Le hennissement

Le silence du troupeau

Les personnes qui vivent au contact du cheval savent à quel point cet animal est peu bavard. Les éthologues font le même constat : on entend moins de hennissements en une journée près d'un troupeau de 25 à 30 têtes que dans les dix premières minutes d'un western !
Un échange constant
Les chevaux sont plutôt silencieux. Ils est impératif, pour un mammifère menacé par des prédateurs, d'émettre un minimum de sons car ceux-ci peuvent le faire repérer de loin. Pourtant, à l'intérieur d'un groupe, la communication est continue. Elle passe par les expressions de la tête et les attitudes du corps, même les plus infimes, comme la direction du regard, l'orientation des oreilles et les mouvements de la queue.
Savoir se placer
La position des animaux les uns par rapport aux autres est en soi un langage complexe. La vision du cheval, qui lui permet de couvrir un champ assez important, rend ces échanges particulièrement éloquents. Gestes, expressions et postures sont parfaitement clairs et intelligibles pour les animaux d'un même groupe.
La vocalisation
La complexité et la précision de ce langage corporel rendent généralement superflue la communication sonore lorsque les animaux sont proches. Mais cette dernière existe, avec une infinité de nuances, et va du ronflement des naseaux au long hennissement d'appel. Elle permet aux chevaux de rester en contact même lorsqu'ils sont éloignés. Hennissements et cris sont aussi utilisés pour menacer et mettre en garde.
Comment le cheval hennit-il ?
Le cheval inspire profondément, puis il expulse l'air qui, en passant dans le larynx, fait vibrer les cordes vocales. L'ouverture de la gorge et de la bouche, la position des lèvres, permettent à l'animal de modifier la tension des cordes vocales et, donc, la nature du son émis. La force avec laquelle l'air est expulsé détermine également la puissance et le registre du hennissement, qui résonne dans les cavités de la tête et de la poitrine.
Un langage riche
Les sons émis par le cheval comprennent une infinité de nuances que seuls les spécialistes distinguent clairement. Mais tous les cavaliers peuvent apprendre à reconnaître les principaux types de hennissements du cheval. Le hennissement le plus fréquent est un appel : c'est le plus fort et le plus long. Un cheval isolé, qui voit s'éloigner ses compagnons ou qui entend au loin des congénères, pousse un long hennissement sonore. Ce cri est aussi celui du cheval sauvage qui s'est éloigné du troupeau. Il attire l'attention des autres sur sa détresse et attend une réponse qui lui permettra de situer le troupeau.
De mère à poulain
La période de sa vie pendant laquelle le cheval est le plus bavard est sans doute son « enfance »: le poulain communique beaucoup avec sa mère. Cette dernière appelle son petit quand il s'éloigne : c'est le hennissement: « où es-tu ? ». Il peut se nuancer d'une mise en garde ou d'une menace plus ou moins importante, devenant alors « attention », « reviens », « reviens tout de suite », etc. Le poulain lui-même, s'il s'égare, cherche sa mère à grands cris et son désespoir va croissant. Mère et poulain reconnaissent mutuellement leur voix et peuvent exprimer et identifier de nombreuses nuances.
Bon à savoir
Pour un hennissement d'appel ou d'alarme, le cheval lève la tête et ouvre plus ou moins la bouche, ses naseaux se dilatant au passage de l'air. Cette position dégage et ouvre la gorge et permet au son de résonner puissamment.

Savoir interpréter

Par le hennissement, le cheval exprime toute la gamme des émotions qu'il éprouve.
Le cri d'alarme
Pour être efficace dans le milieu sauvage, le cri d'alarme d'un animal doit porter loin et être immédiatement reconnu par ses congénères. En même temps, ce cri doit être discontinu et d'un registre varié afin qu'un prédateur éventuel éprouve des difficultés à le situer. Un cheval qui donne l'alarme pousse une série de cris plutôt brefs qui commencent dans un registre aigu pour aller vers le grave. L'alarme sonne le rassemblement : en cas de danger, l'union fait la force.
Colère et menace
Lorsque les chevaux veulent effrayer et éloigner un congénère ­ ou un autre animal ­ ils poussent une sorte de couinement aigu qui ressemble à un cri de colère. C'est, par exemple, le cri de la jument qui remet à sa place un étalon entreprenant. On entend aussi ces menaces lors de la distribution de grain : les voisins de box se menacent réciproquement par de violents coups de pieds dans les murs et des cris caractéristiques ­ accompagnés de mimiques expressives. Dans des circonstances plus dramatiques ­ le combat de deux étalons ­, les cris poussés sont vraiment terribles.
Joie et désir
Lorsque le cheval veut exprimer son plaisir, il émet un hennissement assez bref, plutôt grave, qu'il répète parfois plusieurs fois. On l'entend, par exemple, lorsqu'on lui apporte à manger, lorsqu'on ramène au box un compagnon attendu, mais aussi, si l'on est un heureux propriétaire, lorsqu'on vient voir son cheval, qui manifeste ainsi sa joie. Joie et désir provoquent un hennissement très similaire, du moins pour nos oreilles humaines.

Se mettre en selle

Monter sur un cheval et en descendre : voilà deux opérations critiques pour le cavalier et peu agréables pour le cheval. Une bonne technique de mise en selle permet toutefois de les accomplir en toute sécurité sans les rendre pénibles pour le cheval.

A droite comme à gauche

Pratiquez aussi bien à droite qu'à gauche car, à tout instant, vous pouvez être amené à monter d'un côté comme de l'autre. Cherchez le beau geste, celui qui donne l'impression de la facilité et que caractérisent rapidité, équilibre et douceur.
Comment s’y prendre
  1. Amenez le cheval dans un endroit plat ne présentant aucun danger. Évitez le bord de la carrière, vérifiez qu'il n'y a rien où il puisse se prendre les pieds. Placez vos rênes séparées sur l'encolure en faisant le tour du cou, non en les passant par dessus la tête.
  2. Laissez vos rênes flottantes, mais presque au contact. Votre main gauche tient les rênes et la crinière ou le tapis. Placez votre pied gauche dans l'étrier en vous aidant avec votre main droite si nécessaire.
  3. De la main droite, accrochez-vous à la corne de la selle. Portez le regard vers l'avant, entre les oreilles du cheval.
  4. Pour vous hisser en selle, fléchissez votre jambe droite, puis propulsez-vous vers le haut. Passez la jambe droit par-dessus la croupe. Les points 3 et 4 doivent s'enchaîner rapidement.
  5. Asseyez-vous le plus doucement possible dans la selle. Le cheval ne doit rien sentir : rappelez-vous qu'il est sensible au poids d'une mouche ! Attendez au moins dix secondes avant de demander quoi que ce soit. Ainsi, le cheval restera calme au montoir, sans stresser ni chercher à anticiper l'action.
Tenez vos rênes suffisamment longues pour que le cheval puisse avoir l'encolure aussi basse que possible. S'il garde la tête haute, rendez-lui encore 40 ou 50 cm de rênes.

Et pour descendre ?

Réalisez les opérations dans l'ordre inverse, en pensant aux deux points fondamentaux : la sécurité et le confort du cheval. Tenez vos rênes dans la main gauche et agrippez la crinière ou le tapis. Déchaussez l'étrier droit et seulement celui-là. En vous tenant avec la main droite à la corne, passez votre jambe droite par-dessus la croupe. Posez le pied droit au sol. Ensuite seulement, déchaussez l'étrier gauche.
Que faire s'il bouge ?
Aucun cheval western digne de ce nom ne bouge au montoir. Si le vôtre le fait, vérifiez les points suivants :
  • Ne faites-vous aucun mouvement maladroit ou brutal pendant que vous vous mettez en selle Par exemple : rênes trop serrées, coup de pointe de pied à la sangle, gros déséquilibre au montoir, réception brutale dans la selle, etc. Ces fautes peuvent déclencher chez le cheval, pendant le montoir, un réflexe de fuite.
  • Attendez-vous plusieurs secondes dans le calme une fois en selle avant de demander quoi que ce soit ?
  • Montez-vous toujours sereinement ? Un matériel inadapté ou un cavalier nerveux stresse le meilleur des chevaux !
Le bon geste
Lorsque vous descendez de cheval, restez bien droit, ne vous couchez pas sur l'encolure. Vous risqueriez d'accrocher votre vêtement à la carne, ce qui est dangereux. Maintenez le regard en avant, les épaules dans l'axe du cheval.

La tenue du cavalier de CSO et de dressage

La tenue du cavalier de concours est réglementée de manière stricte et très contraignante. La bombe, la veste et la cravate en sont les attributs. Les fédérations ne laissent guère de place à la créativité, ni à la fantaisie des concurrents.

Le concours hippique, haut lieu de l’élégance

En concours hippique, le cavalier arbore toujours une apparence très élégante. Ce sport se pratique encore en veste et en cravate. Les couleurs restent très sobres, malgré quelques fautes de goût parfois évidentes.
La veste
Noire dans les niveaux inférieurs, la veste se fait volontiers « multicolore » à plus haut niveau. Dans les épreuves internationales, on voit des vestes rouges, bleues à col amarante, vert foncé, etc. Les sponsors imposent également de plus en plus souvent le port de vestes et de passementeries à leurs couleurs. La liste des couleurs autorisées pour la veste est : rouge, bleu foncé, vert foncé ou noir. Le col peut en revanche être d'une teinte plus gaie. Le cavalier ne peut pas, bien sûr, arborer de façon trop ostentatoire les insignes de son sponsor. Pas question de le transformer en homme-sandwich comme un coureur cycliste. Seul un petit emplacement de 30 cm2 au niveau de la pochette de la veste lui permet d'afficher les couleurs de l'entreprise qui le soutient.
La chemise et la cravate
Traditionnellement blanche, la chemise est parfois rayée de bleu ou de rose, mais toujours avec un col blanc. La cravate, symbole du respect du candidat vis à vis de l'institution, du jury et de sa monture, est toujours blanche.
La culotte
Dans tous les concours, la culotte est blanche. Tous les cavaliers la portent, quelle que soit la couleur de la veste ou celle de la chemise. Seules les cavalières sont autorisées à porter une culotte de chasse beige clair ou crème, mieux assortie à la veste bleue.
Les bottes
A haut niveau, la mode est aux bottes en cuir souple et pourvues de lacets au niveau du cou de pied. La teinte en est obligatoirement noire. La présence de revers de couleur golden ou rouge est tolérée. Les plus jeunes et les moins fortunés portent des de bottes en caoutchouc ou, plus souvent, en slush.
Les cheveux
Les cheveux longs doivent être attachés et si possible fixés à l'aide d'une résille pour les filles. Pas question, donc, de laisser sa longue chevelure dépasser du casque.

De la bombe au casque

La nécessité de prévenir les traumatismes crâniens a progressivement rendu obligatoire le port du casque en lieu et place de la bombe traditionnelle.
Élégance ou sécurité ?
Traditionnellement, le cavalier d'obstacle portait une bombe. Mais ce couvre-chef était plus esthétique qu'efficace en cas de chute. Tout d'abord, elle ne tenait pas sur la tête. Un petit élastique en guise de jugulaire ne suffisait pas à la maintenir en place. Ensuite, la bombe n'était pas assez épaisse pour absorber les chocs et protéger le crâne d'un éventuel caillou pointu. Le carton qui constituait parfois sa coque avait, en outre, tendance à s'assouplir sous l'action de la pluie. Enfin, la visière fixe venait fréquemment casser le nez du cavalier lors de la chute.
Le casque bienvenu
Pour toutes ces raisons, le casque a progressivement remplacé la bombe en épreuve. L’élastique a été avantageusement échangé contre une véritable jugulaire trois points qui, si elle n'est guère élégante, maintient la coiffe en place lors des chocs. C'est le seul point rendu obligatoire par le règlement. Avec ces nouveaux casques, les concurrents ont un peu pris la grosse tête : le matériau qui en compose les coques est en effet beaucoup plus épais. Il doit résister à la pénétration d'un objet contondant venant heurter la tête. Les protections céphaliques se sont aussi faites plus couvrantes afin d'abriter une plus grande surface crânienne. Enfin, la visière est devenue souple ou amovible. Le léger préjudice esthétique imposé à la silhouette du cavalier par ces casques est largement compensé par le gain de sécurité qu'ils procurent.

Le POR de nuit

Apparu il y à une dizaine d'années, le POR de nuit a suscité bien des polémiques, compte tenu de sa difficulté et des risques qu'il impliquait. Il reste une expérience marquante, à réserver à des trecquistes aguerris.

Une expérience extrême

Entre le jour et la nuit, la différence est saisissante pour celui qui randonne à la carte en terrain inconnu. Frissons garantis !
Une création récente
Le POR de nuit est apparu dans les années 1990, lors du Championnat de France de Pont-l 'Évêque. Dans cette région de bocages, le POR de jour s'annonçait peu sélectif : l'ajout d'une épreuve nocturne devait corser la difficulté. L'expérience fut renouvelée les années suivantes, la région choisie étant parfois plus boisée ou plus accidentée. Traditionnellement, l'épreuve a lieu pendant la nuit du vendredi au samedi. Tracé assez court, une vingtaine de kilomètres, et pénalités divisées par deux par rapport au jour : 1point par minute, 25 points pour une arrivée au contrôle par un mauvais chemin, 50 points par contrôle manqué. Le lendemain, les cavaliers ensommeillés affrontent un parcours de jour classique, la somme des distances parcourues ne devant pas dépasser 60 km.
Un parcours à risques
On trouve également des nocturnes lors de certaines épreuves de sélection pour le Championnat de France, mais rarement dans les TREC de moindre importance. La nuit, en effet, de nombreux dangers guettent le concurrent solitaire, surtout s'il s'égare hors des chemins repérés, ce qui ne manque pas d'arriver. Une branche basse invisible peut l'assommer ou le jeter à terre, une plaque rocheuse peut faire déraper sa monture, un trou entraînera une chute du couple. C'est pourquoi les POR de nuit ont leurs détracteurs, qui jugent qu'on s'éloigne de l'esprit de prudence propre au tourisme équestre. A quoi d'autres répondent qu'il arrive qu'une randonnée se prolonge la nuit et que le TREC constitue ainsi une sorte de laboratoire d'essais pour les systèmes d'éclairage et de signalisation.
Des difficultés spécifiques
Drôle d'aventure, pour le concurrent, que de se risquer ainsi dans le noir complet, avec sa seule monture. La nuit, les repères changent. Le cheval est plus attentif, parfois un peu tendu, car il y a souvent beaucoup d'animation dans les bois et les fourrés. Le cavalier ne peut guère scruter le paysage, ni évaluer les distances à l'œil. Faute de repères visuels, il lui faut recourir davantage à la boussole et au chronomètre pour se situer. L'entrée d'un chemin en sous-bois devient presque invisible si des branches viennent arrêter le faisceau ténu de la lampe. Même une ligne à haute tension passera inaperçue si l'on néglige de balayer le ciel de sa lampe lorsqu'on passe dessous. Pour réussir, il faut encore plus de sang-froid et de concentration que de jour. Mais que d'émotions inoubliables !

Que la lumière soit !

Difficulté inédite que le choix d'un équipement performant pour lutter contre l'obscurité. Chaque cavalier a sa solution.
Signalisation
Avant d'éclairer les chemins, le concurrent doit penser à se signaler aux autres, en particulier aux automobilistes. Solution la plus classique, des bandes réfléchissantes fixées à la selle, autour des membres et, éventuellement, de la queue du cheval par un système velcro. On peut y ajouter une lampe cycliste bicolore ou à flash, qu'on fixe à la cheville gauche. Cet équipement ne dispense pas d'une grande prudence, car les conducteurs de voitures sont peu habitués à de telles rencontres.
Éclairage et variantes
Côté éclairage, l'équipement classique est constitué d'une lampe frontal halogène et d'un projecteur manuel longue portée. Les variantes dépendent de l'inspiration et des capacités de bricoleur de chacun. Certains fixent, de part et d'autre de leur casque, des phares qu'alimentent des batteries de moto dissimulées dans leurs fontes. D'autres fixent un projecteur au poitrail ou au front de leur monture. Certains utilisent des pastilles fluorescentes pour éclairer leur carte. Tout est possible, mais encore faut-il limiter le poids de cet attirail, en tester l'autonomie et s'assurer que tout ce bel équipage résistera aux secousses répétées et à la pluie. Car, parfois, pour couronner le tout, il pleut !

Soigner le cheval sans le stresser

Le secret pour soigner un cheval sans le stresser réside dans le calme, la confiance en soi, la détermination et la fermeté du soigneur, toutes qualités qui rassurent le cheval et l'incitent à rester tranquille. L'énervement et la peur, en revanche, se transmettent aussitôt à l'animal.

La bonne attitude

Pour rassurer les chevaux, il faut savoir rester serein soi-même.
Confiance et respect
Lorsqu'un cheval est bien dressé et a confiance en son soigneur, les soins se passent bien. L'animal sait que l'homme est son dominant et qu'il n'a rien à craindre de lui. Il est donc à la fois respectueux et confiant. A l'opposé, si le soigneur s'énerve ou a peur, le cheval devient automatiquement inquiet et n'a plus qu'une envie : adopter la tactique de défense pour laquelle il est programmé : la fuite !
Règles fondamentales
La règle numéro un lorsqu'on soigne un cheval est donc de conserver son sang-froid, quelle que soit la situation. Le fait de se contraindre à siffloter ou à bâiller aide parfois à garder la décontraction nécessaire. La règle numéro deux est qu'un cheval qui se sent enfermé ou prisonnier panique toujours davantage que celui qui a l'impression qu'il pourrait s'enfuir au cas où. Il est donc toujours préférable, pendant les soins, de faire tenir l'animal par un assistant plutôt que de l'attacher.
Rassurant mais ferme
Si les soins sont douloureux ou simplement désagréables, le cheval peut tenter d'y échapper. Il faut d'abord le rassurer, puis se montrer ferme et déterminé. Il doit savoir qu'il n'échappera pas à votre volonté. S'il bouge, ramenez-le immédiatement, mais sans violence, à sa place. Mais, s'il supporte courageusement les soins, félicitez-le et récompensez-le !

Les moyens de contention

Neuf fois sur dix, il n'est pas nécessaire d'immobiliser le cheval pour lui donner des soins. Un soigneur calme et rassurant suffit. Toutefois, différentes méthodes de contention douce sont possibles
Toujours un assistant
Le premier des moyens de contention consiste à faire tenir le cheval en main par un assistant. Celui-ci sera chargé de rassurer l'animal et de le détendre par des caresses et des mots apaisants. Si l'animal bouge un peu trop l'assistant pourra lui prendre un antérieur. La meilleure technique consiste à tenir le sabot par la pince, en fléchissant un peu toutes les articulations. Attention, il ne faut pas, alors, que l'animal prenne appui sur l'assistant. Dans ce cas, celui-ci doit tromper l'animal en faisant semblant de relâcher un peu sa jambe.
Le pli de l'encolure
Une autre technique consiste à attraper fermement dans la main un pli de peau au niveau du creux de l'encolure, en avant de l'épaule. Une fois la prise assurée, il faut la faire rouler vers l'avant en la tenant, si nécessaire, à deux mains.
La prise de l'oreille
Le fait de se saisir de l'oreille d'un cheval naturellement confiant et de la manipuler détourne son attention. Cette technique est assez efficace si les soins ne durent pas trop longtemps.
La prise du bout du nez
On peut, de la même manière, attraper la lèvre supérieure à pleine main et la serrer plus ou moins. Cela permet de se passer du tord-nez pour les soins de courte durée, comme de l'utilisation d'un aérosol dont le bruit effraie l'animal.
Le caveçon ou le licol d'étalon
Une simple chaîne sur le nez ou sous le menton, ou l'arçon d'un caveçon permettent de maintenir plus fermement un cheval qui se défend. Attention toutefois, ces harnais sont très douloureux et ne doivent pas être manipulés avec brutalité. Les à-coups violents sont à proscrire, la douleur qu'ils suscitent incitant le cheval à réagir plus plutôt qu'à se calmer.
L'injection
Lorsqu'un vétérinaire est présent, il peut administrer un sédatif au cheval pour le tranquilliser ou l'anesthésier légèrement le temps de l'intervention. Le choix du produit, de sa dose et de son mode d'injection dépendent du cheval et des circonstances. Seul un praticien diplômé est habilité à utiliser la contention chimique.
Le tord-nez
Le tord-nez est fait d'une cordelette que l'on glisse sur la lèvre du cheval et d'un manche que l'on tourne pour serrer cette cordelette. Cet instrument un peu barbare se révèle parfois utile pour immobiliser les chevaux pendant les soins douloureux ou déplaisants. Mais, dans certains cas il produit l'effet inverse : il énerve l'animal et l'incite à se révolter. Le tord-nez doit être manipulé avec tact: il faut toujours être prêt à le serrer ou à le desserrer en fonction des réactions de l'animal. Dans tous les cas afin de ne pas risquer une nécrose des tissus, le tord-nez ne doit pas être laissé en place plus de quelques minutes.

Les premiers pas

Vous êtes correctement assis dans votre selle, étriers chaussés, rênes en mains : voici le moment de faire vos premiers pas à cheval et de sentir enfin les mouvements de votre monture. Vous allez voir, c'est simple te merveilleux à la fois !

Les premiers pas accompagnés

Pour votre première leçon, vous ne serez pas abandonné à vous-même : quelqu'un vous aidera à brosser, à seller et à brider votre monture. Et, au manège, vous aurez un moniteur attentionné.
Au travail
Monter à cheval n'est pas vraiment difficile. Pensez que, pendant des siècles, on s'est déplacé ainsi ! Nos jambes se placent naturellement autour des flancs du cheval, son dos semble fait pour nous porter . De la décontraction et du tonus à dose égale, et vous pourrez bientôt partir galoper dans les bois !
Trouver sa position
Le moniteur vous a aidé à monter à cheval. Avant de marcher, prenez le temps de trouver votre place dans la selle. Vous devez être assis dans l'avant de la selle, sur le gras des fesses, le bassin légèrement basculé en avant. Les jambes descendent de tout leur poids vers le bas. Votre dos est droit, la tête bien dégagée des épaules. Portez votre regard vers l'avant.
Le pied à l'étrier
Le moniteur vous fait marcher un peu sans tenir les rênes, pour vous mettre à l'aise. Essayez de trouver la place de vos pieds dans les étriers. Chausser et garder ses étriers n'est pas évident dans un premier temps. Votre pied doit s'engager d'un tiers seulement dans l'étrier. Si la jambe est bien décontractée, le talon descend plus bas que la pointe du pied. Basculez légèrement la cheville, comme pour montrer la semelle du soulier au moniteur : cela place le mollet bien au contact des flancs du cheval.
A vos rênes !
Prenez une rêne dans chaque main. Elles entrent par le bas de la paume ou passent entre le petit doigt et l'annulaire. Elles ressortent par le haut de la paume, où elles se trouvent fermement tenues par le pouce. En fermant ou en ouvrant les doigts, on modifie la tension sur les rênes. C'est ainsi que l'on demande au cheval de ralentir. Si l'on agit sur une seule rêne, le cheval tourne.
Ça balance
Quand le cheval marche, il a besoin de déplacer son encolure dans le mouvement d'un balancier. Il ne faut pas le gêner. Gardez vos coudes souples et laissez vos mains suivre ce mouvement de va-et-vient. Vos fesses avancent et reculent dans la selle avec les foulées du cheval. C'est un mouvement agréable. Décontractez-vous.
Marche-arrêt
Pour vous arrêter, fermez les doigts et redressez-vous en élevant légèrement vos mains. Dès que le cheval s'arrête, baissez les mains et ouvrez les doigts. Pour marcher, exercez une franche pression des mollets sur les flancs du cheval. S'il n'obéit pas, utilisez les talons.
Assouplissements
L'équitation sollicite les muscles bien plus qu'on ne le croit. Avant de passer au trot, il est bon de les échauffer et de les étirer. Déchaussez vos étriers et croisez-les devant la selle. Le moniteur vous indiquera quelques exercices d'assouplissement. Ces mouvements amusants vous aident à trouver votre équilibre sans rester figé. Lorsque le buste se déplace, les jambes adhèrent aux flancs du cheval, surtout au niveau des cuisses et des mollets.
Au trot
Vous voilà plus à l'aise. Pour les premières foulées au trot, il est généralement préférable de rester sans étriers. Ils vous encombreraient plus qu'autre chose. Attrapez le pommeau dans une main pour rester bien assis, les fesses vers l'avant de la selle. Évitez de contracter les jambes et de remonter les genoux. Laissez-les descendre de tout leur poids. Cherchez à envelopper le cheval avec le bas de la jambe. Relâchez vos épaules et laissez tout votre corps suivre les mouvements. Recherchez la décontraction. En repassant au pas, redressez-vous et amortissez souplement avec les reins. Surtout, ne vous penchez pas en avant !
Bon à savoir
Pour vous faire comprendre de votre cheval, vous disposez de moyens naturels qu'on appelle les aides.
  • Les mains, par l'intermédiaire des rênes, vous permettent de ralentir, de vous arrêter et de tourner.
  • Les jambes, par des pressions plus ou moins fortes, font avancer le cheval .
  • Le déplacement de votre poids dans la selle est nettement perçu par le cheval.
  • Regardez où vous allez quand vous voulez tourner, redressez-vous pour ralentir ou pour vous arrêter.
  • La voix est une aide importante. Une voix traînante et grave apaise le cheval. Une voix nette et brève l'incite à l'action. N'hésitez pas à accompagner vos gestes de la voix , discrètement bien sûr, le cheval a l'ouïe fine et vous n'êtes pas seul au manège !

Présenter un cheval

Lorsque l'on souhaite juger les aptitudes d'un cheval, il faut s'assurer que son modèle ne le prédispose pas à une quelconque pathologie et correspond bien à l'emploi auquel on le destine. Il faut ensuite s'assurer de la qualité de la locomotion de l'animal en l'observant en déplacement.

Les allures : sur sol dur

Présenter un cheval en main est moins simple qu'il n'y paraît. Il suffit bien sûr de le faire marcher et trotter à sa droite, mais pas n'importe comment.
Trouver la faille
Pour juger correctement un cheval, il vaut mieux un sol dur. Un sol mou facilite le travail du cheval et amortit chacune de ses foulées. Un sol dur, au contraire, ne pardonne rien. Le cheval doit mettre en œuvre chacun de ses muscles, chacun de ses tendons, chacun de ses ligaments pour amortir ses foulées. Un cheval ne peut trotter souplement sur un sol dur que s'il bénéficie d'une parfaite intégrité de son appareil locomoteur.
Rênes longues
Lors de la présentation, le cheval doit être tenu à bout de longe ou de rênes. Le présentateur ne doit ni gêner le jeu du balancier de l'encolure, ni déséquilibrer le cheval vers la gauche en le tirant comme un âne. Il faut donc se contenter de courir à grandes foulées à côté de son animal, sans trop le tenir. On ne s'étonnera pas de ce que le vétérinaire ou le juge se place dans l'axe du déplacement. C'est en effet de derrière et de devant que l'on détecte le plus facilement les irrégularités d'allure. Le demi-tour a aussi son importance pour les examinateurs.
Arrêt : « hors crinière »
Lors de la présentation arrêtée, il vaut mieux s'arranger pour que la crinière ne masque pas l'encolure de l'animal au juge. Si le cheval n'est pas natté (ce qui est souhaitable), on le présentera donc plutôt hors crinière. Pour permettre de juger des aplombs, il faut essayer d'arrêter son cheval bien droit. Ses quatre pieds doivent reposer au sol et si possible être en léger décalage. On ne se contentera pas d'une posture campée ou d'un cheval sous-lui du devant.
Le physique n'est pas tout
Le plus beau cheval, celui qui se déplace le mieux, ne sera jamais un champion s'il lui manque le tempérament. Les qualités mentales sont en effet tout aussi indispensables que les qualités physiques, même pour un cheval. La capacité d'apprendre, la motivation, le sens de la compétition et l'intelligence sont autant d'atouts qui différencient un cheval bien fait, mais ordinaire, d'un autre peut être moins beau, mais qui gagne.

Les trucs des présentateurs

Le succès et les enjeux financiers des épreuves de modèles et allures ont amené les éleveurs à développer de véritables techniques de présentation des chevaux. A côté d'un savoir-faire manifeste et d'un tact tout aussi incontestable, on voit parfois, hélas, fleurir certains excès.
Fardé comme une mariée
Outre sa foulée légère qui magnifie celle du cheval, le présentateur «pro» dispose d'une foule de trucs destinés à faire paraître plus belle « la mariée ». Les yeux du cheval sont, par exemple, enduits d'un collyre qui les fait paraître plus brillants. Le bout de son nez et le tour des yeux sont maquillés à la vaseline. Les oreilles, l'auge, les jambes sont soigneusement tondus et épilés pour paraître plus fins. La queue est passée au produit démêlant, qui lui donne un aspect chatoyant. Le haut de la crinière est tondu pour affiner l'attache de la tête. Le dresseur apprend également à son « top model » la bonne façon de marcher et de se tenir debout. L'animal doit, en effet, allonger son encolure tout en la soutenant. Tout un art qui s'obtient à l'aide de longues badines, parfois garnies de colifichets. La violence est parfois, hélas, au rendez-vous pour convaincre les « mannequins » récalcitrants.
Des excès répréhensibles
Au registre des excès, citons certaines races américaines comme l'american saddle horse, à qui les éleveurs sectionnent parfois les muscles abaisseurs de la queue pour conférer un plus beau port de cette dernière. Des ferrures orthopédiques obligent ces mêmes chevaux à adopter les allures qu'on souhaite leur voir prendre. Sans parler des produits irritant dissimulés sous les sabots ou dans l'anus des pauvres bêtes à concours !

Partir seul

Partir seul en randonnée, le temps de partager une petite aventure avec son cheval, est le rêve de bien des cavaliers. S'ils sont bien préparés, le cavalier et le cheval reviennent transformés de ces petites ou longues escapades.

Se préparer

La réussite d'une randonnée tient dans sa préparation. Si vous partez seul, vous ne pourrez compter que sur vous-même, sur votre débrouillardise et, surtout, sur votre prévoyance. Savoir monter à cheval ne suffit pas pour randonner seul !
Le bon tracé
Déterminez votre tracé en limitant autant que possible les risques. Contactez les Guides de Tourisme Équestre de la région, demandez leur conseil : ils sauront vous indiquer les passages difficiles, les contournements possibles, les itinéraires de rechange. Éventuellement, reprenez un tracé que vous connaissez déjà. Faites des feuilles de route pour bien analyser le parcours avant de partir.
Pour votre sécurité
Êtes-vous sûr de bien savoir utiliser une carte et une boussole ? Procédez à des révisions et à quelques exercices sur le terrain avant le grand jour. Pour partir seul ,vous devez posséder un minimum de compétences qui vous permettront de réagir face à une situation d'urgence : secourisme humain et vétérinaire, notions de maréchalerie et de bourrellerie, etc.
L'entraînement
Préparez votre cheval. Entraînez-le, physiquement et mentalement. Vous partirez ainsi avec une monture au comportement sûr, en souffle et musclée. Si vous emmenez un cheval de bât, il doit également participer à l'entraînement.
Le matériel
Préparez votre matériel pour que tout soit prêt au moins deux jours avant le départ. Procédez à des essais avec le cheval pour vous assurer que tout a une place et que vous n'êtes pas surchargé. Ne partez pas avec du matériel neuf ou dont vous ne vous êtes jamais servi.
Une solitude mesurée
Ayez en poche les numéros de téléphone des « personnes ressource » de la région. Avant de partir, prévenez-les de votre périple. Informez des proches de votre itinéraire, et dans la mesure du possible, prévenez les gîtes de l'heure probable de votre arrivée. En cas d'accident ou de problème, il faut que quelqu'un s'inquiète afin de déclencher les secours. Enfin, appelez les services météo, mais ne vous y fiez pas aveuglément.
Faire la feuille de route
Une feuille de route est une sorte de compte rendu détaillé de l'itinéraire dans lequel apparaissent toutes les informations relatives au parcours : azimuts, pente, éléments rencontrés (ferme, source, calvaire, pont), distances, aspect du terrain, allures prévues, météo annoncée. Pratiquement vous devriez pouvoir vous passer de la carte et marcher avec la seule feuille de route.
Bon pour le moral
La réussite du voyage dépend de la maturité et de l'expérience du cavalier. Il doit savoir surmonter ses angoisses, résoudre les difficultés qu'il ne manquera pas de rencontrer, apprécier la solitude et établir le contact avec les gens qu'il rencontre. Les vieux routards le savent bien !

Êtes-vous prêt à partir seul ?

Ce petit questionnaire vous permettra de tester votre préparation à la randonnée en solitaire.
Topographie
Repérez-vous bien sur une carte les différents types de chemin, les passages difficiles ou interdits, terrains militaires, par exemple, les pentes trop fortes, les gués qui n'en sont pas toujours en période de pluie ?
Secourisme vétérinaire
Connaissez-vous la température, le pouls, le rythme respiratoire, la couleur des muqueuses que votre cheval doit présenter quand il est en bonne santé ?
Sauriez-vous déceler l'urgence en cas d'accident ou de maladie? Connaissez-vous les symptômes de la myosite d'effort, de l'inversion, du coup de chaleur, d'un début de coliques ? Sauriez-vous comment intervenir ?
En cas d'accident de votre cheval, saurez-vous réagir sans perdre votre sang froid ? Sauriez -vous faire une injection , un pansement compressif sur une artère sectionnée, une attelle ?
Maréchalerie
Savez-vous en lever et remettre un fer ?
Matelotage
Comment fait-on un nœud de randonnée ? de cabestan ? un double-dutchman ?, un nœud de chaise ? un nœud de ligne ?
Préparer le cheval
Le cheval avec lequel vous partez doit être un partenaire sûr. Non seulement il ne doit jamais vous mettre en danger, mais encore il doit toujours chercher à préserver votre sécurité. Il doit avoir appris cela au cours d'une longue éducation comportant de multiples expériences avec vous.
Vous devez pouvoir passer le long d'un pré où s'agitent d'autres chevaux, traverser des rivières, des ponts, passer le long d'une route à grande circulation, croiser tracteurs et remorques, recevoir une averse de grêle, sans que votre cheval donne des signes d'agitation. Votre compagnon doit aussi montrer un pied sûr lors d'un passage difficile (rails de chemin de fer, lit de torrent à sec, raidillon à flanc de montagne), savoir enjamber les troncs, descendre dans les fossés et progresser en main sans jamais vous marcher sur les talons.

Le moral du cheval de dressage

Le cheval de dressage est un athlète soumis à un rude entraînement. Discipline est le maître mot de son existence. Pour qu'il conserve sa vitalité et donne le meilleur de lui-même, travaillez dans la joie et modérez vos exigences.

Travailler dans la joie

Un bon cavalier de dressage qui aime cette discipline s'efforce de la faire aimer au cheval.
Des exigences élevées
Le dressage est une discipline contraignante. Pour parvenir à un haut niveau, le cheval doit suivre pendant des années un apprentissage poussé. Son cavalier le soumet quotidiennement à une gymnastique exigeante destinée à développer sa force et sa souplesse et l'oblige à maintenir des attitudes difficiles. L'exécution des airs d'école demande beaucoup d'énergie et de concentration. Bref, la vie du cheval de dressage n'est pas amusante tous les jours. Pour qu'il conserve sa personnalité, son brio, son allant, il est essentiel de préserver son moral.
Le travail, un plaisir
Dans toute la mesure du possible, le cheval doit aborder chaque séance de travail avec plaisir : c'est une sortie, un moment stimulant, l'occasion de dépenser son énergie joyeusement et de « jouer » avec son cavalier. Un dressage fondé sur le renforcement positif procure des satisfactions à l'animal, le stimule et l'encourage. Toute séance de travail devrait commencer et s'achever par un moment de véritable détente. Marche en extérieur rênes longues, liberté, etc. Le travail lui-même doit s'arrêter sur quelque chose de positif : récompense immédiate après un nouvel exercice bien compris ou révision d'un exercice facile que le cheval exécute volontiers. Évitez de réserver pour la fin de la séance un air difficile ou une figure que le cheval n'aime pas.
La discipline : un moyen, pas une fin
L'entraînement du cheval de dressage impose beaucoup de discipline. Mais la discipline n'est pas l'objectif du dressage. La gymnastique de base, indispensable, oblige à elle seule à une certaine routine. La routine, d'ailleurs, peut présenter des aspects confortables pour le cheval. Il connaît le déroulement du travail et l'aborde dans le calme. Mais le bon dresseur doit s'efforcer d'éviter que cette routine devienne ennuyeuse et que s'instaure une discipline inflexible. L'un des dangers du dressage est de « mécaniser » le cheval, qui se met à exécuter tous les exercices correctement, mais sans âme et sans véritable ardeur.
  • Ne brisez pas toute expression de personnalité et de joie. Les récréations devraient comprendre, en début de séance, une période de « défoulement autorisé ».
  • Morcelez la séance de travail en plusieurs brèves périodes d'une dizaine de minutes, interrompues par des récréations ou des exercices récréatifs : quelques cavalettis, par exemple, ou un galop un peu libre.
  • Variez les exercices. Ne répétez pas les mêmes choses d'un jour à l'autre.

Une atmosphère détendue

Pour son bien-être physique et mental, le cheval doit vivre et travailler dans une atmosphère détendue.
Des conditions de vie adaptées
Pour qu'un cheval apprenne vite et bien, il doit être «bien dans sa tête». Offrez-lui une vie aussi compatible que possible avec sa nature :
  • un box spacieux et confortable qui lui permette de regarder dehors pour se distraire ;
  • une litière à grignoter ;
  • des compagnons avec qui communiquer ;
  • un peu de liberté régulièrement.
La bonne entente
Vous attendez beaucoup de votre cheval ? Il attend beaucoup de vous : la sécurité, le confort et, surtout, une bienveillance constante. Ne vous contentez pas d'arriver et de grimper sur un animal déjà sellé et bridé que vous rendrez au soigneur. Participer aux soins est le seul moyen de bien connaître son cheval et de communiquer étroitement avec lui. Efforcez-vous de passer agréablement un peu de temps avec lui. Emmenez-le brouter pendant quinze minutes en longe, restez auprès de lui pendant qu'il grignote son foin, lâchez-le souvent en liberté. Vous devez lui être parfaitement familier afin qu'il se détende complètement en votre présence et vous accueille avec plaisir.
L'impact du débourrage
Le débourrage, c'est-à-dire le début de l'apprentissage à proprement parler, a un impact très important sur la façon dont le cheval abordera le travail sa vie durant : c'est au dresseur de faire aimer le dressage au cheval.

Démonter et remonter une bride

Démonter une bride est assez simple ; la remonter peut devenir un vrai casse-tête dont l'issue reste incertaine. Pour ne pas vous laisser déborder par les pièces de ce puzzle, procédez avec méthode.

Savoir reconnaître chaque élément de la bride

Pour nettoyer correctement une bride ou la réparer, pour en changer des éléments, il faut la démonter. Et quand vous achetez une bride neuve, on vous la livre le plus souvent en pièces détachées !
Au travail !
Lorsque vous avez bien repéré la place et le nom de chaque pièce de la bride, procédez au petit exercice qui consiste à démonter entièrement votre bride, à en nommer chaque élément, puis à la remonter.
  1. Pour démonter la bride, il vous suffit de détacher toutes les boucles une à une pour désolidariser chaque élément. Nommez mentalement chaque pièce lorsque vous la détachez. Posez les différents éléments à plat, côte à côte, en vous efforçant de les placer selon un ordre logique.
  2. En principe, les deux paires de rênes sont semblables et interchangeables. Pour commencer, fixez une paire de rênes au mors de filet : vous êtes sûr de ne pas vous tromper.
  3. Fixez ensuite le montant droit du filet, qui fait également office de têtière, sur l'anneau gauche du mors de filet, et le montant droit sur l'anneau droit.
  4. Laissez la partie « filet » de côté. Glissez la têtière de la bride dans le frontal, en prenant soin de placer celui-ci vers l'avant, la sous-gorge se trouvant à droite. Bouclez la sous-gorge afin qu'il n'y ait pas de confusion possible.
  5. Fixez les montants de la bride à droite et à gauche sur les anneaux du mors de bride: vérifiez que vous placez le mors dans le bon sens, les anneaux des rênes et les crochets de la gourmette se trouvant vers l'arrière. Attachez ensuite les montants à la têtière.
  6. Glissez le montant droit du filet dans le frontal, sous la têtière de la bride, puis attachez-le au montant gauche. Le mors de filet vient derrière le mors de bride, et un peu plus haut. Glissez le montant de la muserolle dans le frontal, sous le montant du filet et de la bride, puis bouclez-le.
  7. Fixez les rênes de bride, et voilà : la bride est remontée !
Les éléments de la bride
  1. têtière de la bride et sous-gorge
  2. montant de la bride
  3. montant de la bride
  4. mors de bride
  5. gourmette et 5bis. fausse gourmette
  6. frontal
  7. têtière et montant droit du filet
  8. montant gauche du filet
  9. mors de filet
  10. montants et têtière de muserolle, muserolle
  11. rênes de filet
  12. rênes de bride
Gros plan
Placez toujours les attaches à crochet sur la face interne du harnachement, pour qu'elles ne soient pas visibles une fois que la bride est en place. Cela vous aidera à mettre chaque pièce à sa place et dans le bon sens. Les boucles avec ardillon, elles, se placent sur la face externe.

Le Barbe

Il est moins célèbre et il a sans doute moins de panache que l'arabe. Mais ce cheval vif et élégant a participé lui aussi à l'élaboration de bien de races de valeur.

Un « barbare » venu du désert

Le barbe est originaire d'Afrique du Nord et, plus précisément, de ce qu'on appelait autrefois les États barbaresques, d'où son nom.
Des poulains chéris
Durant des siècles, ce cheval du désert a surtout été utilisé et, bien sûr, apprécié par les Bédouins, qui vivaient en lisière du Sahara. Pour ces guerriers, un cheval vif, endurant et frugal était un auxiliaire sans prix. Ils l'élevaient donc avec le plus grand soin. Ils appelaient leurs juments leurs « filles » et laissaient les poulains pénétrer sous leur grande tente pour qu'ils profitent de la fraîcheur. Leurs chevaux faisaient quasiment partie de leur famille.
Un des ancêtres de l'andalou . . .
Selon certains auteurs, les Romains auraient déjà utilisé des barbes, en particulier pour les courses de chars dans les arènes. Il est donc possible que les amateurs de jeux du cirque en aient importés à cette époque, mais cela n'a jamais été prouvé. Plus tard, au VIIIe siècle, les Maures envahirent l'Espagne et amenèrent avec eux quantité de chevaux barbes. Comme souvent en pareil cas, certains s'échappèrent et vécurent en liberté. Leur croisement avec les juments locales produisit l'amorce de la race andalouse (que d'autres sangs ont contribué par la suite à fixer).
. . . et du pur-sang anglais
En 1662, Charles II d'Angleterre, passionné de courses de chevaux, reçut dans la dot de sa femme le port marocain de Tanger. Durant les vingt et un ans où la ville demeura sous sa domination, on expédia vers la Grande-Bretagne, à partir d'elle, une grande quantité de chevaux barbes. Ceux-ci furent utilisés pour améliorer la vitesse et la vigueur des premiers chevaux de course britanniques. Le barbe a donc été, avant l'arabe, un ancêtre du pur-sang.
Colonisation et chevaux
La domination française en Afrique du Nord a duré du XIXe au milieu du XXe siècle. La remonte de la cavalerie, au Maroc et en Algérie, pour les spahis par exemple, et même en métropole, était alors constituée, pour une bonne part, de barbes. En effet, ces chevaux possèdent toutes les qualités nécessaires au cheval d'arme : ils sont rapides, maniables, rustiques et endurants donc « économiques ».

Type et tempérament

Si l'on connaît l'origine géographique du barbe, nul ne peut dire quand il est apparu en Afrique du Nord. Si l'on s'en tient aux récits et aux légendes, il semble que ce cheval ait toujours été présent aux côtés des hommes de sa région d'origine.
Extérieur
La tête est plutôt longue, avec un profil rectiligne, de larges naseaux et des ganaches prononcées. L'encolure est forte et rouée et le garrot haut placé. L'épaule est longue et plus ou moins inclinée, la croupe avalée et la queue portée bas. Le poitrail est parfois étroit. Les membres sont longs et forts, bien musclés, avec des canons relativement longs. Sa taille varie entre 1,40 m et 1,57 m.
Robe
Alezane, alezan brûlé, bai foncé, noire ou grise.
Caractère
Ce n'est pas sans raisons que les guerriers Bédouins chérissaient le barbe. Ce cheval courageux affrontait vaillamment aussi bien le tohu-bohu des combats que les longues retraites. Au cours de ces chevauchées, qui étaient parfois longues, la rapidité des barbes a bien souvent sauvé la vie de leur maître. En outre, il est intelligent, parfois un peu malicieux, avec une personnalité généralement prononcée. Et, s'il n'a pas toujours bon caractère, sa gentillesse est bien réelle.