Première promenade

A la belle saison, tous les cavaliers sortent en extérieur, même les débutants. Cette perspective effraie certains cavaliers encore peu sûr d'eux. Pourtant, la promenade est en général plus facile qu'une reprise en manège.

Le grand jour est arrivé

Avant le départ
Préparez votre cheval comme à l'ordinaire. Lorsque vous lui curez les pieds, vérifiez que les fers sont en bon état et qu'ils sont parfaitement en place. Un fer qui "cloche", qui bouge même légèrement, doit être signalé à l'enseignant. Au moment de monter, les cavaliers ne se rendent généralement pas au manège ou à la carrière : ils s'alignent parallèlement les uns aux autres, dans la cour, à une distance suffisante pour éviter tout risque de coup de pied (au moins 2 à 3 m). Ressanglez, puis, quand l'enseignant en donne l'ordre, montez.
Garder sa place
Souvent, le moniteur préfère placer les chevaux selon un ordre précis. Il répartit ainsi les animaux selon leurs affinités et les cavaliers selon leur compétence. Le cavalier qui ferme la marche doit être un peu plus expérimenté que les autres. S'il y a un débutant, il sera placé près du moniteur qui, ainsi, pourra au besoin le conseiller.
Les bonnes distances
Pour des raisons de sécurité, les cavaliers doivent marcher en file, les uns derrière les autres, et non au botte à botte. Gardez vos distances. 1,50 à 2 m entre la queue du cheval qui vous précède et le nez de votre monture. Néanmoins, ne laissez pas cette distance s'accroître de façon importante : votre cheval serait tenté de rattraper les autres en partant au trot ou même au galop, ce qui risquerait de semer une certaine agitation parmi les chevaux, surtout si les cavaliers sont encore débutants.
Le bon usage des jambes
Inutile de solliciter en permanence votre cheval avec les jambes : il n'y prêterait même plus attention. Laissez-le marcher à son pas en l'encourageant de temps à autre par les jambes et l'assiette, ou simplement par la voix. Quand la distance entre le cavalier précédent et vous dépasse 5-6 m, mettez votre cheval au trot pour quelques foulées, puis faites-le revenir au pas. Des rênes très ajustées ne conviennent pas en extérieur : le cheval a besoin de disposer librement de son balancier pour marcher d'un bon pas.

Galoper en extérieur

Galoper en extérieur ne pose pas les mêmes problèmes qu'au manège. Le moniteur vous préviendra avant de changer d'allure. Ajustez vos rênes : dès que le cheval de tête prend le galop, tous les chevaux suivent. Le vôtre prendra le galop derrière la file sans que vous ayez à le lui demander. Fermez simplement vos jambes et ouvrez vos doigts. Mettez-vous en suspension et pensez à accompagner le mouvement de l'encolure.
Encadrer
Il faut éviter de laisser le cheval sortir de la file et doubler les autres chevaux. Ne cherchez pas non plus à galoper de front avec d'autres cavaliers. Encadrez bien votre monture en conservant des mains basses et plutôt écartées. Maintenez-le dans la file et gardez vos distances sans les laisser devenir trop importantes. Si votre cheval double les autres, ne vous pendez pas aux rênes pour tenter de l'arrêter. Redressez franchement votre buste, éventuellement en restant en suspension, en levant les mains. Rendez et recommencez.
Les joies du tout-terrain
Lors de votre première sortie, vous découvrirez quelque chose que le manège et la carrière ne pouvaient vous offrir : les montées et les descentes. C'est amusant et excitant. Dans les descentes, restez assis en vous redressant légèrement. Dans les montées, mettez-vous en suspension et attrapez une poignée de crins pour vous aider si nécessaire. N'oubliez pas de laisser au cheval une certaine liberté d'encolure. il en a besoin pour s'équilibrer.
1 heure pour commencer
Les premières balades durent 1 heure, comme la reprise. Cela vous laisse le temps de parcourir 5 à 10 km, selon votre allure. Par la suite, vous pourrez vous inscrire pour des balades plus longues : partir faire un pique-nique à cheval est très amusant !

La saison des amours

Il est fascinant d'observer un troupeau de chevaux sauvages durant la saison des amours et de voir comment l'étalon et les juments se témoignent leur attirance réciproque.

Le printemps : lumière et odeur

C’est au printemps que débute chez les équidés la période des amours. Dès que les jours commencent à s’allonger, la lumière stimule la sécrétion de certaines hormones, tant chez le mâle que chez la femelle, et les prépare à la reproduction. Lorsque les juments sont prêtes pour l’accouplement, elles émettent des phéromones, dont l’odeur se dégage principalement au niveau des flancs et de la croupe. L’étalon peut percevoir ces odeurs à plus d’un kilomètre de distance. Quand il sent une jument en chaleur, il commence à lui faire la cour.
Une cour assidue
L’étalon lève la tête, dilate les naseaux, pointe les oreilles et hume l’air. L’encolure arquée, secouant la tête et portant la queue en panache, il s’approche de la jument. Il peut l’encercler et la suivre en couinant et en émettant de petits hennissements. Il renifle et mordille ses flancs et sa croupe. Un étalon sait qu’il faut toujours approcher une jument latéralement pour éviter les éventuels coups de pied. Si elle est prête à accepter le mâle, la jument peut être saillie plusieurs fois au cours de ses chaleurs avant d’être pleine. La durée de la gestation est de onze mois.
Les mâles rivaux
Dans la vie sauvage, chaque mâle doit avoir sa place et la respecter. L’étalon ne tolère pas la présence d’autres mâles en âge de procréer et les chasse du troupeau. Les jeunes chevaux de deux ans se regroupent en bandes. Mais dès qu’ils arrivent à maturité sexuelle, ils se séparent et mènent une vie solitaire. Ils cherchent à former à leur tour un troupeau. Pour cela, ils regroupent parfois des juments isolées que l’étalon dominant a chassé de son troupeau. Mais très vite ils cherchent à dérober des juments dans le troupeau même, affrontant l’étalon en titre. Petit à petit, ils s’aguerrissent et l’un d’eux parvient à prendre la place de l’étalon. Seuls les mâles les plus forts et les plus audacieux pourront, à l’issue de combats parfois tragiques, évincer l’étalon et conquérir ainsi leur propre troupeau. Les étalons âgés et vaincus mènent alors une existence solitaire.
Une place chèrement défendue
Lorsqu’un jeune entier approche du troupeau, l’étalon le menace d’abord en chargeant. Si l’intrus ne se laisse pas intimider, le combat est inévitable. Les deux mâles se battent à coups de pieds et de dents. En général, l’un des combattants constate la suprématie de l’autre. Il renonce et se retire. Les deux chevaux en sont quitte pour quelques blessures plus ou moins sérieuses. Mais il arrive que l’un d’eux meure des suites du combat.
Bon à savoir
Un étalon domestiqué se comporte exactement de la même manière qu’un étalon sauvage. C’est pourquoi la présence d’une jument en chaleur peut rendre un cheval entier difficile, voire dangereux à monter pour le cavalier.

La période des poulinages

Pour que le poulain ait toutes les chances de se développer dans les meilleures conditions, la nature a prévu qu’il naisse au début de la belle saison. La saison des amours débutant au printemps et la gestation durant onze mois, le poulain verra le jour au printemps suivant. La température est clémente, l’herbe pousse...
Au bon moment
Un poulain né trop tôt souffre du mauvais temps. Faute d’herbe assez abondante, sa mère risque de manquer de lait. Inversement, un poulain né tard dans la saison est trop faible à l’entrée de l’hiver, qui risque de lui être fatal. Dès que la jument est pleine, elle refuse l’étalon, qui se désintéresse d’elle. Peu de temps avant la mise bas, la jument s’éloigne de ses congénères, recherchant la tranquillité. Quelques mois après la naissance, elle est de nouveau prête à être saillie.
Attention, danger !
Les étalons qui assurent la reproduction sont souvent des animaux agressifs et nerveux, qui sont susceptibles d’attaquer l’homme. Avant de traverser un pré où paissent plusieurs chevaux, assurez-vous qu’il n’y a pas un étalon parmi eux. On le reconnaît aisément à son physique imposant : une encolure très incurvée et massive, une croupe et des reins généralement arrondis.

Les bonnes manières à l'écurie

Les bonnes manières à l'écurie, ce n'est pas une question de principe, mais de sécurité. L'éducation d'un cheval repose sur l'attitude quotidienne du cavalier et du soigneur. Chaque geste est interprété par l'animal et détermine son comportement. Soyez donc attentif.

Fermeté et bienveillance

Les bonnes manières du cheval à l'écurie découlent du respect et de la confiance que vous lui inspirez par votre fermeté, votre bienveillance et, surtout, par la cohérence de votre comportement.
Mal élevé ?
Il n'existe pas des chevaux « gentils » et des chevaux « méchants ». Bien sûr, chaque animal a son tempérament, certains sont plus faciles que d'autres. Mais aucun ne vient au monde éduqué. Et, excepté les chevaux fous, aucun ne résiste à une bonne éducation. Avez-vous déjà remarqué que, souvent, tous les chevaux d'un même cavalier présentent les mêmes défauts? « Untel n'a pas de chance : tous ses chevaux mordent ! » Il n'y a pas de fatalité. Ce propriétaire fait inconsciemment certains gestes qui créent ce comportement. Un cheval qui tape est un cheval qui a appris que taper était possible et efficace pour régler ses problèmes. Il en est de même pour tous les comportements indésirables à l'écurie.
Se poser en dominant
Il ne viendrait pas à l'idée d'un cheval d'agresser son supérieur hiérarchique. Si vous avez des problèmes avec votre cheval, s'il se montre agressif ou incontrôlable, il vous a vraisemblablement rangé dans les inférieurs... qui n'ont qu'à bien se tenir ! Vous devez affirmer votre autorité par des gestes simples qui imposeront votre supériorité. Chaque fois que vous venez voir votre cheval, chaque fois que vous le pansez, que vous lui passez un licol, que vous lui donnez à manger, vous devez répéter les mêmes gestes. Le fondement de l'éducation, c'est le respect que vous inspirez au cheval : il vous cède la place, ne vous bouscule jamais, vous suit quand vous le menez en licol, se montre attentif à vos indications.
Comprendre pour éduquer
Il suffit de commettre la même erreur deux jours de suite pour que le cheval comprenne qu'il peut y avoir des failles. Certains animaux n'en profitent pas trop ; d'autres, souvent les meilleurs, y voient de nouvelles possibilités. C'est alors que les ennuis commencent. Le cheval choisit ses attitudes parmi celles qu'il sait possibles et, bien évidemment, il préfère les plus confortables pour lui. C'est d'ailleurs cette faculté qui est utilisée pour son entraînement. Ne pas s'écarter sur votre passage est plus simple que de se mettre à sa place au fond du box, vous sortir de celui-ci en vous menaçant, oreilles couchées, lui permet d'accéder plus vite à la ration, etc. Par paresse ou négligence (lorsque vous vous dites : « Je n'ai pas le temps aujourd'hui d'attendre qu'il se pousse au fond du box »), vous pouvez enseigner de mauvaises manières à votre cheval.
Eduquer le propriétaire
Quand toute l'éducation est à faire, il faut savoir se tourner vers un professionnel. Car la moindre erreur en la matière a des conséquences à long terme. Pour construire des bases solides, confiez l'éducation fondamentale de votre compagnon à un professionnel. Attention, il s'agit de compétences particulières que ne possèdent que certains entraîneurs. Suivez vous-même une formation pour savoir entretenir cette éducation.
Bon pour le moral
Jouer avec son cheval, pourquoi pas : il adore ça. Mais, attention, c'est vous qui établissez les règles, et tout manquement au règlement doit être sanctionné. Sinon, gare aux débordements !
Attention, danger !
L'autorité est fille de fermeté et de cohérence : elle n'a rien à voir avec la violence. Dans les troupeaux de chevaux, la violence est l'attitude des faibles. La correction physique ne doit être utilisée qu'en réponse à une agression patente. Mal employée, elle sape votre autorité au lieu de l'asseoir.

Un peu de pratique

Voici les gestes clés que vous devrez répétez pour que votre compagnon apprenne à bien se comporter à l'écurie.
Dans le box
Quand vous pénétrez dans le box, prenez possession de l'espace : incitez votre cheval à vous céder la place en allant vers son épaule et, éventuellement, en le poussant. Il doit se placer le long d'une paroi, sur le côté ou au fond du box, loin de la porte. Faites-le chaque fois que vous entrez dans le box, même si cela arrive dix fois par jour. Très vite, il fera ce que vous attendez de lui. Lors de la distribution de la nourriture, faites de même. Le cheval ne doit pas vous bousculer pour se précipiter sur la mangeoire, et encore moins coucher les oreilles et adopter le comportement menaçant qu'il aurait envers un inférieur pour manger avant lui. Il doit attendre que vous vous soyez retiré. C'est ce qu'il ferait avec un dominant.
Sortir calmement
Si possible, sortez votre cheval plusieurs fois par jour, pour des raisons diverses. Vous éviterez ainsi l'excitation de la sortie. Si, lors de cette opération, il a une tendance à la précipitation, vous réglerez le problème en le sortant régulièrement mais pour le mettre chaque fois, pendant quinze minutes, à l'attache avant de faire quoi que ce soit d'autre. Vous le ressortirez plus tard pour le travail ou la détente. Il doit apprendre à sortir calmement de son box, en restant à 80 cm derrière vous au moins. Dans tous les déplacements, il est attentif à vos indications, respecte les distances, vous cède la priorité.

Le déroulement d’un TREC

Le TREC (Techniques de randonnée équestre de compétition) propose au cavalier, en quatre épreuves, de tester sa pratique de l'extérieur et de se former tout en s'amusant.

A la portée de tous

Variée et ludique, cette discipline a manifestement été conçue par des cavaliers d'extérieur pour des cavaliers d'extérieur. Beaux paysages, bonne ambiance ainsi que quelques découvertes utiles en perspective...
Quatre épreuves en une
Le TREC comporte quatre épreuves. Réparties sur une ou deux journées, ces épreuves vont tester les qualités du cavalier d'extérieur, c'est-à-dire ses talents de dresseur, son aptitude à s'orienter, l'entraînement de son cheval et la confiance qu'il en a obtenue, enfin l'adaptation et l'état de son matériel.
Présentation : la petite épreuve qui compte
L'épreuve de présentation se déroule généralement juste avant le départ du parcours d'orientation . Elle ne représente qu'une part symbolique des points (10 sur les 500 du total).
POR: Parcours d'orientation et de régularité
C'est l'épreuve reine du TREC, qui joue un rôle déterminant dans le classement. Le jeu consiste à recopier avec précision un tracé sur carte, de 20 à 60 km, puis à le suivre avec exactitude pour découvrir les contrôles dissimulés le long de l'itinéraire. Une très belle balade en perspective, mais qui réclame une attention soutenue : non seulement le cavalier doit déjouer les subtilités de la topographie mais, de plus, il lui faut respecter des vitesses imposées (6 à 12 km/h selon le cas), ce qui réclame une attention constante. Ainsi mis sous pression, il est difficile de ne jamais se tromper. La soirée à venir sera à coup sûr émaillée de récits haletants et d'anecdotes amusantes !
Maîtrise des allures : du dressage en ligne droite
La troisième épreuve se déroule dans un couloir un peu mystérieux tracé à la chaux dans un vaste pré : 1,50 m de large, 150 m de long. Les concurrents s'y lancent tour à tour, sous l'œil vigilant de contrôleurs disséminés le long de la piste. Il s'agit d'abord de parcourir celle-ci au galop lent, puis de revenir au pas rapide. Un barème définit le nombre de points gagnés qui sont fonction du temps réalisé dans chaque allure. Il suffit d'une malheureuse foulée de trot ou d'un pied posé hors du couloir pour perdre ce précieux capital.
PTV : Parcours en terrain varié
Au fil d'un parcours de quelques kilomètres, le couple va affronter 16 difficultés naturelles ou reconstituées, qui testeront l'aisance et l'adresse du cavalier, mais aussi la confiance, l'obéissance et la sûreté de sa monture. Gué, passerelle, portail, branches basses, fossés, contre haut, fortes pentes, franchissement en main, reculer : l'éventail proposé est vaste mais répond à des normes bien définies. Chaque franchissement est évalué par un juge, qui en note à la fois le style et l'efficacité : l'important n'est pas la performance sportive, mais l'entente et la sécurité du couple.
Les atouts des TREC d'initiation
  • Esprit d'entraide et convivialité y règnent. Nul n'hésite à partager ses connaissances, à transmettre ce qu'il sait, y compris les organisateurs qui sont souvent des cavaliers de haut niveau.
  • Il est toujours possible de renoncer à un saut ou à un franchissement si l'on ne se sent pas encore prêt.
  • Le règlement très détaillé du PTV et l'exemple des autres concurrents aident à comprendre quelle est la bonne méthode pour franchir les difficultés et quelles fautes il faut éviter.
  • Le POR peut se courir en équipe, ce qui permet une initiation conviviale et sécurisante.

Une solution pour les cavaliers isolés

N'attendez pas d'être un « pro » de l'extérieur pour concourir : le TREC constitue une véritable école pour celui qui veut progresser et former sa monture.
Cavaliers solitaires
L'apparition du TREC, dans les années 80, a coïncidé avec le développement de l'équitation de loisir. De nombreux cavaliers, abandonnant le manège, ont choisi, un peu au hasard, une monture rustique et pas trop chère, puis se sont lancés sur les chemins. Mais, bien souvent, la belle aventure vire au cauchemar parce que le cheval n'est pas assez bien dressé, parce que le cavalier n'a pas reçu une formation adaptée à l'extérieur ou qu'il a abandonné un peu trop tôt ses « études équestres ». Faute de conseils et d'idées pour progresser, les problèmes s'aggravent : le cheval refuse de traverser les gués, se cabre au passage des voitures, ne supporte pas de sortir seul.
Trecquer pour progresser
Face à ces difficultés, la pratique du TREC constitue une bonne solution. Inutile d'attendre d'être devenu un cavalier hors pair ou d'avoir une monture parfaitement dressé e pour participer. Car le but des TREC est avant tout d'aider les pratiquants à se former et à progresser. Au fil des participations, chacun améliorera sa technique et son coup d'œil, apprenant, par exemple, à reconnaître quel genre de pente sa monture peut gravir sans risque et quelle position adopter pour lui faciliter la tâche. Des connaissances qui ne s'acquièrent pas dans les manèges et qu'il est difficile d'acquérir si on est seul dans son coin.

La journée du cavalier propriétaire

Si vous devenez propriétaire d'un cheval, le programme de vos journées, de vos semaines, de vos week-ends, de vos vacances va beaucoup changer. Quand on n'a jamais soigné un cheval, on peut imaginer qu'il suffit de le mettre dans un pré bien clos et de venir le voir une fois de temps en temps. Mais il nécessite bien plus d'attentions que ça.

Le cheval au pré

C'est au pré avec des congénères que le cheval se trouve le mieux et qu'il vous demande le moins de temps.
Tous les jours, le matin :
  • Passer voir le cheval, vérifier son état en passant la main sur tout le corps et les membres, regarder les pieds ;
  • Donner un complément de grain (si nécessaire) et du foin ;
  • Contrôler l'abreuvoir ;
  • Faire un tour dans l'abri pour éliminer les crottins et ajouter un peu de paille propre si nécessaire.
Tous les jours, le soir :
  • Brosser et monter le cheval s'il est en travail (environ1h 30) ;
  • Donner un complément de grain et du foin si nécessaire ;
  • Contrôler l'abreuvoir.
Une fois par semaine :
  • Nettoyer l'abreuvoir à fond ;
  • Nettoyer l'abri à fond ;
  • Entretenir le matériel (harnachement, couverture, tenue, etc.) ;
  • Changer les chevaux de parcelle.
Une fois par mois :
  • Faire le tour de la clôture pour en contrôler l'état ;
  • Arpenter le pré pour en vérifier l'état ;
  • Traiter la pâture si nécessaire.
Plusieurs fois par an :
  • Prévoir la visite du maréchal-ferrant (tous les quarante jours) ;
  • Prévoir la visite du vétérinaire et du dentiste (deux fois par an).

Un box chez soi

Si vous hébergez votre cheval en box chez vous, vous devez réserver au moins deux heures par jour à votre compagnon, plus si vous le pouvez. Comptez des heures supplémentaires le week-end.
Le matin :
  • Donner le foin ;
  • Nettoyer la litière ;
  • Ajouter de la paille fraîche ;
  • Contrôler l'abreuvoir ;
  • Réajuster la couverture le cas échéant ;
  • Vérifier l'état général du cheval en passant la main sur le corps, les membres et les pieds ;
  • 30 mn après le foin, donner la ration de grain.
Plus tard dans la matinée ou à la mi-journée :
  • Prévoir une sortie d'au moins une heure pour le cheval : balade, travail monté ou longé, sortie au pré ou au paddock ;
  • Donner une ration.
En fin de journée :
  • Faire un pansage complet ;
  • Sortir le cheval (au moins 1 h) ;
  • Ranger le harnachement ;
  • Bouchonner, doucher les membres, curer les pieds ;
  • Remettre la couverture le cas échéant ;
  • Donner le foin ;
  • Refaire un peu la litière et retirer les crottins ;
  • 30 mn après le foin, donner une ration.
Une fois par semaine :
  • Entretien du harnachement et du matériel ;
  • Curer le box à fond ;
  • Contrôler les stocks de paille, de foin, de grain, passer les commandes si nécessaire ;
  • Le week-end, ou quand vous avez un peu plus de temps, prévoir des balades longues, trois heures de sortie par jour ;
  • Régulièrement, accorder au cheval plusieurs heures de liberté en compagnie d'autres chevaux.
Plusieurs fois par an :
  • Visite du maréchal-ferrant (tous les quarante jours) ;
  • Visite du vétérinaire ;
  • Contrôler l'état des installations (box, paddock, barrière, extincteurs, etc.), et faire les petites réparations nécessaires.

Le cheval en pension

Si votre cheval est en pension, une bonne partie des tâches repose sur le personnel de l'écurie. Néanmoins, si vous voulez rester un « maître » pour votre cheval, vous devez lui consacrer du temps.
Sortie quotidienne
L'idéal, bien sûr, est de monter votre cheval quotidiennement. Auparavant, livrez-vous à un pansage plus ou moins complet (selon que le cheval a déjà été pansé ou non). C'est un contact indispensable. Efforcez-vous de commencer et de terminer la séance dans un esprit récréatif : balade, marche rênes longues, liberté. Si vous n'avez pas le temps de monter, faites travailler votre cheval en longe ou en liberté au moins 15 mn. A défaut, contentez-vous de lui passer un licol et de l'emmener brouter quelques minutes. Assurez-vous qu'il prend au moins une heure d'exercice par jour (deux heures, c'est mieux), et qu'il va en extérieur au moins un jour sur deux. Dans la mesure du possible, demandez qu'on lui accorde quelques heures de liberté au pré ou au paddock plusieurs fois par semaine.
Le week-end
Le week-end, pendant les vacances, chaque fois que vous êtes disponible, essayez de passer plus de temps avec votre cheval : pansage complet, soins après l'exercice, travail en liberté, au moins une heure de balade et une séance de travail. Venez souvent l'observer quand il est en liberté : vous apprendrez beaucoup sur lui.

Le Quarter horse

Résultat du croisement entre les chevaux des coquistadors et ceux qu'importèrent plus tard les colons anglais, le quarter horse est aujourd'hui le cheval le plus répendu au monde : son registre comporte plus de quatre millions d'individus.

Le premier cheval américain

Elevé à l'origine en Virginie, le quater horse appartient à la plus ancienne race de chevaux américains. Contrairement au mustang dont l'évolution s'est faite surtout naturellement, le quater horse est issu d'une forte sélection.
De Cortés aux tribus indiennes
Les conquistadors débarquèrent sur le continent américains avec quelques montures mêlant les sangs espagnol, barbe et arabe. Ces chevaux constituèrent la souche de l'espèce équine en Amérique. Plusieurs de ces chevaux ou de leurs descendants finirent aux mains des Indiens, éleveurs de talents qui surent sélectionner des animaux rustiques. La tribu des Chikasaws, dans l'est des Etats-Unis, possédait des troupeaux importants.
L'apport du sang anglais
Au début du XVIIe siècle, les colons anglais d'Amérique importèrent des chevaux de leur île. Il ne s'agissait pas encore de pur-sang, mais de poneys très rapides issus de croisement entre le cheptel américain et c'est de ces chevaux anglais que naquit le quarter horse. Il fut d'abord élevé en Virginie et dans quelques autres Etats de l'Est.
Un cheval polyvalent
Le quarter horse, fort et rapide, servait à de multiples taches : il aidait aux travaux de la ferme et au transport des marchandises, servait de monture pour se déplacer ou rassembler le bétail, était, enfin, attelé à la carriole familiale le dimanche.
Quarter miler
Son nom lui vient des courses au « quart de mile » organisées dans différents Etats à l'instigation des colons anglais amoureux des courses. Les chevaux devaient parcourir un quart de mile après un départ foudroyant. Avec son arrière-main musclée et massive, le quarter horse, appelé aussi quarter milet y excellait. Plus tard, lorsque des pur-sang furent importés aux Etats-Unis, les sprints sur de courtes distances furent peu à peu abandonnées au profit de longues pistes ovales copiées sur celles des hippodromes anglais
Le quarter horse aujourd'hui
Le quarter horse se répandit peu à peu vers les Etats de l'Ouest. Il excellait dans le travail du bétail et devint une star du rodéo traditionnel. Son équilibre, sa puissance et sa rapidité en ont fait l'une des montures les plus appréciées au monde. Son élevage est florissant.

Type et comportement

Extérieur
Le quarter horse, compact et puissant, possède une musculature importante, avec une arrière-main massive. Il est bien planté sue ses quatre membres peu épais mais solides ; les pieds sont petits. Le tout lui confère beaucoup d'agilité et de rapidité. Sa tête est particulièrement sympathique : petite, surmontée de deux oreilles fines et bien dessinées, avec des ganaches assez grosses, un chanfrein légèrement creux, un front large et un regard très doux. L'encolure est fine et racée, implantée haut, sort presque horizontalement. Le poitrail est large. Le dos court et puissant est prolongé par une arrière-main impressionnante : la culotte descend bas sur les jarrets. Sa taille est comprise entre 1,40 m et 1,60 m.
Robe
Toutes les robes unies, sauf le blanc, sont admises. Le blanc n'est autorisé qu'en petite quantité sur la robe. S'il est trop important, le cheval devra être inscrit chez les paints.
Caractère
Près du sang mais équilibré, sans nervosité, le quarter horse a beaucoup d'énergie. C'est un cheval calme, sûr, aimable et confortable. Rustique par ses origines, il doit vivre dans des conditions aussi naturelles que possible pour conserver un bon moral.

Introduction au CSO

Le CSO, parce qu'il attire un public important et qu'il est souvent retransmis à la télévision, contrairement aux autres disciplines équestres, est sans doute le domaine de compétition qui fait le plus rêver les jeunes cavaliers.

Concours de saut d’obstacle

Le concours de saut d'obstacle est la discipline équestre la plus largement pratiquée dans toute l'Europe. Elle n'a pourtant guère plus d'un siècle d'existence.
Qu'est-ce que le CSO ?
Le concours de saut d'obstacle repose sur un principe très simple : après avoir franchi la ligne de départ, chaque concurrent doit sauter un certain nombre d'obstacles (une bonne dizaine en général) en respectant le parcours tracé par les organisateurs et le temps accordé. Chaque faute (obstacle renversé, refus, erreur de parcours, etc.) est pénalisée par des points. Il existe différents types d'épreuves, chronométrées ou non, par équipe, en relais, etc. La difficulté technique et la taille des obstacles varient selon le niveau de l'épreuve.
Juger le saut avant tout
Les obstacles de CSO sont mobiles : leurs éléments se dispersent en cas de choc. Le parcours est toujours assez bref. C'est le coup de saut du cheval, sa technique et son agilité qui sont testés, non son endurance ou sa vitesse. Si le dressage qu'il a reçu et le style de son cavalier sont déterminants pour la réussite de l'épreuve, ils ne sont néanmoins pas pris en compte par le jury (sauf pour les épreuves Hunter).
Un peu d'histoire
La pratique du saut était quasiment inconnue jusqu'au XIXe siècle en dehors de la vénerie où il fallait sauter les haies et les barrières derrière le gibier et des courses de clochers traditionnelles dans les Îles Britanniques. Le concours hippique apparut dans la seconde moitié du XIXe siècle, en même temps que les modes du sport et de la vie en plein air se répandaient dans les milieux chics en France.
Des épreuves internationales
Au début du XXe siècle, la pratique des concours hippiques s'étend à presque toute l'Europe. Le premier concours international se déroule à Turin en 1902. C'est l'époque où Federico Caprilli, un capitaine italien, révolutionne le saut d'obstacle par sa méthode d'équitation naturelle. La première Coupe des Nations est créée en 1909. Jusqu'en 1921,les épreuves se disputent selon les usages en vigueur dans la nation organisatrice, ce qui ne simplifiait pas le déroulement des concours. Pour remédier à cette situation, les nations, d'un commun accord, décidèrent de créer la Fédération équestre internationale, dont le premier règlement entra en vigueur l'année suivante. Cette fédération gère encore aujourd'hui le monde de la compétition équestre.

Une excellente école

Participer à des concours hippiques est une excellente école pour former la technique et le tempérament du cavalier de compétition.
Les concours : la meilleure formation
Des concours hippiques ont lieu partout, à tous les niveaux. Participer à ces épreuves est à la portée de tous les cavaliers, qu'ils possèdent ou non un cheval. Nulle part, ils n'apprendront mieux à conserver leur sang-froid, à améliorer leur technique, à résoudre leurs problèmes tout en ménageant leur monture.
De gros moyens
Néanmoins, les jeunes cavaliers qui espèrent percer dans cette discipline doivent être conscients que la concurrence est très importante. Pour parvenir au niveau national ou international et s'y maintenir, il faut un talent remarquable, un travail constant, et beaucoup de chance ou d'argent pour trouver le cheval qui convient. Car l'athlète, c'est bien lui, et quel que soit votre don pour l'obstacle, vous ne parviendrez à rien sans une bonne monture, c'est-à-dire un cheval de prix.

Le cheval en bonne santé

Vérifier que son cheval est en bonne santé doit devenir une routine journalière, presque une seconde nature. En procédant ainsi, le cavalier est assuré de détecter la moindre anomalie et de pouvoir réagir au plus vite.

Les signes de bonne santé

Un cheval en bonne santé est en équilibre aussi bien dans sa tête que dans son corps. Il faut donc s'intéresser autant au comportement de son compagnon qu'à son aspect extérieur.
Son comportement
Le cheval en bonne santé est réactif, curieux et d'humeur joyeuse. Son œil vif et ses oreilles mobiles dénotent l'intérêt qu'il porte à son entourage. Il réagit volontiers aux diverses stimulations que lui prodigue son propriétaire (caresses, appel , etc.). À l'inverse, un cheval qui semble se moquer de tout doit alerter son maître. De même, une attitude immobile,dans un coin du box, les oreilles basses, révèle que l'animal ne va pas bien. Des comportements anormaux, comme des roulades incessantes ou le fait de se regarder les flancs, doivent également évoquer certaines maladies pour le spécialiste (des coliques par exemple).
Son aspect général
Un cheval en bonne santé a le poil brillant et l'oeil vif. Il n'est ni trop gras, ni trop maigre . Une maigreur anormale, un pelage terne, hirsute ou « mité » dénotent un trouble caché. Peut-être faut-il vermifuger son cheval plus souvent . Il n'est pas bon qu'un cheval soit trop gras, de nombreuses pathologies ayant pour cause l'excès alimentaire.
Les zones à surveiller
  • Sous la selle : le garrot du cheval est souvent le siège de petites plaies, de gonfles ou de durillons. Il faut surveiller tout particulièrement cette zone sur laquelle repose la selle. On doit également jeter quotidiennement un coup d'oeil au passage de sangle, lui aussi souvent victime de divers bobos.
  • La bouche et son pourtour : le mors occasionne souvent des blessures au cheval. On vérifiera que la gourmette ne l'a pas blessé sous le menton. On passera un doigt sur les barres (la gencive sans dents), dans la bouche de sa monture. Il n'est pas rare d'y découvrir une coupure ou une induration douloureuse. Au passage, on se demandera depuis combien de temps le cheval n'a pas été examiné par un dentiste (ses dents doivent être râpées une fois l'an).
  • Les tendons : passer sa main sur les tendons de sa monture après chaque sortie est une bonne habitude à prendre. On peut ainsi détecter une température anormale, un gonflement ou une texture inhabituelle entre les deux tendons de son cheval.
  • Les pieds : les sabots doivent bien entendu être curés avant et après chaque sortie. Au passage, on en profitera pour vérifier que la corne a bien la même température à droite et à gauche. Un pied plus chaud est sûrement enflammé. En hiver, on jettera aussi un coup d'œil aux paturons, fréquemment atteints de crevasses.
Le test du pli cutané
Ce test permet de se faire une idée de l'état d'hydratation de sa monture. Il consiste à pincer la peau, au niveau de la pointe de l'épaule, et à mesurer le temps que met celle-ci à revenir en place. Normalement, la peau est élastique et reprend immédiatement sa position. Si le pli se maintient pendant deux ou trois secondes, le cheval est légèrement déshydraté. Plus le pli persiste, plus grave est la déshydratation.
Ingestion et excrétion
Un cheval en pleine forme est un goinfre. Il se jette sur sa pitance et l'attend avec impatience. Un désintérêt pour la nourriture est un signal d'alarme. Le cheval a également besoin de beaucoup d'eau (jusqu'à 50 litres par jour). S'il ne boit pas suffisamment, il faut se demander pourquoi. Peut-être la qualité de l'eau est-elle douteuse.
Le coin du pro
Les crottins constituent un excellent indicateur de bonne santé. Ils doivent être bien formés, d’odeur saine et émis quotidiennement De petites crottes de chèvre ou au contraire des galettes de vache ne sont pas normales. La disparition des crottins doit alarmer le cavalier. Il en va de même de l'urine. Tout changement de couleur ou toute difficulté lors de la miction doit conduire à appeler le vétérinaire.

La bonne santé en chiffres

Pour repérer un cheval malade, il faut déjà bien connaître les critères de normalité de son équidé. Quelle est la température normale d'un cheval, quel est son rythme cardiaque, etc.
La température rectale
La température du cheval adulte oscille entre 37,5 et 38° C. Le poulain a une température légèrement supérieure (38,5° C). La fièvre commence donc à 39° C chez les chevaux.
Le pouls
Le rythme cardiaque, que l'on peut prendre en de multiples endroits chez le cheval (par exemple sous la ganache), est compris entre 32 et 44 battements par minute chez un adulte au repos. Après un effort, le pouls peut monter jusqu'à 160 à 250 battements par minute. Le cœur du poulain bat plus vite, puisque son rythme au repos varie entre 50 et 70 battements par minute.
Le rythme respiratoire
Il est facile de le mesurer en laissant sa main face aux naseaux de l'animal et en comptant ses souffles ou en observant les soulèvement s de sa cage thoracique. Au repos, un cheval adulte respire de 7 à 15 fois par minute. Après l'effort, ce rythme peut s'élever jusqu'à 45. Une respiration difficile ou haletante doit alerter le propriétaire.
La couleur des muqueuses
Le cheval a une peau noire et recouverte de poils. D'éventuelles « rougeurs » et autres « jaunisses » doivent donc être détectées au niveau des muqueuses, celles des gencives par exemple. Une pâleur anormale fera craindre une anémie. Une teinte jaune indiquera une destruction importante de globules rouges (lors d'une piroplasmose par exemple ). Un aspect rouge ou marbré est également très alarmant.
Le bon geste
La couleur des muqueuses est un bon indicateur de l'état du cheval. On peut la surveiller facilement au niveau des gencives, qui doivent être d'un rose délicat et uni. Un test simple consiste à appuyer un doigt sur la gencive, puis à chronométrer le temps que met la muqueuse à retrouver sa coloration normale. Si ce temps est supérieur à deux secondes, ce n'est pas normal.

La rêne contraire ou d'appui

Une fois qu'il sait utiliser la rêne d'ouverture et la rêne d'appui, le cavalier possède des outils complémentaires pour agir avec précision sur la direction, l'incurvation et l'équilibre du cheval. Il peut dès lors contrôler sa monture avec beaucoup de subtilité.

Pousser les épaules

Comme son nom l'indique, la rêne d'appui ou contraire agit du côté opposé à la direction que l'on souhaite prendre. Elle pousse les épaules du cheval, qui garde le bout du nez dans la direction opposée.
Un emploi courant
Pour faire tourner son cheval, on peut utiliser une rêne directe, aussi appelée rêne d'ouverture, ou une rêne indirecte, aussi appelée rêne d'appui ou rêne contraire. Quand on débute, on utilise d'abord la rêne d'ouverture. Ces deux termes décrivent bien cet effet : le cavalier fait un geste d'ouverture ; il agit directement, c'est-à-dire du côté où le cheval doit se diriger. Il amène le bout du nez du cheval dans la bonne direction. Très vite, toutefois, le jeune cavalier apprend à utiliser ses deux mains, même dans une rêne directe. S'il tourne à droite, par exemple, il règle l'incurvation du cheval avec la main gauche pour préciser la direction. La résistance sur la rêne gauche permet de contrôler le mouvement de la tête, de l'encolure et des épaules.
Pourquoi tourner en rêne contraire ?
La rêne d'appui est utilisée de façon différente de la rêne d'ouverture. Elle agit du côté opposé à la direction. Son objectif principal n'est pas de faire tourner le cheval pour changer de direction, mais d'obtenir un déplacement des épaules avec une contre-incurvation qui l'oblige à se redresser, à se rééquilibrer. Dans un premier temps, la rêne d'appui permet au jeune cavalier, par exemple, d'obliger son cheval à passer dans les coins en s'incurvant correctement, ou de le maintenir sur la piste au galop.
Tempérer l'ardeur
La rêne d'appui prend davantage sur l'impulsion que la rêne d'ouverture. Un cheval peut « se ruer » dans l'ouverture faite par une rêne directe, ce qu'il ne peut pas faire si le cavalier emploie un effet indirect. La rêne d'appui permet donc de modifier la direction du cheval tout en modérant sa vitesse ou son ardeur. On l'utilise dans toutes les circonstances où l'on souhaite reprendre légèrement sa monture, à l'obstacle par exemple.
Question d'équilibre
Les figures exécutées sur un effet indirect impliquent davantage de souplesse et d'équilibre de la part du cheval. La rêne d'appui permet d'agir sur l'équilibre du cheval, qui doit se redresser, c'est-à-dire reporter du poids sur son arrière-main pour tourner avec un pli inversé. Travailler sur des figures en faisant alterner la rêne d'ouverture et la rêne d'appui est un excellent exercice qui assouplit le cheval et l'amène à engager ses postérieurs.
Le coin du pro
La rêne d'appui permet de faire tourner le cheval sans modifier son pli. C'est très utile quand on aborde le travail du galop à faux (ou contre-galop). Au galop à droite, par exemple, on engage le cheval sur la diagonale par une rêne directe droite, puis, arrivé en X, on pousse les épaules vers la gauche, en exécutant un contre-changement de main. Le pli maintenu à droite incite le cheval à conserver le galop à droite tout en tournant vers la gauche. Il fait ainsi quelques foulées de galop à faux.
Le saviez-vous ?
Quand on monte avec les deux rênes dans une main, il est impossible d'agir en rêne d'ouverture. On utilise alors forcément un effet indirect, qui agit par appui sur l'encolure. Les chevaux d'extérieur, par exemple, apprennent à tourner au plus léger appui de la rêne sur l'encolure, même avec des rênes en guirlande
Bon à savoir
La rêne d'appui n'a pas pour fonction première de faire tourner le cheval, mais de pousser ses épaules. Cela permet notamment de le maintenir sur la piste et de lui faire faire les coins en lui donnant un pli correct qui l'oblige à s'incurver et à travailler en équilibre

Comment faire une rêne d'appui ?

La rêne d'appui est un effet assez subtil, qui demande une bonne coordination des aides.
Tourner en rêne d'appui
Vous êtes piste à main droite. Vos rênes étant ajustées, préparez-vous à quitter la piste par une rêne d'appui gauche. Soutenez la main gauche, en laissant la droite à sa place. Orientez votre regard et votre buste vers la droite. La main gauche pousse alors les épaules vers la droite en appuyant la rêne gauche contre la base de l'encolure. La main droite se déporte vers la droite elle aussi. Les jambes et le poids du corps poussent le cheval en avant et vers la droite.
La rêne d'appui pour incurver
La rêne d'appui est largement utilisée pour contrôler le déplacement des épaules et obtenir que le cheval s'incurve sans nécessairement modifier sa direction. Ainsi, pour maintenir le cheval sur la piste et l'obliger à s'incurver dans le tournant, vous employez une rêne d'appui intérieure . L'assiette pousse le cheval vers l'extérieur, mais le regard reste orienté vers l'avant ou, même, vers l'intérieur.
A éviter
Lors d'une rêne d'appui, la main qui agit ne doit surtout pas dépasser l'encolure, mais bien rester du côté de l'appui. On pousse les épaules, on ne les tire pas !

Apprendre à tourner

Faire tourner un cheval est un geste simple mais précis. Il suffit de bien respecter le principe de tout déplacement : maintenir le mouvement en avant, indiquer la direction à prendre et regarder où l'on va !

Il faut rester en mouvement

Une fois que l’on a trouvé la marche avant, il reste à diriger sa monture. Action et direction sont liées : n’essayez pas de faire tourner un cheval sans entretenir le mouvement en avant.
Comment faire ?
  1. Préparez-vous à tourner. Ajustez vos deux rênes à la même longueur. Regardez dans la direction où vous allez tourner. Votre buste suit le regard et pivote légèrement. Par ce simple mouvement, vous modifiez votre assise dans la selle. Le cheval, sensible à tous les déplacements du poids du corps, connaît déjà votre intention.
  2. Basculez le poignet pour tourner votre main, les ongles vers le ciel. Ne regardez pas votre main : continuez à portez votre regard dans la direction où vous voulez aller. Écartez la main en gardant le coude au corps. C’est l’avant-bras qui se déplace.
  3. L’autre main s’avance pour permettre cette flexion de l’encolure, la rêne restant tendue. La coordination des deux mains est essentielle. Pensez à un guidon de vélo. Si vous écartez une main sans avancer l’autre, le cheval reçoit des messages contradictoires et ne peut fléchir l’encolure. Si vous écartez la main et que vous avancez trop l’autre, le mors se déplace dans la bouche du cheval et vous ne pouvez plus agir correctement.
  4. En même temps que vous agissez avec les mains, donnez des jambes. En tournant, le cheval a tendance à ralentir. Pas de tournant sans mouvement en avant ! Selon l’écart de votre main, le cheval s’engage sur une courbe plus ou moins large. Modifiez votre position pour ajuster le parcours du cheval. Ne tirez pas vers l’arrière avec votre main. Vous devez indiquer la direction à prendre au cheval, et il ne va certainement pas en arrière !
  5. Pour remettre le cheval droit, ramenez vos deux mains dans leur position normale. La tête du cheval reprend sa place et l’encolure se redresse. Regardez droit devant vous. Jusqu’à la fin de la courbe, vous devez conserver des jambes actives.
  6. Une fois que vous avez enregistré le mouvement et que vous parvenez à coordonner l’action des mains, celle des jambes et la position du buste, vous pouvez dessiner des courbes plus serrées. Entraînez-vous à tourner en un point précis, en doublant dans la largeur du manège ou de la carrière.
Bon à savoir
Quand on tourne en écartant la main du côté où l’on veut aller, on utilise une rêne d’ouverture. C’est une action directe. La tête et l’encolure du cheval s’orientent dans la direction où l’on va. Mais il existe d’autres façons d’agir pour faire tourner le cheval, que l’on aborde plus tard dans son apprentissage de cavalier.
Aide-mémoire
  • Incurvation : Position du cheval dont la colonne vertébrale s’incurve selon la direction à suivre.
  • Rêne d’ouverture : Action directe de la main qui s’écarte du côté où le cheval doit aller.
Le coin du pro
  • Les jambes entretiennent le mouvement en avant. Mais elles peuvent aussi indiquer la direction. Lorsqu’on tourne à droite, par exemple, la jambe droite, intérieure, se place à la sangle (un peu plus en avant, donc). La jambe gauche, extérieure, recule légèrement. Cette position des jambes favorise l’incurvation, nécessaire sur des courbes serrées.
  • Pour apprendre à tourner, on commence par travailler sur des figures de manège simples: le cercle et le doubler. Le doubler consiste à quitter la piste à angle droit pour traverser le manège en ligne droite jusqu’à la piste opposée. On reprend la piste à la même main, ou en changeant de main si le moniteur le demande. Lorsqu’on traverse le manège dans sa largeur, on double dans la largeur. Lorsqu’on traverse le manège dans sa longueur, on double dans sa longueur.

Alimentation et digestion

Les règles diététiques

Le cheval a un petit estomac et un gros colon. Il est fait pour manger toute la journée presque sans interruption. Quand il vit au box, son alimentation doit être particulièrement étudiée.
Une digestion partagée
Seul un tiers de ce que le cheval ingère reste dans son estomac (pendant 6 à 8 h) pour y être digéré. Le reste ne fait que transiter par la poche gastrique avant d'être digéré plus loin. Les protéines et les graisses des céréales sont lysées par les enzymes de l'intestin grêle, tandis que les fibres ne sont détruites que dans le gros intestin.
Eau-foin-grains
Ces éléments de physiologie permettent de comprendre pourquoi il faut d'abord abreuver les chevaux, puis leur donner du foin, avant de terminer, quand ils ont consommé leur fourrage, par la distribution des céréales ou des aliments complets. Si l'on donne à boire après le grain, celui-ci va gonfler et provoquer des dilatations douloureuses de l'estomac. Le foin doit être ingéré avant le grain, car il passe dans l'estomac sans s'y arrêter. Il est digéré au niveau du gros intestin. Donné après la ration de grain, il pousse celle-ci hors de l'estomac, puis de l'intestin grêle et compromet sa bonne digestion par les sucs gastriques et intestinaux.
Régularité
Il est essentiel que les chevaux qui vivent au box et reçoivent des rations d'aliments concentrés (grains, granulés, etc.), soient nourris à heures fixes. Leur organisme est en effet conditionné pour secréter des enzymes et des sucs digestifs aux heures habituelles des repas. Le respect de cet horaire leur assure donc une meilleure digestion et un plus grand confort psychologique.
Travail et digestion
Lorsque les chevaux vivent à l'écurie et reçoivent trois grosses rations par jour, il faut éviter de les faire travailler juste après le repas. En effet, la digestion d'une ration de grains très énergétique avalée en dix minutes représente, en elle même, un effort important. Le travail de l'estomac et de l'intestin grêle mobilise une partie du flux sanguin, qui ne peut donc aller irriguer en même temps les muscles auxquels on demanderait un effort soutenu, et de l'énergie de l'animal. Afin de ne pas perturber le travail de la digestion, on recommande de laisser le cheval au repos pendant les deux heures qui suivent le repas. D'autre part, un effort survenant trop longtemps après un repas risque de mettre le cheval en hypoglycémie (insuffisance de sucre dans le sang). Le matin au réveil, par exemple, les réserves énergétiques du cheval sont en partie consommées. Il est préférable de lui donner au moins une petite collation facile à digérer (carottes, pommes, etc.) avant de lui demander un travail pour lequel son organisme devra faire appel à ses réserves.

Un spécialiste des herbes pauvres

Le système digestif du cheval fait figure d'exception dans le vaste mode des herbivores. Il est en effet l'un des seuls, avec le lapin, à utiliser son gros intestin où les ruminants utilisent leur estomac.
Digérer la cellulose
Contrairement aux carnivores et aux omnivores, les herbivores sont capables de digérer la cellulose, ce sucre qui donne leur rigidité aux plantes. Une flore microbienne hébergée dans leur tube digestif se charge de cette digestion. Chez le cheval, ces microbes spécialisés dans la fermentation de la cellulose se trouvent dans le gros intestin, alors qu'ils vivent dans l'estomac chez les ruminants (vache, mouton, cerf, chameau, etc.).
Ruminants contre équidés
A condition que les plantes consommées ne contiennent pas plus de 15 % de cellulose, les équidés les digèrent aussi bien que les bovins. Pour les plantes plus riches, les bovins semblent plus performants. Mais si la végétation est pauvre, ce sont les équidés qui reprennent l'avantage, car ils peuvent manger 18 h par jour, tandis que les bovins sont contraints de s'interrompre 6 h par jour, sans compter les heures de sommeil, pour ruminer.
Du bon foin en quantité
Les chevaux ont absolument besoin de recevoir une partie significative de leurs apports caloriques sous forme de foin. Ce fourrage leur permet de grignoter plusieurs heures par jour, ce qui limite le stress lié à l'inactivité. Il stimule, en outre, la motricité digestive et facilite la digestion. Ce lest ne doit cependant pas être trop grossier sous peine de provoquer des embarras digestifs ou des coliques. Il ne doit pas non plus être trop abondant chez le poulain, ni chez le cheval qui travaille intensément. La cellulose doit représenter de 15 à 18 % de la ration totale de l'animal.
Bon à savoir
Afin de permettre aux chevaux vivant en groupe de bien digérer leur ration, il est important de leur aménager des mangeoires qui leur permettent de prendre leur temps pour ingérer leur picotin. L'idéal est un système de stalles libre-service qui laisse une « place à table » à chaque convive et évite que les plus faibles ne soient délogés par les dominants du groupe.

Introduction au polo

On dit dit que le polo est « le sport des roi et le roi des sports ». Ce jeu passionnant, tant à regarder qu'à pratiquer, est l'une des activités équestres les plus anciennes encore pratiquées de nos jours.

Le polo : une sorte de « hockey à cheval »

Le polo est un jeu passionnant, mais qui exige des moyens financiers importants, ce qui explique qu'il soit resté l'affaire d'une élite.
Un jeu galopant
En quoi consiste le polo, dont le prince Charles d'Angleterre, comme bien d'autres, est passionné ? Deux équipes de quatre cavaliers tentent de pousser, avec des maillets à long manche, une balle de bois dans les buts adverses. Le polo est un des jeux les plus rapides du monde. Les chevaux galopent sans cesse derrière la balle. Mais, ce qui est sans doute le plus éprouvant pour eux, ce sont les multiples arrêts qui leur sont imposés, suivis de redémarrages brutaux avec changements de direction. Evidemment, il est impossible de leur demander de tels efforts sur un laps de temps prolongé. C'est pourquoi un match de polo est divisé en un certain nombre de périodes, qui ne durent que quelques minutes. Les joueurs profitent des interruptions de jeu pour changer de monture.
La planète et le polo
Où joue-t-on au polo ? En Angleterre, bien sûr, puisque c'est le pays qui en a lancé la mode. Mais on le pratique également dans d'autres pays d'Europe. Les Etats-Unis possèdent d'excellentes équipes depuis le début du XXe siècle. Quant à l'Argentine, grâce à la qualité de ses élevages et au talent de ses joueurs, elle occupe la place de numéro un mondial du polo. Dans les années 1990, ce pays comptait quelque 5000 joueurs, dont la moitié des « ténors » internationaux. Les supporters ne manquent pas à ces champions car, en Argentine, le polo est presque aussi populaire que le football.
Chevaux, équipement et à-côtés
Un joueur de polo a besoin d'un équipement bien particulier qui n'est pas bon marché. De plus, ce n'est pas un cheval qu'il lui faut, mais cinq, six ou plus, afin qu'il puisse changer de monture aussi souvent que nécessaire au cours des matches. Et un bon « poney » de polo vaut souvent une petite fortune. Pour gagner les terrains de jeu, parfois très éloignés de l'écurie, il faut au joueur un camion, capable de transporter son piquet de chevaux au complet. Et, pour échauffer les montures avant qu'elles n'entrent en jeu, pour les seller et leur donner tous les soins nécessaires, notre homme a besoin d'un groom sérieux et qualifié. Tout cela n'est pas à la portée du premier venu et explique que le polo soit réservé à une élite.
Les dérivés du polo
Pour rendre la pratique de ce sport accessible au plus grand nombre, on en a inventé des dérivés. En Europe on joue au « paddock-polo » , sur un terrain de dimensions plus exigu‘s, avec trois joueurs par équipe qui se disputent une balle plus grosse que celle du polo. Le « junior-polo » est destiné aux jeunes cavaliers montés sur des poneys de petite taille. L'« indoor-polo » se pratique en manège. Et, en Australie, on joue au « polo-cross », avec une balle en caoutchouc et une sorte de raquette à long manche. Le « jeu des rois » peut donc être celui de tous !
Le bon geste
L'usage du maillet ne s'apprend pas en un jour et n'est pas sans danger, pour les chevaux et pour les cavaliers. Les joueurs s'entraînent sur des chevaux de bois afin d'acquérir le bon geste sans risque pour leur monture.

Les règles du jeu

Très rapide, le polo exige du cheval une grande réactivité et une réelle capacité d'anticipation du cavalier.
Quelques mesures
Le polo se joue sur un terrain de 275 x 180 m: une bagatelle ! Les joueurs cherchent à envoyer la balle en bois de saule, de 8 cm de diamètre, dans les buts de l'adversaire : 7,30 m de large sur 3 m de haut. On peut tirer de loin ! Les quatre joueurs de l'équipe se répartissent ainsi : deux avants, un centre et un arrière.
Les chukkas
Le match dure un peu moins de 1 h. Il est divisé en périodes de 7 min 30, appelées chukkas. A chaque reprise, les joueurs changent de cheval ; celui-ci fournit des efforts intenses, et il n'est donc pas autorisé à jouer plus de deux chukkas par match.
Marquage et autres règles
Le marquage consiste à pousser la monture de son adversaire avec la sienne - dans le but de reprendre la balle ou de faire manquer un coup. Toutefois, il existe une distinction entre « marquer » et « bousculer ». Il est interdit de bousculer délibérément un cheval, de marquer selon un angle supérieur à 45°, de zigzaguer devant un adversaire ou de lui couper la route. Des règles précises définissent des priorités de passage auxquelles il ne faut jamais déroger. Les joueurs ont le droit d'accrocher le maillet d'un adversaire avec le leur ou de l'empêcher de frapper en interposant leur maillet. En revanche, un usage « impropre » du maillet (menace contre un autre cavalier ou un cheval par exemple) est sanctionnée.
Des Indiens aux Anglais
C'est dans l'état du Manipur, aux Indes, que les Anglais découvrirent le polo au XIXe siècle. Les Indiens y jouaient depuis des siècles. Les officiers britanniques furent immédiatement séduits par ce jeu et importèrent leur découverte dans leur pays. Les première règles du jeu furent publiées en Angleterre, en 1869. L'année suivante, toujours en Angleterre, se disputa le premier tournoi public européen de polo.