Le cheval droit

« Calme, en avant et droit » : cette phrase désormais galvaudée pourrait à elle seule devenir le symbole du dressage, pourvu qu'on en comprenne bien chaque terme. Car droit ne veut pas dire en ligne droite...

Un idéal difficile à atteindre

Un cheval droit est une sorte d'idéal que l'on atteint rarement, mais que l'on ne cesse jamais de poursuivre. Cette quête apporte au fil des ans ce que tout cavalier de dressage recherche : l'impulsion, l'équilibre, la cadence, la légèreté, la grâce.
Une notion complexe
La notion de rectitude est une notion complexe à appréhender et difficile à appliquer. Un cheval droit n'est pas un cheval qui avance sur une ligne droite. Il peut être droit sur un cercle. Selon la définition du général L'Hotte : « Lorsque le cheval est droit, les pieds de derrière suivent exactement les lignes tracées par les pieds de devant. » Cela signifie que le déplacement des épaules et celui des hanches sont équilibrés, que la force des membres dans le jeu du mouvement est bien ajustée et que la colonne vertébrale est droite ou infléchie selon une parfaite régularité.
Une nature imparfaite
La rectitude recherchée en dressage relève de la perfection, qualité dont la nature est avare. La plupart des chevaux ont un côté qu'ils préfèrent, qui correspond à une certaine inflexion de leur colonne vertébrale. On s'en aperçoit en observant de face ou de dos le cheval qui se déplace : il a naturellement tendance à dévier légèrement les hanches, à se traverser, même de manière infime, ou à porter la tête avec un pli à droite ou à gauche. On peut faire cette observation que le cheval soit libre ou monté.
Un souci permanent
Le travail du cavalier consiste, bien sûr, à compenser ce travers naturel afin d'obtenir une parfaite rectitude. C'est un travail de longue haleine où la perfection peut n'être jamais atteinte. Mais les bénéfices de cette recherche sur l'ensemble du dressage sont tels que la rectitude doit rester l'un des soucis premiers, et permanents, du cavalier.
Observer pour comprendre
Avant de chercher à réduire des résistances et à dénouer des raideurs, il faut en comprendre l'origine. La raideur peut provenir des hanches, du dos, des épaules ou de l'encolure, de la nuque, et même, d'une force inégale entre les membres ou d'aplombs légèrement défectueux. Découvrir l'origine d'une résistance peut prendre des mois, mais cette bonne compréhension de la nature des blocages qui gênent votre monture vous permettra de traiter le problème à la racine et, donc, d'apporter de véritables solutions.
Le bon geste
La symétrie du travail est naturellement à la base de toute recherche de rectitude. Cette symétrie est plus difficile à obtenir qu'on ne pourrait le penser. Si le cheval est plus souple d'un côté, on est tenté de le travailler plus longtemps de ce côté sans toujours s'en apercevoir. On commence en général le travail du bon côté, on prolonge plus volontiers les exercices de ce même côté, etc.
Travaillez montre en main et minutez chaque exercice !

Assouplir

Les assouplissements sont à la base de tout le dressage du cheval. Pour être efficaces, ils doivent être adaptés aux capacités de celui-ci et exécutés dans la décontraction et sans contrainte.
Latéralement
Tous les exercices qui incitent le cheval à s'incurver contribuent à sa souplesse latérale. On commence, bien sûr, par les figures les plus simples, cercles au pas et au trot, pour évoluer très progressivement vers des assouplissements plus complexes, épaules en dedans, travail sur le cercle au galop, etc.
Longitudinalement
Les exercices ayant pour but l'assouplissement longitudinal reposent tout d'abord sur une tension correcte de la ligne du dessus, qui correspond au niveau de dressage du cheval. Un jeune cheval se porte vivement en avant dans une attitude assez ouverte. Les angles se referment et la colonne vertébrale fléchit, de la nuque à la queue, au fur et à mesure que l'on approche du rassembler. Les transitions constituent la base des assouplissements longitudinaux.
Patience et longueur de temps...
Si le cheval s'incurve mal à droite, c'est qu'il souffre d'une raideur ou d'un défaut de constitution qui gêne sa souplesse à droite. Les exercices destinés à atténuer puis à dénouer cette raideur ne doivent pas provoquer de douleur : il faut les pratiquer sur un temps très bref, les varier souvent, et accorder toutes les cinq à dix minutes une récréation complète, rênes longues, qui permet au cheval de se décontracter. Rien ne sert de vouloir aller vite. Laissez à votre cheval le temps de modifier progressivement son corps en travaillant toujours dans le bon sens : calme, en avant et droit !

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