Faut-il le laisser brouter ?

Laisser brouter son cheval Il n'y a rien qui tente autant un cheval qu'une belle touffe d'herbe verte. Mais il est prudent de bien réfléchir avant d'accorder ce petit plaisir pendant le travail. Une telle permission risque en effet d'entraîner quelques complications.

Travail et détente : un mariage difficile

Même si elle semble faire son bonheur, il n'est guère prudent de permettre au cheval de consommer de l'herbe pendant le travail : il ne saurait plus s'arrêter.
Un besoin à satisfaire
On le sait, le cheval en liberté passe plus de douze heures par jour à brouter. Celui qui vit au box est donc frustré de cette activité essentielle, et le cavalier, qui n'a pas la conscience tranquille, trouve en conséquence normal de lui accorder ce petit plaisir au cours des promenades, lorsque l'occasion s'en présente. Mais il serait certainement meilleur pour l'équilibre du cheval de lui donner de vrais moments de liberté, sans mors ni cavalier, pour brouter et se détendre à son aise. Car, comme nous allons le voir, il n'est pas facile de mêler travail et détente.
Le doigt dans l’engrenage
Même le cavalier d'extérieur dont le cheval vit au pré est tenté de laisser sa monture goûter quelques touffes au hasard des chemins : « On ne va pas lui refuser une ou deux bouchées ! Ça lui fait tellement plaisir ! » Et c'est vrai que le cheval adore brouter. Au point d'arracher les rênes pour en reprendre encore un peu, de ralentir en route pour cueillir une feuille, de rompre l'immobilité pour goûter une touffe tentatrice. C'est tellement bon qu'il ne peut plus s'arrêter et qu'il serait prêt à désobéir. Le cavalier, qui voulait accorder un petit plaisir, finit par être considéré comme un trouble-fête lorsqu'il interrompt le festin.
Tout ou rien
Il est en effet très difficile d'expliquer à son cheval que certains moments sont faits pour brouter, d'autres pour travailler. Car, pour lui, ce qui est permis le lundi doit également être permis le mardi, et le mercredi aussi... Il est particulièrement enclin à généraliser lorsqu'il s'agit d'une activité aussi naturelle et aussi agréable. La solution la plus facile consiste donc à lui interdire totalement de brouter tant que son propriétaire est sur son dos ou à ses côtés. Paradoxalement, l'animal acceptera cette contrainte permanente beaucoup plus facilement qu'une autorisation intermittente.
Une limite claire
Pour qu'il comprenne bien quelle est la limite, le plus sûr moyen consiste à lui interdire de brouter tant que vous êtes sur son dos. Si vous avez la bonne habitude de marcher un peu à pied pendant les étapes, interdisez-lui également de brouter lorsqu'il travaille en main. Une telle règle peut paraître sévère, mais elle prête moins à confusion pour le chevalet lui évite le trouble qu'occasionne une permission intermittente. Certains cavaliers retirent l'embouchure lorsqu'ils souhaitent laisser leur monture brouter, ce qui constitue un signal clair.

Comment l’empêcher de brouter

L'herbe est une récompense si alléchante que le cheval est prêt à subir bien des désagréments pour l'obtenir. Il n'est pas facile de trouver une parade.
Constance et vigilance
Si vous décidez de limiter les moments où le cheval pourra consommer de l'herbe, définissez d'abord clairement les moments où c'est interdit. Ensuite, le succès de l'éducation reposera sur votre vigilance : si vous oubliez de temps en temps le règlement et si vous le laissez brouter lorsque vous devriez l'interdire, le cheval n'a aucune chance d'y comprendre quelque chose. Il tentera le coup, sera parfois rabroué, d'autres fois non, et vous y perdrez son respect. Si, en revanche, vous savez lui indiquer clairement la limite à ne pas dépasser, il renoncera rapidement et sans état d'âme à cette idée.
Liberté surveillée
Si, malgré vos efforts pour l'en empêcher, il continue à chercher à brouter, il faudra vous résoudre à lui infliger un désagrément qui lui fasse passer cette envie. C'est un mauvais moment à passer, mais c'est le seul moyen de contrebalancer le terrible attrait de l'herbe. Ne cherchez pas à retenir la tête à l’aide des rênes ou du licol ; bien au contraire, laissez-le libre. Mais, lorsqu'il plonge vers une touffe, dites « non » et donnez-lui un petit coup de cravache sur l'encolure ou, si vous êtes à pied, poussez-lui gentiment mais fermement le nez du bout de votre botte. Juste assez pour le surprendre et le dissuader de recommencer. Il suffira ensuite d'une surveillance attentive pour faire rapidement disparaître le problème.

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