Le cheval et l'amitié

On raconte beaucoup d'histoires de chevaux inséparables ou se prenant d'amitié pour un autre animal ... et on constate tous les jours que les chevaux ont leurs têtes : certains semblent s'apprécier et d'autres se détester. Les chevaux ont-ils des sentiments ? Connaissent-ils l'amitié ?

L’amitié entre chevaux : une réalité

Qui n’a entendu les cris déchirants d’un cheval dont le compagnon s’éloigne ? Ou l’accueil délirant qu’il lui fait au retour ? Sans projeter sur lui des sentiments humains, on ne peut s’empêcher de lui prêter des émotions qui font songer à un vif attachement.
L’instinct grégaire
Au sein d’un troupeau de chevaux libres, l’instinct grégaire prend le dessus. Chaque cheval répond à son instinct de survie, qui lui commande de se fondre dans le troupeau. Il se plie aux règles du groupe pour ne pas en être exclu, car l’exclusion est pour lui synonyme de danger. C’est quand il est détaché du troupeau, isolé, qu’il risque de devenir la proie d’un prédateur.
Un contact constant
La cohésion de la troupe est constamment renforcée par des échanges vocaux et des contacts physiques. Les chevaux communiquent entre eux par de brefs hennissements, des renâclements plus ou moins cordiaux. Ces signes, accompagnés de mimiques et d’attitudes précises, définissent la place de chacun. Quotidiennement, les chevaux se flairent, se lèchent, se grattent réciproquement, jouent ensemble.
On se connaît ?
Ainsi, au sein d’un troupeau, chacun reconnaît la voix et l’odeur de tous les autres. Cela permet de déceler aussitôt un individu extérieur au troupeau. De même, chacun sait qui le domine et qui il domine. Et, incontestablement, certains chevaux semblent bien s’entendre et se rapprochent volontiers. D’autres au contraire se tiennent à distance et s’évitent.
L’instinct grégaire à l’écurie
En captivité, le cheval ne développe pas des rapports sociaux normaux avec ses congénères. Son besoin le plus profond, celui d’assurer sa survie par la fuite, est contrarié. Néanmoins, l’instinct grégaire subsiste. Pour le cheval, le plus important, ce sont les autres chevaux. Dans son esprit, écurie = troupeau. En rentrant à l’écurie, il rejoint les autres, donc il retrouve la sécurité.
Dominants et dominés
Malgré la pauvreté des contacts qui se nouent dans une écurie, les chevaux établissent des règles sociales. Certains sont redoutés par l’ensemble des autres. Ce sont des dominants. D’autres se montrent au contraire conciliants envers tous leurs congénères et s’empressent de rentrer dans le rang à la moindre menace.
Cher voisin
Le voisinage rapproche parfois les chevaux. Ils sont côte à côte toute la journée, peuvent parfois se flairer à travers les barreaux. Ils font alors entendre des hennissements déchirants si leur compagnon part en balade sans eux, et l’accueillent au retour par des manifestations de plaisir. De telles sympathies surviennent aussi entre des chevaux qui ne sont pas logés côte à côte. S’ils font montre d’une attirance réciproque, on a tout intérêt à les rapprocher.
Je ne peux pas le sentir !
A l’inverse, certains voisins de box ne se supportent pas. Ils ne manquent pas une occasion d’échanger des menaces, de taper dans la paroi ou dans leur porte. Cette inimitié perturbe leurs repas et leur repos. Elle rend les soins difficiles et contribue d’une manière générale à la nervosité des deux animaux. Le plus sage est de les séparer en modifiant l’occupation des box.
Et au pré ?
Vous souhaitez mettre votre cheval au pré avec un ou plusieurs compagnons, et vous vous demandez s’ils vont s’entendre. Si votre cheval est seul avec un autre, tous deux devraient finir par lier amitié. Comme les enfants, les chevaux préfèrent « n’importe quel copain » plutôt que la solitude. Si les chevaux sont plus nombreux, les choses se mettront normalement en place rapidement. Après quelques menaces et éventuels coups de dents les premiers jours, chacun connaîtra sa place dans le groupe. Des sous-groupes se formeront en fonction des affinités. Dans de très rares cas, la mésentente prend de telles proportions qu’il faut séparer certains individus. Prenez la précaution de déferrer votre cheval, assurez-vous que les autres le sont aussi.

L’attachement entre chevaux : peut-on l’expliquer ?

La raison de l’attachement entre deux chevaux trouve parfois son explication dans une grande familiarité. Ces deux-là sont les plus anciens de l’écurie: voilà des années qu’ils se fréquentent. Ou bien deux chevaux ont passé plusieurs mois ensemble au pré. D’autres fois, cette raison reste mystérieuse. L’odeur joue sans doute un rôle important, comme dans l’inimitié d’ailleurs.
Bon pour le moral
Encouragez les échanges. Au box, votre cheval est privé de ces multiples gestes qui font sa vie dans la nature : se flairer, jouer, se gratter, se lécher… Les contacts avec d’autres chevaux, et particulièrement avec ceux qui ont sa sympathie, favorisent l’équilibre de votre cheval. Certains chevaux dépriment en captivité. Il faut leur donner un compagnon: poney, chèvre, mouton… Chat et cheval font souvent amitié.
Respecter les attachements
Dans la mesure du possible, il faut respecter les lois qui régissent les relations entre les chevaux. Même si leurs raisons nous échappent, mieux vaut ne pas contraindre deux ennemis à cohabiter, ni séparer deux animaux qui paraissent attachés l’un à l’autre. D’ailleurs, un moniteur qui connaît bien sa cavalerie sait qu’il n’a aucun intérêt à rapprocher des ennemis ou à séparer des amis.

1 commentaire:

mj a dit…

Bonjour,
J'adore cet article: le cheval et l'amitié et la photo est géniale. Je cherche à rejoindre l'auteur de cette page. Comment faire?
Merci! Marie-Josée