussite du dressage mené par le cavalier, qui a su préserver la personnalité de sa monture, ou, au contraire, comme une manifestation patente d'un manque de soumission. Ainsi, d'un juge à l'autre, cette réaction est susceptible d'influencer de façon assez différente la note de la figure concernée et la note générale. Cette subjectivité inévitable fait que les juges prêtent bien sûr le flanc aux critiques et aux contestations. Il est bien rare que les notes attribuées et le classement final fassent l'unanimité.

1 commentaire:

Percy a dit…

Cet article est bien fait, couvre le sujet sans digression, mais fait preuve d'une indulgence excessive vis-à-vis des juges qui ont pour responsabilité la préservation des principes fondamentaux de l'art équestre (cf le règlement de la FEI).

Les juges, ou plus exactement un certain nombre d'entre eux, ont donc fait dériver le dressage en prenant notamment la liberté de faire l'impasse sur plusieurs règles essentielles. Parmi celles-ci, figure en bonne place la condamnation de l'encapuchonnent (la nuque n'est plus le point le plus élevé de l'encolure et le chanfrein passe en-deçà de la verticale), ce défaut constituant pour le cheval une manière d'échapper aux aides.

Cette grave contradiction entre le règlement et le jugement des épreuves a entériné des pratiques contestables sur le plan de la mécanique équestre et de la douleur imposée au cheval lors de l'entraînement et de la présentation des chevaux, telle l'"hyper-flexion" de l'encolure.