L'Exmoor

L'énergique poney d'Exmoor est un sauvageon qui peut devenir un excellent compagnon à l'attelage et sous la selle. Mais cette race encore rare doit être maintenue dans son milieu d'origine et élevé en liberté si on veut qu'elle conserve ses qualités et son exceptionnelle pureté génétique.

Un survivant

La région d’Exmoor ne connut guère, pendant longtemps, d’activités humaines: le poney du même nom y vécut presque totalement sauvage jusqu’au XIXe siècle.
Un milieu préservé
Chassés, domestiqués, privés de leur habitat naturel par l’agriculture et les activités humaines en général, les poneys archaïques qui peuplaient la Grande-Bretagne ont peu à peu perdu leurs caractéristiques. Les troupeaux sauvages ont en grande partie disparu de leur biotope naturel. Quelques poneys, cependant, ont réussi à se maintenir dans leur milieu: c’est le cas du poney d’Exmoor. La région, à l’écart des réseaux routiers, ne présentant ni ports ni un intérêt commercial particulier, resta préservée. L’Exmoor put continuer à vivre et à se reproduire dans la lande et les marais. Les fermiers de la région utilisaient quelques sujets pour l’attelage ou les travaux agricoles: parfois, ils le mettaient sous la selle.
Un territoire menacé
Une grande partie du territoire de l’Exmoor fut mis en vente en 1818. Heureusement, un éleveur, Thomas Acland, entreprit de sauver une trentaine de poneys et de maintenir de petits troupeaux semi-sauvages dans quelques portions de landes; l’idée était de préserver les caractéristiques rustiques de la race. Les descendants du cheptel sauvé par Acland paissent toujours dans la région.
La guerre, encore elle
Un siècle plus tard, l’Exmoor Poney Society vit le jour. Celle-ci s’efforça, sous la houlette de Réginald le Bas, de promouvoir l’élevage du type originel de l’Exmoor. Mais le cheptel restait faible et, durant la Seconde Guerre mondiale, l’Exmoor, comme la plupart des poneys et chevaux de Grande-Bretagne, fut réquisitionné pour la remonte. La race frisa l’extinction: on estime qu’une cinquantaine de sujets seulement survécurent à la guerre.
Sauvez l’Exmoor !
Quelques fermiers se mobilisèrent pour tenter de sauvegarder la race. Deux Exmoors furent même exposés au zoo de Londres pour sensibiliser l’opinion publique. Enfin, les éleveurs semblèrent comprendre l’intérêt zoologique – et la rareté – de la race. Dans les années 70, on enregistrait une trentaine de naissances par an. En 1990, on comptait environ 1200 poneys d’Exmoor dans le monde, dont quelques-uns sur le continent américain. Toutefois, l’espèce semble perdre ses caractéristiques lorsqu’elle n’est plus élevée en liberté. Or, moins de 250 sujets vivent encore dans les Landes. L’Exmoor doit donc être encore considéré comme un poney rare et en danger!
Le saviez-vous ?
L’Exmoor possède un pelage extrêmement fourni, épais, dur et élastique, néanmoins lisse au toucher, très épais en hiver. La différence entre la robe d’été et la robe d’hiver est considérable. Il a également été doté, pour résister au froid et surtout aux abondantes précipitations, de crins étonnamment drus. A la base de la queue, les crins forment un éventail dense qui fait office de gouttière et conduit l’eau de pluie ou la neige fondue de part et d’autre des cuisses – évitant ainsi un écoulement sous la queue et à l’intérieur des cuisses. Dans le même ordre d’idées, sa paupière supérieure présente un repli charnu : en cas de pluie abondante, l’eau qui ruisselle le long de la face contourne les yeux et ne vient pas troubler la vision. Ce repli lui donne parfois un regard...un peu lourd !
Robuste et indépendant
Les poneys d’Exmoor encore élevés dans leur milieu d’origine gardent des caractéristiques très proches du poney primitif dont ils descendent.
Origines
L’Exmoor, situé dans le sud-ouest de l’Angleterre, est une région de landes et de marais. D’abondantes précipitations y font pousser généreusement graminées, ajoncs et bruyères. Les hivers y sont rudes. Le poney d’Exmoor est élevé en semi-liberté dans cet environnement, où l’on s’efforce de préserver autant que possible les caractéristiques primitives de la race.

Type et tempérament

Le poney d’Exmoor est le seul équidé à posséder un vestige de la septième molaire, souvenir de son ancêtre archaïque. Parfaitement adapté à la rudesse de son environnement, c’est un poney fort, énergique et endurant.
Modèle
La tête est équilibrée et expressive, avec un regard parfois un peu lourd, et un chanfrein rectiligne. L’encolure longue est bien attachée à l’épaule plongeante et le poitrail large. Le passage de sangle est remarquablement profond. Le dos est fort, l’arrière-main puissante, les membres solides et courts, munis de pieds très durs. L’abondance des crins et le poil double sont caractéristiques de la race. Sa taille varie de 1,17 m à 1,35 m, la moyenne se situant autour de 1,27 m.
Robe
Bai, bai brun ou louvet. Aucune marque blanche. Le bout du nez, le tour des yeux, le ventre et l’intérieur des cuisses sont plus clairs.
Caractère
Résistant, plein d’énergie, l’Exmoor est aussi un poney au tempérament affirmé. Assez indépendant, il doit être pris en main par un dresseur expérimenté si on veut qu’il devienne une excellente monture d’extérieur ou de loisir. C’est un bon cheval d’attelage, franc et vigoureux.

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